Il y a la bouteille à moitié pleine. S'il gagne son match d'alignement contre Gand, Anderlecht sera aux portes du top 4. Autre raison de penser que ça ne va pas si mal: dimanche, les Mauves ont parfois montré de bonnes séquences à Genk.
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Il y a la bouteille à moitié pleine. S'il gagne son match d'alignement contre Gand, Anderlecht sera aux portes du top 4. Autre raison de penser que ça ne va pas si mal: dimanche, les Mauves ont parfois montré de bonnes séquences à Genk. Ça, c'est la méthode Coué. Et Vincent Kompany l'aime bien, cette méthode. Depuis qu'il a repris l'équipe il y a un an, il a toujours pris soin de mettre le doigt sur les motifs de satisfaction et les raisons d'y croire. Après la défaite face à l'Union lors de la première journée, il a par exemple lâché: "Chaque but de l'Union est venu à un moment où on avait le contrôle du match (...) On va grandir." Après le nul à Eupen, on l'a entendu dire ceci: "On ne met certainement pas la barre plus bas que la saison dernière (...) Ça ne m'inquiète pas que l'adversaire se soit créé autant d'occasions. Avec les qualités qu'on a, on peut remédier à ça." Et après la défaite à Genk, le discours restait positif: "Il ne faut pas perdre de vue que Genk est la meilleure équipe du moment. La façon dont on a joué contre eux me donne de l'espoir pour le futur. Si on atteint ce niveau dans les autres matches, ça suffira toujours pour gagner." OK. Mais au-delà des résultats décevants en championnat (deux victoires et autant de défaites en cinq matches, une différence de buts à peine positive), au-delà de l'élimination en barrages de la nouvelle coupe d'Europe des pauvres, on a de plus en plus de mal à déceler des traces du fameux process. Qu'on se souvienne, même si Kompany refuse d'encore utiliser ce terme depuis longtemps: le process, c'était du beau jeu avec beaucoup de joueurs formés à Neerpede. Aujourd'hui, on en est plus loin que jamais. En tenant compte de tous les matches de la saison dernière, quatre gars de la maison figuraient dans le top 10 en termes de temps de jeu: Albert Sambi Lokonga, Francis Amuzu, Hannes Delcroix, Anouar Ait El Hadj. Aujourd'hui, la réalité est bien différente. Seul Amuzu figure dans le top 10 (à la dixième place) après cinq matches de championnat et quatre rencontres de Conference League. Tous les autres produits maison sont loin. Sambi Lokonga, vendu à Arsenal, et Hannes Delcroix, blessé pour une longue période alors qu'il était titulaire en début de saison, sont deux cas à part. Si on prend les deux derniers matches, contre Vitesse et Genk, il n'y avait au coup d'envoi qu'un seul joueur du cru sur la pelouse: Amuzu en Conference League, Ait El Hadj en championnat. À Arnhem, Yari Verschaeren a eu droit à vingt minutes alors que Killian Sardella, Marco Kana et Ait El Hadj n'ont pas décollé du banc. À Genk, Amuzu est monté pour la dernière demi-heure tandis que Sardella, Kana et Verschaeren ont fait le déplacement pour rien. Le contraste est total si on compare à l'équipe qui a affronté Ostende il y a juste un an. Ce jour-là, Kompany avait titularisé quatre joueurs de Neerpede: Kana, Jérémy Doku, Antoine Colassin et Ait El Hadj. Là, on pouvait parler de process, de projet basé sur l'académie. Ce n'est donc plus le cas aujourd'hui. Colassin ne fait plus partie du projet. Sieben Dewaele a disparu des radars. Kristian Arnstad a été repris une seule fois dans la sélection cette saison. Sardella et Ait El Hadj ont joué l'équivalent de deux matches et demi depuis fin juillet. Kana est plus que jamais en perdition. Finalement, seuls Amuzu et Verscharen s'en sortent. Kompany martèle que le Sporting a "intégré beaucoup de nouveaux joueurs qui sont là pour un bon moment". Mais on a sur la pelouse un Lior Refaelov de 35 balais et, parmi les prêts ( Christian Kouamé, Joshua Zirkzee, Taylor Harwood-Bellis, Lisandro Magallan), très peu d'options d'achat. Ce qui revient à dire que dans moins d'un an, il faudra probablement bâtir à nouveau une équipe. Avec ou sans les gamins de la maison.