Arrivé en fin de contrat à Anderlecht le 30 juin passé, vous attendiez-vous à rebondir à Bruges aujourd'hui?

Alin Stoica: A priori, non. Ces derniers mois, via mon manager, Ioan Becali, j'avais eu des touches en Italie, à l'Udinese, et en Espagne, à l'Espanyol Barcelone plus précisément. Après six années en Belgique, j'avoue qu'il m'aurait plu de tenter une expérience dans un de ces pays. La morosité sur le marché des transferts en a toutefois décidé autrement. Au Frioul, les dirigeants ne voulaient pas m'embrigader sous prétexte qu'ils avaient déjà 61 joueurs sous contrat et qu'ils devaient d'abord écrémer leur noyau. Quant au petit frère du Barça, il se désista pour les mêmes raisons. De fait, seul le Club Brugeois se sera montré désireux de m'engager. Et j'ai tout simplement agrippé la main qu'il m'a tendue.
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Alin Stoica: A priori, non. Ces derniers mois, via mon manager, Ioan Becali, j'avais eu des touches en Italie, à l'Udinese, et en Espagne, à l'Espanyol Barcelone plus précisément. Après six années en Belgique, j'avoue qu'il m'aurait plu de tenter une expérience dans un de ces pays. La morosité sur le marché des transferts en a toutefois décidé autrement. Au Frioul, les dirigeants ne voulaient pas m'embrigader sous prétexte qu'ils avaient déjà 61 joueurs sous contrat et qu'ils devaient d'abord écrémer leur noyau. Quant au petit frère du Barça, il se désista pour les mêmes raisons. De fait, seul le Club Brugeois se sera montré désireux de m'engager. Et j'ai tout simplement agrippé la main qu'il m'a tendue. Une main qui est justement celle de l'ennemi juré du Sporting?Qu'y puis-je? Dès l'instant où j'ai compris qu'une aventure dans le Calcio ou dans la Liga me serait refusée cette saison, j'ai chargé mon homme de confiance de reprendre contact avec la direction du RSCA. Il y a plusieurs semaines déjà, j'avais promis à mon ancien employeur qu'il aurait la priorité au cas où je ne trouverais pas de l'embauche dans une compétition du sud de l'Europe. Ioan Becali est bel et bien allé aux nouvelles et, en guise de réponse, il a appris qu'Anderlecht n'était plus intéressé par mes services. Je dirais même plus: Michel Verschueren m'a dit, plus tard, qu'il ne croyait plus en moi et qu'à choisir, il préférait encore faire revenir Pär Zetterberg au Parc Astrid. Voilà. A partir du moment où le Sporting ne me voulait plus, je n'avais plus, non plus, de comptes à lui rendre. Est-ce ma faute si ma seule destination possible était Bruges, le grand rival des Mauves? Certains prétendent que si le Club ne s'était pas manifesté pour vous, vous auriez été prêt à patienter jusqu'au mercato d'hiver pour vous retremper dans le football. A ce moment-là, vous auriez eu 23 ans fraîchement sonnés et le Sporting n'aurait plus pu, dans ces conditions, réclamer d'indemnité de formation pour vous?Il n'est jamais entré dans mes intentions de berner Anderlecht, quoi que certains en disent ou en pensent. Au contraire, je crois que si quelqu'un a été honnête dans cette affaire, c'est moi. Pour ne pas avoir rempilé, l'automne passé, quelques dirigeants, qu'on s'en souvienne, avaient soutenu que j'avais déjà signé ailleurs. Les faits récents attestent qu'il n'en était rien et que j'étais donc droit dans mes bottes, à ce moment-là déjà, comme je l'ai d'ailleurs toujours été au Sporting. Honnêtement, je n'ai rien à me reprocher vis-à-vis de ce club. J'y ai vécu des années fabuleuses et je lui souhaite d'ailleurs beaucoup de succès.On dit que le départ d'Aimé Anthuenis et, corollairement, la venue d'Hugo Broos, vous auraient incité à renouer le dialogue au Parc Astrid cet été. A l'analyse, cependant, le nouvel entraîneur se sera montré encore plus impitoyable dans son jugement sur vous que son devancier: pour lui, Alin Stoica c'est 100% de talent mais 1% de rendement à peine.J'ai toujours respecté Aimé Anthuenis et je respecte également Hugo Broos, qui a prouvé l'étendue de ses capacités, comme coach, avec Bruges et Mouscron. Mais, pour n'avoir jamais travaillé avec moi, comment peut-il émettre pareil jugement, dénué de tout fondement? Désolé, mais si l'on divise mon temps de jeu par les buts que j'ai inscrits et les assists que j'ai délivrés pendant toutes ces années à Anderlecht, je ne pense pas qu'il y ait eu beaucoup de joueurs plus performants que moi.Dans un quotidien néerlandophone, Lorenzo Staelens observe que vous vous êtes souvent mis hors-jeu vous-même en raison de votre attitude de diva et de tire-au-flanc?Je respecte Lorenzo Staelens et je lui souhaite beaucoup de succès à l'Excel. Pour ce qui est de sa remarque, j'observerai simplement ceci: de Marc Degryse à Luc Nilis, en passant par mon idole, Georghe Hagi, tous les grands joueurs ont toujours pris fait et cause pour moi. A mes yeux, c'est l'essentiel. Ce que disent les autres, je ne m'en formalise pas.Qu'attendez-vous de ces trois années à Bruges?J'aimerais pouvoir contribuer à la conquête d'un titre qui se refuse au Club depuis pas mal d'années. Pour le reste, je veux prendre mon pied sur le terrain. Comme attaquant en retrait des trois hommes de pointe, les possibilités seront nombreuses, tant en matière de cession du ballon qu'à la conclusion. Sur le papier, je devrais même être davantage à mon affaire dans ce système qu'au Sporting, où je n'ai pas toujours joué à ma place idéale ces derniers mois. J'espère que par le biais de mes prestations, l'occasion me sera donnée également de faire mon trou en équipe nationale. En décembre, j'aurai 23 ans. Il est temps, petit à petit, que je fasse figure d'incontournable aussi en sélection.