Hier Halloween, aujourd'hui Noël : ces quatre mots découverts par hasard dans la presse française conviennent parfaitement au football belge en général et au spectacle, plus bruxellois, qu'on voit désormais dans la grande cathédrale du Parc Astrid et la petite chapelle du Stade Fallon : la joie après les soucis.
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Hier Halloween, aujourd'hui Noël : ces quatre mots découverts par hasard dans la presse française conviennent parfaitement au football belge en général et au spectacle, plus bruxellois, qu'on voit désormais dans la grande cathédrale du Parc Astrid et la petite chapelle du Stade Fallon : la joie après les soucis. A l'échelle internationale, les Diables Rouges ne font plus la grimace avant chaque match, même amical, et ils ont suscité la curiosité en Roumanie bien avant de s'envoler en direction de Bucarest. Leur talent rappelle les belles heures de l'équipe nationale et beaucoup d'observateurs souhaitent voir les gars de Marc Wilmots à l'£uvre au Brésil en 2014. Même si la messe est loin d'être dite, c'est encourageant après avoir eu des pleurnichards de tous poils durant trop de saisons. Nos enfants stars, ces bambins gâtés, sont devenus des hommes dans les plus grands championnats européens, c'est évident. Leur apport est tel que les fantômes de la déception, des défaites qui plombent le moral, s'éloignent comme des nuages d'orage. Les grands fournisseurs de l'équipe nationale n'habitent pas en D1 et on avait tendance à snober quelque peu la qualité du jeu de chez nous, ou la vaillance de nos clubs sur les scènes européennes. Or, Anderlecht, Bruges et Genk ont bel et bien prouvé face à des grands d'Europe qu'ils n'ont pas des collectifs sans valeur, sans espoirs de progrès, sans qualités de jeu, sans mental intéressant. Contre le puissant Zénit Saint-Pétersbourg, Anderlecht a souligné que son équipe a détruit les métastases du défaitisme : ce n'est pas une phalange en peau de lapin, à trois sous. John van den Brom l'a parfaitement organisée, structurée autour de certitudes comme Lucas Biglia, Dieumerci Mbokani et Milan Jovanovic, et irriguée avec de jeunes talents comme Dennis Praet et Massimo Bruno. Cette alchimie a explosé au visage des Russes. Si la bande à Nicolas Lombaerts a échoué, c'est parce qu'Anderlecht a fait bloc, n'a jamais cédé d'espaces entre les lignes. C'est un succès important (1-0) pour le RSCA, qui redore ainsi son vieux blason européen. En Europa League, Genk a arraché méritoirement un point au Sporting Portugal de Frankie Vercauteren (1-1) : c'est une confirmation de la facilité technique de cette formation. Le Club Bruges, lui, a connu un passage à vide contre Newcastle mais a quand même décroché un nul (2-2) contre les anciennes couleurs de Philippe Albert. Notre dernière moisson européenne vaut donc le coup d'£il. Elle a pris une dimension supplémentaire dimanche, tout au long d'Anderlecht-Club Bruges (6-1). Sans coach, les Brugeois traversent une des crises les plus graves de son histoire. Ses dirigeants foncent comme un train dans le brouillard. Au fil des erreurs défensives, l'équipe brugeoise a cédé d'une pièce devant des Anderlechtois bien décidés à s'offrir le scalp de leur adversaire. Il n'y a pas photo entre ce Sporting-là et les Brugeois. A la décharge du Club, on se doit de préciser que l'équipe flandrienne a rempli son devoir européen jeudi, deux jours après la visite de Saint-Pétersbourg à Bruxelles. Anderlecht a eu droit à 48 heures de repos de plus que son opposant. Cela n'explique pas tout, loin de là, mais c'est un élément de réflexion. Anderlecht, en tout cas, a revêtu son plus beau " trois pièces " et la défaite à Charleroi ne constitue déjà plus qu'un vague et lointain souvenir. Les Mauves peuvent-ils déjà repasser le smoking pour la fête du titre ? Van den Brom est trop intelligent pour vendre la pelisse de l'ours avant de l'avoir tué. La joie bruxelloise est totale : si Anderlecht trône en tête de l'élite, il en va de même pour le White Star en D2. L'équipe du Stade Fallon a vaincu 4-1 le courageux FC Brussels coaché par Didier Beugnies. En cas de montée, les Etoilés disputeront probablement leurs matches de D1 dans le stade de leur dernier adversaire. Prudent, leur coach, Felipe Mazzu ne tire pas de plan sur la comète. Le John van den Brom du Stade Fallon a raison mais comme son collègue mauve, il n'a pas une équipe en peau de lapin : le mérite lui en revient grandement. PAR PIERRE BILICFelipe Mazzu est le John van den Brom du Stade Fallon.