Cela chauffe entre la direction et les joueurs d'Anderlecht: la défaite au Real Madrid, 4-1, laissera-t-elle des blessures indélébiles?
...

Cela chauffe entre la direction et les joueurs d'Anderlecht: la défaite au Real Madrid, 4-1, laissera-t-elle des blessures indélébiles?Emilio Ferrera: Il ne fallait tout de même pas rêver en se rendant dans la capitale espagnole. A l'issue de ce match, que j'ai suivi sur place en compagnie de Paul Van Himst pour la VRT, je retiens du négatif mais également du positif. Je me suis entretenu avec Hierro et Raul. Tous deux m'ont dit que les Bruxellois avaient trouvé une bonne occupation du terrain en première mi-temps avec, surtout, le rapide Dindane devant l'axe central de la défense espagnole. C'était bien vu de la part du coach mauve mais, bien que mené, le Real n'était pas inquiet au repos car de nombreuses occasions avaient déjà rassuré ses attaquants. Quand le Real a haussé le ton, Anderlecht a volé en éclats. Ce Real-là s'était déjà imposé à la Roma et est redevenu la meilleure équipe du monde. Quand Zidane - heureusement qu'il était suspendu contre Anderlecht - sera intégré, ce sera extra. Lors de la réalisation de la plupart des buts, j'ai été étonné par la solitude des finisseurs. Filip De Wilde n'avait aucune chance dans ces circonstances. Et quelle est votre explication?La défense était pétrifiée dans ses marquages. Le déferlement adverse venait d'abord de la ligne médiane. Le milieu de terrain bruxellois était trop court. Il y manquait du temps de jeu pour ses deux seuls artistes, Alin Stoica et Walter Baseggio. J'ai du respect pour Besnik Hasi mais il n'a pas assez de talent pour jouer à ce niveau. Quand il est à droite, place inhabituelle pour lui, c'est encore plus criard. Yves Vanderhaeghe se bat, Marc Hendrikx aussi mais on parle de classe pure en Ligue des Champions. Dindane a étonné mais Anderlecht n'a pas de ligne offensive fixe. Aimé Anthuenis a toujours eu des duos: Oularé-Strupar, Koller-Radzinski... A-t-il deux joueurs qui peuvent jouer sur la même ligne ou l'un derrière l'autre? Ça ira mieux quand il aura trouvé la réponse. Tout le monde attend Nenad Jestrovic. Entre Mouscron et l'Europe, il y a de la marge. La direction savait que ce serait dur et a probablement intégré dès le départ l'idée de décrocher la troisième place qui ouvre les portes de la Coupe de l'UEFA. Si elle avait été plus ambitieuse, elle aurait acheté du talent offensif de classe européenne. Contre la Roma, Anderlecht n'a pas été cinq fois à la conclusion. C'était quand même un signe. Je crois encore à une qualification des Mauves, à condition de vaincre le Real à Bruxelles. Ailleurs, je retiens la confirmation de Boavista et du Panathinaikos (maximum des points dans son groupe), la réaction du PSV, les doutes d'Arsenal, les soucis de Schalke, etc.Bruges et le Standard ont été à la hauteur de leurs ambitions en Coupe de l'UEFA...Ce n'était pas difficile pour Bruges qui, par rapport au Standard et à Anderlecht, peut toujours miser sur le même noyau. Trond Sollied a de bonnes idées et un système tactique qui a de l'allure mais sa chance est aussi d'entraîner Bruges qui n'est pas un magasin d'import-export. Le retour du Standard sur la scène européenne est une bonne chose pour le football belge. On voit que Michel Preud'homme a une ligne de conduite tactique. Il ne la modifie pas même quand les joueurs changent. C'est un acquis qui doit être mis à son actif. C'est du bon travail mais, pourtant, je ne crois pas tellement au Standard. Eliminer Strasbourg, qui est en réalité une équipe de D1, c'est bien, et cela a été acquis à la dure, mais ce club a tout d'un moulin. Si un géant offre demain une fortune pour l'un ou l'autre de ses joueurs, la direction ne le retiendra pas et tout sera à refaire pour Michel Preud'homme. Il faudra alors que le coach cherche de nouveaux équilibres tactiques. Cette incertitude fait la différence entre Bruges d'un côté, le Standard et Anderlecht de l'autre. Cela dit, le Standard aurait tort de bouder son bonheur et Michel Preud'homme prouve son talent de coach.Dia 1Pierre Bilic