Un chroniqueur français s'est intéressé au " temps des idées jetables " qui fait des ravages dans l'univers de la politique. Là, il ne reste rien du tout, si ce n'est un bruit de fond, peut-être même un vide dangereux, des grandes certitudes d'autrefois. Les PO1, justement, n'échappent pas à ce curieux phénomène. L'emballage final tient les candidats au titre et à une qualification européenne en haleine. Chaque journée qui passe, et il en sera plus que probablement de même lors de deux derniers rendez-vous de cette course folle, apporte ses vérités d'un moment vite recyclé. L'incertitude passionne, c'est évident, mais elle se paye au prix fort, par les doutes, l'incapacité de garder son cap. A part Zulte Waregem et, dans une moindre mesure, Genk, vainqueur par ailleurs de la Coupe de Belgique, 2-0 face au Cercle de Bruges, les autres formations du To...

Un chroniqueur français s'est intéressé au " temps des idées jetables " qui fait des ravages dans l'univers de la politique. Là, il ne reste rien du tout, si ce n'est un bruit de fond, peut-être même un vide dangereux, des grandes certitudes d'autrefois. Les PO1, justement, n'échappent pas à ce curieux phénomène. L'emballage final tient les candidats au titre et à une qualification européenne en haleine. Chaque journée qui passe, et il en sera plus que probablement de même lors de deux derniers rendez-vous de cette course folle, apporte ses vérités d'un moment vite recyclé. L'incertitude passionne, c'est évident, mais elle se paye au prix fort, par les doutes, l'incapacité de garder son cap. A part Zulte Waregem et, dans une moindre mesure, Genk, vainqueur par ailleurs de la Coupe de Belgique, 2-0 face au Cercle de Bruges, les autres formations du Top 6 belge ont, à un ou même plusieurs moments, trahi les grands principes de leur philosophie de jeu. A ce jeu-là, le Standard a dévissé des sommets à Anderlecht puis, à domicile, face au Club Bruges (2-4). L'épreuve est probablement trop longue pour les Liégeois. Ils ont progressivement perdu ce point d'équilibre qui leur a permis de bien débuter le bal des PO1. Leur équipe s'est alors distinguée par sa fraîcheur, son bloc équipe sans faille, sa vitesse d'exécution, sa jeunesse, son métronome : William Vainqueur, et un duo d'attaquants qui a craché le feu : Michy Batshuayi-Imoh Ezekiel. Ces vérités se sont oxydées petit à petit. A Anderlecht, Mircea Rednic a quelque peu défait sa formule tactique gagnante (Ezekiel sur le banc) et son équipe manqua de présence offensive. Face au Club Bruges, Batshuayi n'a pas entamé la rencontre et il y a des regrets à nourrir au regard du nombre d'occasions de but ratées par les Rouches en première mi-temps. Personne n'est trop bon pour cirer le banc mais Batshuayi aurait pu être utile en étant tout de suite présent sur le terrain : cela s'est vu dès qu'il fut appelé au jeu. Pourtant si le Standard a galopé derrière les événements, c'est à cause d'une défense pourtant expérimentée, redevenue aussi fragile que du temps de Ron Jans, qui a été roulée dans la farine par cet incroyable Maxime Lestienne, meilleur pied gauche de D1, et ses amis du secteur offensif brugeois. Ils s'y connaissent pour marquer de beaux buts qui ont remis le Standard à sa place. Son rêve européen ne tient plus qu'à un fil, peut-être à un duel avec Gand, roi des PO2. C'est le moment de rester calme, de ne pas jeter le bébé et l'eau du bain, mais en réfléchissant à un mercato d'hiver qui n'a rien rapporté. Une bonne nouvelle a été notée en cette fin de concert : l'excellente performance du jeune Anil Koc, un médian qui a du cran et du football. Si le Standard doit absolument éviter le temps des idées jetables (Rednic a redressé la barque), il en va de même pour le Club Bruges passé du jeu rustre de Georges Leekens à celui, raffiné, de Juan-Carlos Garrido. Même si le football du coach espagnol tranche par rapport aux traditions brugeoises, il serait sot de ne pas creuser ce sillon en y ajoutant une meilleure condition physique. A propos de coach, John Van den Brom n'a pas été cité parmi le trio de nominés pour le titre d'Entraîneur de l'Année : Francky Dury, Peter Maes et Rednic. Qui aurait pu imaginer cet affront en janvier dernier ? Personne, bien sûr. Anderlecht jouait alors haut, étalait sa supériorité, son beau jeu, la technique de ses jeunes et de ses artistes. Idées jetables ? Presque tout est parti avec le temps et c'est au mental que les Mauves ont écarté le Standard avant d'enfanter dans la douleur à Genk, après avoir raté la transformation d'un penalty (Guillaume Gillet) et d' y toucher le titre avec l'espoir de se l'approprier au plus vite. C'est la mission importante de Van den Brom, comme il en va pour tous les coachs qui défilent dans la maison mauve. Mais là-bas, il en faut plus et, titre ou pas, bien jouer durant six mois ne suffit pas. Emerger au mental non plus. Toujours clair dans ses choix et ses propos, Dury n'est pas animé par ces soucis et mérite d'être applaudi le 19 mai prochain avant l'affiche de la clôture des PO1, Anderlecht-Zulte Waregem : c'est la personnalité numéro 1 de la saison. PAR PIERRE BILICFrancky Dury est la personnalité numéro 1 de la saison.