Gilbert Van Binst (59 ans) se souvient d'un match à Sclessin avec " son " Sporting il y a 30 ans au moins : " J'avais malencontreusement touché du pied l'arcade sourcilière de Christian Piot qui a beaucoup saigné. A l'issue du match, un millier de personnes m'attendaient. Le gardien est venu me chercher et m'a escorté jusqu'au car : - Sinon, tu seras encore là demain... "
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Gilbert Van Binst (59 ans) se souvient d'un match à Sclessin avec " son " Sporting il y a 30 ans au moins : " J'avais malencontreusement touché du pied l'arcade sourcilière de Christian Piot qui a beaucoup saigné. A l'issue du match, un millier de personnes m'attendaient. Le gardien est venu me chercher et m'a escorté jusqu'au car : - Sinon, tu seras encore là demain... "Gille Van Binst : Il a pris quelques claques ces dernières semaines : il y a ce fameux match qui lui fait perdre la Ligue des Champions et ses millions, puis une défaite à Split à la dernière minute, trois jours avant d'affronter le Standard. Ce n'est pas un cadeau. Il aurait mieux valu recevoir le Lierse. Je m'attendais au mieux à un nul mais certainement pas à une raclée pareille, d'autant que le Standard n'avait pas été si brillant avant. Maintenant, Anderlecht est en phase d'alarme. De mon temps, Constant Vanden Stock descendait au vestiaire le lundi. C'était très émotionnel : " Je ne vous paie plus, vous êtes trop fainéants pour courir ! " Ayant entendu ce refrain pendant dix ans, je ne pouvais pas toujours dissimuler un sourire et il me mettait à la porte : " Nous allons nous voir. " Ensuite, en passant dans le couloir, il me faisait un clin d'£il. Je pense qu'il faut secouer ces joueurs une bonne fois : éliminés de la Ligue des Champions, zéro sur six en Europa League, la raclée à Sclessin... Si Anderlecht ne bat pas l'AEK, il sera vraiment mal. Je ne pense pas que l'entraîneur soit le problème, à moins que son discours ne touche plus les joueurs. Si c'est le cas, les deux prochaines semaines le prouveront. A Anderlecht, les joueurs sont souvent las de leur coach après trois ans. Deschacht dit que certains n'écoutaient pas l'entraîneur. Ce n'est pas bon signe. La direction affirme avec insistance qu'elle ne le visera pas mais cela ne garantit pas qu'il ne se passera rien si les résultats continuent à être décevants. Si les prochains matches sont mauvais, je vois bien Jacobs en tirer ses conclusions et démissionner. L'année dernière, il a développé un jeu fantastique, la communication avec les joueurs était bonne mais maintenant, plus rien ne réussit. Il s'est énervé parce que j'avais dit qu'il ne procédait qu'avec un seul attaquant, ce que je n'appréciais pas. Il a fait remarquer que Raymond Goethals aussi n'alignait souvent qu'un seul avant mais ce n'est pas vrai. Goethals jouait avec trois avants : Ruud Geels, Robbie Rensenbrink et Peter Ressel. Rensenbrink détestait participer à la défense mais il le faisait quand même. Goethals n'a procédé avec un seul avant qu'en équipe nationale, n'en ayant qu'un : Raoul Lambert. J'aurais débuté avec Jonathan Legaer, qui est menaçant et écarte le jeu. Je suis surpris que Kouyaté n'ait pas été titularisé. C'est un bon footballeur, qui récupère beaucoup de ballons, ce qui permet à Lucas Biglia de jouer davantage devant. Jan Polak et Biglia font la même chose et l'Argentin reste devant sa défense, ce qui n'est pas sa tâche. Ce qui m'a frappé en seconde mi-temps surtout, c'est le manque de vitesse de l'axe défensif. Jusqu'alors, je trouvais Ondrej Mazuch bon et complémentaire à Roland Juhász, mais il a sombré. Jouer de manière compacte en défense permet de compenser ce manque de vitesse mais quand on prend des risques, cela se remarque d'autant que le Standard a parfaitement joué le contre en seconde période. Il passait comme s'il n'y avait personne. On peut perdre à Sclessin mais pas se faire étriller comme ça. Perdre contre Lyon est normal mais il doit pouvoir vaincre BATE Borisov et le Partizan. Evidemment, après trois ans, l'argent commence à manquer. Le Sporting espérait effacer le manque à gagner de la saison précédente grâce à la Ligue des Champions. Le club était tellement focalisé sur cette épreuve... La direction pour l'argent, les joueurs pour se montrer, les supporters... Absolument. Le Partizan a décoché à Anderlecht une claque dont il ne s'est pas encore remis. Jusque-là, tout allait bien. Si Anderlecht s'était qualifié, l'équipe continuerait à progresser alors que pour l'instant, c'est la déprime et pas seulement dans le chef des joueurs. Il y a un problème quand Anderlecht ne reçoit que 17.000 personnes pour un match européen contre Zenit. Les joueurs étaient fixés sur la Ligue des Champions et je pense que certains se demandent ce qu'ils font encore à Anderlecht. Le Sporting a joué jusqu'au bout contre le Standard mais je n'ai pas décelé la volonté véritable de revenir. Cet Anderlecht manque de killers. Boussoufa s'y essaie mais il n'est pas un leader-né. Il nous faut des hommes qui se livrent à fond. J'espère que les joueurs vont avoir un sursaut d'orgueil au Cercle et contre l'AEK. Il y a quelques semaines, Van Holsbeeck a déclaré que les joueurs devaient se regarder dans le miroir mais je crois qu'il était sérieusement embué. Pas seulement. Romelu Lukaku n'atteint plus le niveau de la saison passée. Il se passe beaucoup de choses. On l'a tellement porté aux nues qu'on a placé la latte trop haut. Le Lukaku de la saison passée aurait inscrit deux buts au Standard. Il a du talent mais il doit perfectionner sa réception du ballon, son jeu de tête et sa participation au jeu. Je ne lui adresse aucun reproche car il n'a que 17 ans. Il ne faut pas espérer qu'il sauve Anderlecht dans un match pareil. De mon temps, on n'obtenait pas sa chance en équipe fanion à 17 ans, à part Paul Van Himst. On n'émergeait que vers 20 ans. Lukaku ne confirme pas encore mais ça viendra. Il est encore un diamant brut, qu'il faut sérieusement tailler. Il doit surtout inscrire quelques buts pour jouer en pleine confiance. Je dis toujours que la forme, en football, ça n'existe pas. La forme, c'est la confiance. Quand on en a, on a plus d'audace. Je reviens le voir l'année prochaine. C'est toujours la même histoire : tous ces Belges veulent aller à l'étranger mais combien jouent dans ces grands clubs et combien se retrouvent sur le banc ? L'argent n'est pas tout. Après trois saisons à Anderlecht, je pouvais rejoindre Newcastle. Anderlecht était disposé à discuter mais je ne voulais pas habiter là-bas. Nous sommes allés voir et j'ai décidé de rester... Non. Jelle Van Damme est-il heureux ? Combien de minutes a-t-il déjà joué ? Sa famille est restée en Belgique. A sa place, je serais resté un an de plus à Anderlecht. Je pensais qu'il jouerait en Premier League. Anderlecht aurait bien besoin de lui maintenant. Je crains que Boussoufa ne parte au Nouvel-An. C'est lui qui anime Anderlecht. Il n'a pu hausser le niveau de l'équipe au Standard mais il a mûri. Avant, il aurait également sombré dans ce genre de match mais il est plus résistant. Si Anderlecht est privé de lui, de ses buts et de ses assists, ce sera vraiment difficile. Mais qui embaucher ? Mais il est encore si jeune ! De Bruyne a besoin d'une équipe qui tourne afin de s'intégrer sereinement, de faire parfois banquette. On ne peut quand même pas enrôler un garçon aussi jeune et espérer qu'il remplace Boussoufa ? Je parierais sur Anderlecht quand même. Je le pensais déjà avant le début de la saison car le Standard avait vendu ses meilleurs éléments. Je ne crois pas au Club. Par contre, je n'avais pas vu Genk arriver. S'il est capable de refaire un retard de deux buts, c'est grâce à Frankie Vercauteren. Avant, il aurait perdu 4-0. Mais je continue à croire en Anderlecht. S'il gagne deux matches, il sera reparti.par geert foutré - photos: reporters"Si Boussoufa part au Nouvel-An, ça deviendra très difficile."