Elu récemment Joueur de l'Année 2008 en Hongrie, Roland Juhasz aura également été de loin, ces derniers mois, l'élément le plus fiable de la défense anderlechtoise. Pur exécutant à son arrivée au Parc Astrid en 2005, le Magyar a pris entre-temps du galon. Surtout depuis le départ à l'Espanyol Barcelone de Nicolas Pareja. A 25 ans, il n'est pas loin de la plénitude. Au point de susciter les convoitises. Le PSV, Schalke 04 et la Fiorentina, entre autres, sont sur ses rangs. Sera-t-il dès lors le prochain partant au RSCA, vu que le club bruxellois s'est prémuni en engageant la semaine dernière l'international hondurien Victor Bernardez, un défenseur central droitier comme lui ? " Je laisse la porte ouverte ", dit Juhasz. Pour une fois...
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Elu récemment Joueur de l'Année 2008 en Hongrie, Roland Juhasz aura également été de loin, ces derniers mois, l'élément le plus fiable de la défense anderlechtoise. Pur exécutant à son arrivée au Parc Astrid en 2005, le Magyar a pris entre-temps du galon. Surtout depuis le départ à l'Espanyol Barcelone de Nicolas Pareja. A 25 ans, il n'est pas loin de la plénitude. Au point de susciter les convoitises. Le PSV, Schalke 04 et la Fiorentina, entre autres, sont sur ses rangs. Sera-t-il dès lors le prochain partant au RSCA, vu que le club bruxellois s'est prémuni en engageant la semaine dernière l'international hondurien Victor Bernardez, un défenseur central droitier comme lui ? " Je laisse la porte ouverte ", dit Juhasz. Pour une fois... Roland Juhasz : C'est vrai que nous n'avons pas toujours allié résultats et qualité de jeu tout au long du premier tour. Bizarrement, ce que je considère personnellement comme nos meilleurs matches, au Standard et au Club Bruges, nous a rapporté au total un point. En revanche, nous avons bel et bien fait le plein lors de rencontres de moindre facture, à l'image de notre récent déplacement à Roulers. Et c'est là que les Rouches ont dû se contenter d'un draw, justement. Une compétition se joue dans de telles joutes. J'estime, dès lors, que nous sommes dans le bon. A condition, bien sûr, de persévérer sur cette voie. Les Liégeois ont eu l'avantage appréciable de pouvoir entamer la nouvelle campagne avec un effectif qui n'avait guère bougé. Ces automatismes-là leur auront sans conteste servi dans les grandes occases, tant à l'échelon européen que sur la scène belge. Chez nous, le topo était quand même tout à fait différent, en ce sens qu'il a fallu d'emblée incorporer du sang neuf. Rien qu'à mon niveau, j'ai dû composer avec deux nouvelles têtes à mes côtés, Nemanja Rnic et Arnold Kruiswijk. Sans compter que j'ai évolué également avec trois autres éléments encore dans l'axe de la défense : Jelle Van Damme, Olivier Deschacht et Nicolas Pareja. C'est pas mal ! Je ne suis pas mécontent de mes prestations, même s'il y a toujours moyen de faire mieux. Ce qui me satisfait tout particulièrement, c'est d'avoir plutôt bien digéré ma permutation au centre de la défense, car suite au départ de Nicolas Pareja, je suis passé de gauche à droite dans l'axe. C'est peut-être étonnant pour un droitier mais c'est toujours dans une position plus à gauche que je me suis senti le mieux. C'est à cette place que je joue en sélection et que j'ai d'ailleurs le plus souvent £uvré ici, que ce soit au côté d'Hannu Tihinen, de Vincent Kompany voire Mark De Man. Mais je ne me plains pas car j'emmagasine tant et plus de bagage. J'avais 22 ans quand je suis arrivé au Parc Astrid. Il va sans dire que je manquais de planche, même si j'avais quand même eu le bonheur de jouer au pays dans un club de valeur comme le MTK Budapest. La première chose nouvelle pour moi, c'était le public. En Hongrie, je jouais devant 500 personnes à domicile. Ici, il y en a toujours 25.000. Mine de rien, j'ai dû apprendre, au départ, à gérer cette présence. D'autant plus que le public anderlechtois ne pardonne rien. J'ai eu besoin aussi de m'habituer à un niveau de jeu beaucoup plus élevé. Et assumer des responsabilités nouvelles aussi. Depuis que Nico n'est plus là, on compte un peu plus sur moi pour diriger la défense. Je n'ai peut-être pas encore l'aura d'un Jan Polak mais je me suis sûrement affirmé. J'ai davantage confiance en mes moyens qu'au début. Durant mes premiers mois, je n'avais de cesse, à la maison, de mettre l'accent sur l'un ou l'autre manquement. Je n'étais jamais content de mes matches. J'y trouvais toujours à redire. Aujourd'hui, ma copine observe que je suis devenu beaucoup plus positif à cet égard. Il m'arrive de voir de bonnes choses aussi ( il rit). Il me semble un peu présomptueux de dire qu'on n'a plus rien du tout à apprendre à mon âge. Chaque semaine, il y a moyen de trouver à redire. J'en veux pour preuve mon match contre Westerlo. A un moment donné, alors que j'avais fait un sans-faute jusque-là, je me suis complètement emmêlé les pinceaux devant Bertin Tomou. Heureusement, son tir a échoué sur le piquet. Pour le même prix, c'eût été 1-1 sur cette phase et tout porte à croire que nous aurions alors perdu deux points. C'est pourquoi j'estime être encore loin de la fin de mon apprentissage, même ici. Je trouve d'ailleurs que la qualité d'ensemble est meilleure que lors de mes premiers pas sur les terrains belges. Le Standard a vraiment une toute bonne équipe, le Club Bruges reste une référence aussi et, derrière, il y a du bon aussi avec Genk, Westerlo et La Gantoise, pour ne mentionner que ceux-là. Et j'oublie Mouscron qui a fait une toute bonne prestation face à nous dans nos installations. Dès l'instant où un joueur change de cadre de travail, il est confronté à une réalité nouvelle qui l'oblige à s'adapter. La compétition néerlandaise est plus orientée vers l'offensive. Pour un défenseur comme moi, cela signifierait davantage de duels, qui constituent une de mes forces. Mais je ne vois pas plus loin que le Sporting par les temps qui courent. Je me focalise sur mon job ici. Je verrai bien ce qui m'attend au mercato, en fin de saison voire dans un an ou deux. Il ne faut jurer de rien dans ce monde. Un jour, c'est sûr, je quitterai le Parc Astrid car avant de retourner au pays, j'ai à c£ur de vivre encore une autre expérience au moins à l'étranger. Je laisse donc la porte ouverte. Mais je ne suis pas pressé et je ne vais pas accepter n'importe quoi non plus. L'intérêt du PSV est surtout celui d'un seul et même homme : l'entraîneur Huub Stevens. A l'époque où il dirigeait encore le Roda JC Kerkrade, il s'était manifesté à deux reprises chez les dirigeants du MTK Budapest afin de réaliser mon transfert. Mais je rêvais d'autre chose et je n'ai pas voulu y donner suite. Aujourd'hui, il a toujours la même idée en tête, manifestement. A cette nuance près qu'il est en charge au PSV, qui n'est pas à comparer à Roda JC Kerkrade, évidemment. De là à gagner au change avec le RSCA, je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi mais ce pays ne m'attire pas du tout. Même si le Zenit Saint-Pétersbourg a réussi des résultats magnifiques dans un passé récent, au point de remporter la Coupe de l'UEFA cette année, la Russie n'est pas synonyme de football pour moi. A choisir, je préférerais évoluer dans des compétitions musclées comme la Bundesliga ou la Premier League. Par contre, je m'imagine moins en Espagne ou en Italie, où le jeu est davantage axé sur la technique. Je ne suis pas assez fin pour m'imposer dans ces compétitions. Je ne crois pas, dans de telles circonstances, que la Fiorentina soit un club pour moi. Schalke 04, par contre, c'est une autre histoire. Mais le top, ce serait franchement l'Angleterre. J'ai trois compatriotes qui évoluent là-bas à Fulham, Hull City et Sunderland. Quand on se retrouve en équipe nationale et qu'ils évoquent leur vécu, ça fait saliver. par bruno govers- photos: reporters