Parlons d'abord de votre club actuel, le New York Red Bull. Comment y avez-vous abouti ? Avez-vous poursuivi d'autres pistes ?

SachaKljestan : La personne-clé dans le cadre de mon transfert a été Jesse Marsch, le coach de l'équipe. Nous avons joué ensemble pendant quatre saisons au Chivas USA et il me connaît donc très bien. Quand il a été nommé entraîneur de New York, il m'a appelé en me disant qu'il me voulait réellement dans son équipe. Sa détermination et son enthousiasme m'ont rappelé ceux de Herman Van Holsbeeck 5 ans plus tôt. Je m'étais toujours dit que je quitterais les Mauves si une équipe me voulait vraiment. C'était le cas et le moment était propice. Je dois d'ailleurs remercier le trio Vanden Stock, Van Holsbeeck et Collin de m'avoir laissé partir à ce moment de la saison. Ils ont réalisé que c'était une belle opportunité pour moi et ils n'ont pas mis de bâtons dans les roues. Si le timing était bon, quitter Anderlecht fut difficile, d'autant plus que nous étions toujours en lutte pour la coupe et pour le titre. Mais la saison MLS allait bie...

SachaKljestan : La personne-clé dans le cadre de mon transfert a été Jesse Marsch, le coach de l'équipe. Nous avons joué ensemble pendant quatre saisons au Chivas USA et il me connaît donc très bien. Quand il a été nommé entraîneur de New York, il m'a appelé en me disant qu'il me voulait réellement dans son équipe. Sa détermination et son enthousiasme m'ont rappelé ceux de Herman Van Holsbeeck 5 ans plus tôt. Je m'étais toujours dit que je quitterais les Mauves si une équipe me voulait vraiment. C'était le cas et le moment était propice. Je dois d'ailleurs remercier le trio Vanden Stock, Van Holsbeeck et Collin de m'avoir laissé partir à ce moment de la saison. Ils ont réalisé que c'était une belle opportunité pour moi et ils n'ont pas mis de bâtons dans les roues. Si le timing était bon, quitter Anderlecht fut difficile, d'autant plus que nous étions toujours en lutte pour la coupe et pour le titre. Mais la saison MLS allait bientôt commencer et je voulais rejoindre le club de New York pour préparer au mieux l'exercice 2015 et relever un fameux défi : gagner le championnat pour la toute première fois de la jeune histoire du club. Le niveau de jeu s'est énormément bonifié. Peut-être est-ce dû au fait que de très grands noms ont rejoint ses rangs : David Villa, Frank Lampard, Kaka, Steven Gerrard, Robbie Keane... Les stades sont plus grands, plus récents et plus beaux que les stades belges et contrairement à une idée reçue ils sont aussi mieux remplis puisque la moyenne par rencontre - toutes équipes confondues - tourne autour des 20.000 spectateurs. La différence de niveau entre les équipes n'est pas aussi marquée. En Belgique, il y a au maximum 6 équipes qui peuvent espérer décrocher le titre. Ici, ce n'est pas le cas en vertu du "salary cap", un point essentiel du règlement qui plafonne les dépenses dévolues au salaire des joueurs et donc, par corollaire, à leur engagement. 9 sur 10. Ce n'est pas une auto-évaluation, je note ici l'expérience globale à Anderlecht, à Bruxelles et en Belgique tant sur le plan sportif que sur le plan humain. L'aventure fut magnifique. Anderlecht a représenté le meilleur épisode de ma vie et je ne ferais pas les choses différemment si je pouvais revenir en arrière. Le meilleur souvenir reste bien entendu le gain de trois titres nationaux. Et jouer en Champions League est une expérience extraordinaire. Je n'oublierai jamais ces soirées ! Je pense que Herman Van Holsbeeck a acquis et cédé les joueurs qui étaient déterminants pour le club et qu'il a toujours assemblé un groupe suffisamment fort pour gagner. Le seul petit regret sportif est de ne pas avoir décroché le titre au terme de ma première saison (2010-2011). J'estime que je me suis fortement amélioré tactiquement en Belgique. Je suis devenu un joueur plus intelligent et plus subtil. Et, en tant que personne, je pense avoir grandi et beaucoup appris en Belgique. C'est aussi chez vous, le 16 avril 2014, que j'ai vécu le plus beau moment de ma vie : la naissance de notre petite Vera. J'ai aussi profité de mes 5 années en Belgique pour apprendre le français. Et comme il y a cinq joueurs francophones au Red Bull New York, cela me permet de l'entretenir. Les entraînements prodigués par Ariël Jacobs étaient parfois ennuyeux, mais selon moi, il a toujours su aligner le meilleur amalgame de joueurs et nous avons gagné grâce à cette aptitude. C'était un gagnant et il a fait de nous des champions. John Van den Brom est celui qui donnait les meilleurs entraînements : toujours amusants et variés et toujours ballon aux pieds. Je me rendais au stade avec enthousiasme, car je savais que j'allais toujours éprouver du plaisir à travailler. Par contre, je ne pense pas qu'il ait toujours désigné les bons joueurs à leur meilleure place. Il n'a pas non plus donné suffisamment d'instructions tactiques. Quant à Besnik Hasi, c'est un bon coach qui dispense de bonnes sessions d'entraînement. Il est très fin sur le plan tactique. C'est aussi un excellent leader, honnête avec les joueurs. J'ai adoré jouer aux côtés de Lucas Biglia. Je pense qu'à nous deux, on a formé le meilleur duo d'entrejeu en Belgique pendant trois saisons. Jovanovic, Mbokani et Suarez étaient aussi des joueurs à part. Mais, à mon sens, le meilleur joueur d'Anderlecht de ces 5 dernières années est sans conteste Mbark Boussoufa. Pour l'instant, je suis heureux d'être de retour aux États-Unis et je suis bien dans mon nouveau club. Je pense que je serai à New York pour un bon bout de temps. Les chances de rejouer en Europe sont minces. Après ma carrière de joueur, je me vois bien dans la peau d'un directeur sportif, mais en Californie. C'est le plus bel endroit pour vivre ! ?PAR BERNARD GEENEN AUX USA