Auriez-nous préféré que l'UEFA annule tous les matches européens la semaine passée?
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Auriez-nous préféré que l'UEFA annule tous les matches européens la semaine passée?Emilio Ferrera: Oui, sur le coup de seize heures, au plus tard, on savait dans le monde entier que New York, les Etats-Unis et, finalement, la démocratie avaient été attaqués par des terroristes prêts à tout. C'était un nouveau Pearl Harbour et on était en droit de s'inquiéter sérieusement de l'avenir: la situation était extrêmement dangereuse. On ne joue pas sereinement au football dans de telles conditions et l'UEFA a réagi tardivement en reportant les rencontres de mercredi et de jeudi. Il serait déplacé maintenant de rejouer les matches ayant eu lieu mardi passé comme le PSV l'a demandé après avoir reçu une fessée à Nantes. Quelle impression gardez-vous de la prestation anderlechtoise au Lokomotiv de Moscou?J'ai un mot à la bouche: solide. Il y a deux ans, les Bruxellois auraient été dévorés comme des petits os lors de voyage. Ils n'auraient rien ramené du Kremlin. Il y a une explication à cette différence. Anderlecht a désormais un gros vécu en Ligue des Champions. Ses joueurs ne tremblent pas, savent ce qu'il faut faire, sont devenus de redoutables compétiteurs. Ils sont là pour la gagne, pas pour les fioritures. Le mérite en revient aussi à Aimé Anthuenis qui a provoqué ce changement culturel. Anderlecht a intégré cette réalité, ce qui n'est pas le cas des Hollandais. Eux, ils ne savent toujours pas gagner en jouant moins bien. Ils veulent toujours évoluer en rouleau compresseur même quand ça ne rigole pas: seul le Real Madrid peut le faire. A Anderlecht, Glen De Boeck et Bertrand Crasson, pour ne citer qu'eux, sont des piliers qui n'ont plus peur de rien. Les autres profitent à fond de cet apport et je songe à Manu Pirard qui m'épate. Les autres secteurs se restructurent progressivement car tout y est finalement nouveau. Ivica Mornar apporte beaucoup. Dans la ligne médiane, Yves Vanderhaeghe et Besnik Hasi ont le même registre et les Mauves ont besoin de Walter Baseggio pour mieux équilibrer ce secteur: à mon avis, quand il sera compétitif, Walter évincera Besnik.Changement de culture anderlechtoiseComment situez-vous Anderlecht par rapport au Real et à l'AS Rome?Le Real a été somptueux à Rome sans Zinedine Zidane et avec la même équipe que la saison passée. Tous les clubs se lancent sans cesse dans le bal aux transferts. Pas le Real qui gère bien son potentiel sportif. C'est exceptionnel. Il n'y a pas mieux en Europe mais ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne, comme ce fut le cas en finale la saison passée. La Ligue des Champions, c'est un peu comme le Tour de France. Les sprinters ont l'art de se cacher toute la journée avant d'émerger au sprint. Le Real a retenu la leçon et saura être frais jusqu'au bout de la Ligue des Champions. Pour Anderlecht, tout pourrait se jouer ce mercredi: les Bruxellois doivent gagner tous leurs matches à domicile et le point pris à Moscou vaudra alors son poids d'or. J'y crois car Anderlecht a du caractère et plus de métier en Ligue des Champions que Rome et Moscou.Qu'avez-vous retenu des autres rencontres européennes?Nantes revit après un début de championnat très délicat, Schalke n'a pas su résister à la pression de ses débuts en Ligue des Champions tout en jouant dans son nouveau stade. Majorque est solide, tout commme Galatasaray. J'ai été intrigué par le nul de Boavista à Liverpool. Il faut savoir que cette équipe portugaise est très bien organisée. Elle ne laisse rien filtrer et a eu la chance de déflorer le score dès la première minute de jeu par Silva. C'est exactement ce que Liverpool déteste. Quand les Anglais ouvrent la marque, il est impossible de les remonter: ils ferment tout et cette équipe défensive joue en contres. Parfait pour Owen mais Liverpool devra de plus en plus souvent faire le jeu et je ne suis pas certain que ça conviendra à Owen.Dia 1Pierre Bilic