L'esprit d'équipe et la mentalité qui raniment le Club Bruges lui ont permis de vaincre le Standard. Le Club n'avait donc pas perdu toute son âme. À la mi-septembre, l'embauche de Michel Preud'homme s'inscrivait dans la philosophie du Club : le Liégeois est une garantie d'engagement. Le fait qu'il a gagné peu de points au début a suscité quelques questions sur la qualité du groupe. Un moment donné, on a affirmé que les joueurs n'étaient pas assez bons pour travailler avec quelqu'un comme Preud'homme.
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L'esprit d'équipe et la mentalité qui raniment le Club Bruges lui ont permis de vaincre le Standard. Le Club n'avait donc pas perdu toute son âme. À la mi-septembre, l'embauche de Michel Preud'homme s'inscrivait dans la philosophie du Club : le Liégeois est une garantie d'engagement. Le fait qu'il a gagné peu de points au début a suscité quelques questions sur la qualité du groupe. Un moment donné, on a affirmé que les joueurs n'étaient pas assez bons pour travailler avec quelqu'un comme Preud'homme. Il faut toujours nuancer et relativiser les prestations. En 2013, aucune équipe n'a gagné autant de points que le Club Bruges, même s'il n'en a pris que 21 sur 39 sous la houlette de Preud'homme avant la trêve hivernale. Un entraîneur doit trouver la meilleure composition possible et ranimer la flamme de ses joueurs. Il a fallu près de cinq mois à Michel Preud'homme pour y parvenir, ce qui montre à quel point les rapports s'étaient viciés au sein du noyau. La métamorphose du Club ces dernières semaines s'est confirmée contre le Standard. Il y a un bloc sur le terrain. Une illustration de ce nouveau vécu ? Le fait que Lior Refaelov, un soliste qui s'appuyait sur des éclairs, se soit mué en travailleur. L'Israélien, brillant contre le Standard, n'est pas le seul. Soulagé par la présence de Jesper Jörgensen dans l'entrejeu, Vadis Odjidja place son sceau sur le jeu tandis que derrière, Brandon Mechele et Bjorn Engels jouent avec la bravoure de deux routiniers, certes dirigés par Timmy Simons. L'enthousiasme avec lequel le capitaine, d'un naturel discret, a fêté la victoire contre le Standard montre à quel point il était frustré depuis des semaines, voire des mois. Dimanche, le Club, qui alignait huit Belges, est redevenu lui-même : un bloc soudé et travailleur. L'attente du titre a également frustré les dirigeants. Les efforts qu'ils ont consentis pour l'encadrement de l'équipe ne se sont pas traduits en rendement. La tension est montée et a parfois semblé paralyser l'équipe. Le Club, jadis populaire dans tout le pays, a perdu une partie de sa sympathie à cause de son football froid et d'une direction trop professionnelle. Naturellement, il ne faut pas idéaliser le passé mais la rupture de style était frappante. Un titre - le premier depuis 2005 - ramènerait la sérénité au Club, à tous les niveaux. L'emporter en développant un football qui lui est propre pourrait lui permettre de tirer un trait sur un passé caractérisé par des nombreux et brusques changements. Le Standard conserve les meilleures cartes dans la lutte pour le sacre. Les Liégeois sont trop forts mentalement pour se laisser déséquilibrer par deux revers d'affilée, même s'ils n'ont pas été convaincants au stade Jan Breydel, à part un excellent premier quart d'heure. Quant à Anderlecht, de quoi est-il capable dans les play-offs ? Jusqu'où suivra-t-il John van den Brom, maintenant qu'il semble acquis que le Néerlandais n'entraînera plus le Sporting la saison prochaine ? Les changements d'entraîneurs amènent parfois des ruptures de style grotesques. Le RC Genk a remplacé un Mario Been aux accents offensifs par un entraîneur qui s'appuie sur une bonne organisation défensive. Lors de son embauche, Emilio Ferrera a eu la mauvaise idée de proclamer qu'il savait exactement ce qui n'allait pas dans l'équipe. Ce n'est pas très collégial. Par la suite, Genk a été bouté de la scène européenne d'une manière très pénible et dimanche, à Anderlecht, il n'a pas eu la moindre chance. Quand il avait remplacé Jan Ceulemans au Club, Emilio Ferrera était parvenu à organiser rapidement la défense. Il n'y parvient pas encore à Genk. Les Limbourgeois ne vivront un vrai cauchemar que s'ils ratent les PO1 alors qu'en début de saison, ils étaient considérés comme l'équipe développant le meilleur football du pays. Mario Been, applaudi par la presse lors de son départ, doit une partie de son statut à ces premiers succès alors que le Rotterdamois donnait l'impression de ne plus savoir à quel saint se vouer ces derniers mois à la Cristal Arena. PAR JACQUES SYSUn titre ramènerait la sérénité à Bruges.