Dans le livre d'entretiens que tu as sorti récemment, tu es allé à la rencontre de Georges Leekens...
...

Dans le livre d'entretiens que tu as sorti récemment, tu es allé à la rencontre de Georges Leekens..." Normal, c'est le coach fédéral. Si Ariel Jacobs l'avait été, je serais allé le voir. J'estimais que Leekens, avec son expérience, pouvait donner des avis pointus. Mais il ne s'est pas beaucoup mouillé. C'est un spécialiste. (Il rigole). Il dit par exemple que la Belgique a beaucoup évolué en matière de formation, que quand un jeune arrive chez lui, il est dans les bonnes dispositions. Je pense qu'il a voulu un peu camoufler la réalité. Mais dans sa position, ça peut se comprendre, il ne peut pas trop critiquer. " Vous n'avez pas pu vous empêcher de faire un parallèle entre l'affaire Scifo en 1998 et l'affaire Hazard en 2011..." Le sujet est arrivé naturellement. Et j'ai senti une grande maturité chez Leekens. Il m'a dit : -Il y a cinq ans, je n'aurais pas agi de la même façon avec Eden Hazard, je ne l'aurais pas repris aussi vite après notre incident. Avant, Leekens, c'était : moi, moi et moi. En 98, il disait : -Je décide, c'est moi le patron. Il a entre-temps pris du recul. Avec le Leekens d'aujourd'hui, je n'aurais jamais eu mon clash. Entre nous, les problèmes avaient commencé peu de temps après son arrivée. Il m'avait sorti pendant un match aux Pays-Bas alors que nous étions écrasés, j'étais perdu en milieu de terrain. Après le match, j'étais allé le trouver. Pas pour contester son choix mais parce que j'estimais qu'en tant que capitaine, j'avais droit à une explication. Il m'avait répondu sèchement : -C'est comme ça, pas autrement. Point à la ligne. C'était une discussion privée mais la presse l'a apprise et s'en est mêlée, puis il y a eu une escalade. De nouveaux petits accrochages. Finalement, le courant ne passait plus du tout. Leekens ne faisait rien pour recoller les morceaux. J'y repense parfois dans mon métier d'entraîneur : on ne doit pas toujours donner raison aux joueurs mais ils ont le droit de recevoir des explications, il faut toujours essayer de les récupérer quand la relation se gâte. " Quand on dit que ça ne pourra plus jamais bien se passer entre Leekens et Hazard, tu es d'accord ?" Pas sûr. En reprenant Hazard très vite après l'affaire du hamburger et en le remettant dans l'équipe de base, Leekens a montré son état d'esprit. Encore une preuve qu'il s'est adouci. Tu en veux une autre ? Quand tu vois Marc Wilmots passer devant lui pour donner des ordres, ça montre encore que Leekens est plus souple. Il y a dix ans, il n'aurait pas accepté ça, jamais de la vie ! En 1998, c'est Eddy Snelders qui était adjoint : c'est à peine s'il osait se lever du banc... "