Historiquement, le continent sud-américain n'a pas vraiment brillé par ses performances olympiques. Le Brésil travaille énormément pour élargir sa base sportive. Rio organise les Jeux dans quatre ans et ça se voit : sur les 20 médailles d'or glanées par ce pays, la moitié l'ont été durant les 4 dernières olympiades. Quant à l'Argentine, elle a décroché 17 fois l'or, mais - excepté le football - ses jours de gloire remontent aux années 40 et 50 lorsque le gouvernement de Juan Perón investit massivement dans le sport et que les athlètes dominants sont intimement liés et identifiés au régime politique. Tout cela a pris fin lors de la destitution de Perón en 1955. Depuis, l'Argentine n'a décroché que 4 médailles d'or, dont deux en football en 2004 et 2008.
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Historiquement, le continent sud-américain n'a pas vraiment brillé par ses performances olympiques. Le Brésil travaille énormément pour élargir sa base sportive. Rio organise les Jeux dans quatre ans et ça se voit : sur les 20 médailles d'or glanées par ce pays, la moitié l'ont été durant les 4 dernières olympiades. Quant à l'Argentine, elle a décroché 17 fois l'or, mais - excepté le football - ses jours de gloire remontent aux années 40 et 50 lorsque le gouvernement de Juan Perón investit massivement dans le sport et que les athlètes dominants sont intimement liés et identifiés au régime politique. Tout cela a pris fin lors de la destitution de Perón en 1955. Depuis, l'Argentine n'a décroché que 4 médailles d'or, dont deux en football en 2004 et 2008. Si on additionne le total de médailles d'or glanées par l'ensemble des autres pays sud-américains, on arrive à 8 ! La Bolivie n'en a pas gagné une seule. La seule fois où l'on voit le Paraguay sur le podium c'est en football en 2004 (argent) et les deux plaques d'or de l'Uruguay proviennent aussi du foot, en 1924 et 1928. Ces statistiques prouvent l'importance toute particulière accordée au ballon rond lors des JO, sport dans lequel les Sud-Américains brillent le plus et considèrent comme le plus important. Mais il y a d'autres raisons. La première se trouve dans le sens de grandeur que l'Amérique latine aime à conférer à l'histoire de son foot. L'introduction de la Copa America en 1916, pratiquement organisée chaque année durant la première moitié du 20e siècle, a donné une impulsion énorme au football sur le continent. En Europe, personne ne connaît l'équipe d'Uruguay avant les JO de Paris en 1924. Non seulement La Celeste y domine tous ses adversaires mais apporte au Vieux Continent la notion de " fièvre du jeu ", une manière de jouer presque artistique, ressemblant à un ballet en mouvement. La domination sud-américaine se confirme quatre ans plus tard contre l'Argentine, après une finale rejouée pour cause de partage. Ce doublé suggère que le football a dépassé le cadre olympique et qu'il a besoin de créer un tournoi dans lequel professionnels et amateurs peuvent se mêler pour désigner la meilleure nation footballistique. La Coupe du Monde naît et se déroule en... Uruguay, qui remporte le tournoi. Bâti à la hâte pour l'occasion, l' Estadio Centenario de Montevideo rend hommage aux héros des JO de 1924 et 1928. Les tribunes derrière chacun des buts se nomment Colombes et Amsterdam en souvenir des endroits où se sont déroulées les finales olympiques victorieuses. La tribune principale s'appelle Tribuna Olimpica et, même aujourd'hui, si un joueur marque directement sur corner, les fans appellent cela un " but olympique " en référence au but victorieux marqué par l'Argentine à Buenos Aires lors de sa victoire face à l'Uruguay, peu après le sacre de cette dernière en 1924. Le football olympique fait partie du folklore d'Amsud. Et on ne parle pas que du passé : le tournoi olympique sert également à construire le futur des équipes d'AmSud. Alors que la plupart des équipes représentatives des grandes nations européennes sont composées de joueurs qui réussissent de belles performances dans leur club, c'est plus complexe pour les pays sud-américains. La plupart des joueurs évoluent en Europe ou au Mexique et on accorde une attention plus importante aux prestations en équipe nationale, y compris en catégories d'âge : Juniors, -17 ans, -20 ans, etc. D'ailleurs, de nombreux jeunes joueurs qui évoluent en -20 sont introduits en équipe A pour y faire leurs preuves au plus haut niveau. Les deux pays du continent qui se qualifient pour le tournoi olympique (Brésil et Uruguay cette fois), ont l'occasion d'encore affiner ce processus. Avec trois joueurs de plus de 23 ans pour leur apporter la guidance et leur expérience, les coaches disposent d'un noyau de jeunes de moins de 23 ans, peuvent travailler la tactique avec eux de façon intensive et observer leurs prestations sous pression. Certains de ces joueurs font parfois déjà partie de l'équipe A et donc ils peuvent consolider leurs performances et leur leadership, utiles en équipe nationale. Certains se mettront définitivement en valeur, alors que d'autres joueurs montreront peut-être leurs limites. Une chose est certaine : lorsque l'histoire aura écrit les pages de la Coupe du Monde 2014, on se rappellera sans doute le tournoi olympique 2012 des équipes sud-américaines. PAR TIM VICKERY - ESM