"Gerrard, Gerrard, can pass the ball 40 yards, he's big and he's fucking hard, Gerrard, Gerrard, he's better than Frank Lampard ". Pendant tout le match, le kop d'Anfield entonne la chanson en l'honneur de Steven Gerrard. Dernière icône d'un club qui n'en a jamais manqué. Lui qui fut blessé la majeure partie de la saison et qui, à 31 ans, a ses plus belles années derrière lui, il a montré que les légendes ne meurent jamais. Il ne lui manquait plus que de marquer un derby de son empreinte. Il l'a fait en inscrivant trois buts, premier hat-trick dans un derby depuis Ian Rush en 1982. Voilà comment s'est terminée la 217e confrontation entre Everton et Liverpool. Ce match qui bouleverse toute une ville.

Liverpool, un jour de semaine. Quelques touristes sur les docks, inscrits au Patrimoine Mondial de l'Unesco après leur rénovation et symbole d'une époque où Liverpool portait fièrement son caractère industriel. Un rien plus loin, le Royal Liver Building - qui constitue ce que les habitants du coin nomment une des trois grâces, ces trois bâtiments monumentaux du début du siècle en front de Mersey - arbore le Liver Bird, ce pélican, emblème de la ville, repris sur le blason de Liverpool.

Ce mardi n'est pas un jour normal. Les écharpes sont de sortie. C'est jour de match. Pas n'importe lequel. Un des deux rendez-vous les plus importants de l'année : le derby. Pourtant, cette saison, il n'aura pas l'impact habituel. Sans respect pour son grand âge, il a été déplacé au...mardi. La faute à la finale de la Carling Cup, gagnée par Liverpool et programmée le week-end prévu initialement pour le derby. Il a donc fallu trouver une autre date. Les choses ont traîné et le match n'a été fixé que dix jours seulement avant son déroulement. " Il a fallu changer nos plans et trouver du personnel. Normalement, mardi, c'est jour de fermeture ", explique le barman du Queen's Arms qui réalise son chiffre d'affaires du mois en un jour ! Pourtant, en ce mardi, il fait grise mine. Moins de monde que d'habitude. " Quand le derby a lieu le week-end, on peut boire 24 heures, sans problèmes ", explique Ian, un habitué. " Pour préparer la rencontre, pendant celle-ci et tard dans la nuit pour refaire le match. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci car je dois travailler demain. Avant, on pouvait arriver avec la gueule de bois sur les chantiers. On n'ose plus depuis la récession. "

Pourtant, en ville, dès 16 heures, les pubs sont bondés. Pendant deux heures, ça ne désemplit pas. On parle des blessures récurrentes de Gerrard, des dix ans de David Moyes à la tête d'Everton, de la bonne forme récente des Toffees et de la difficulté des Reds à gagner à domicile cette saison (déjà huit nuls). A 18 heures, ceux qui ont la chance d'avoir des places prennent la direction d'Anfield Road. Aux abords du stade mythique, l'ambiance monte d'un cran. Mais toujours sans animosité. Les supporters des deux clans se croisent sans problème.

" Il y a une vraie rivalité mais contrairement à d'autres derbies en Angleterre, il n'y a pas de haine entre les deux clubs ", explique Tom, un tatoué fidèle aux Reds. " L'ennemi pour Liverpool, c'est Manchester United, et pour Everton, aussi. A Liverpool, depuis deux siècles, tout le monde hait Manchester. "

Les stades se trouvent dans le même quartier. Il n'y a pas d'appartenance religieuse, ni sociale. Souvent, dans une même famille, on trouve des supporters de deux camps. " Je suis Liverpool depuis 40 ans, deux de mes fils supportent Everton et le troisième Liverpool. Pourquoi ? Nul ne le sait ", dit Mark, croisé au Beehive. " Je me souviens encore de la dernière finale de Cup entre les deux équipes en 1989. D'habitude, à Wembley, le stade est partagé distinctement entre deux couleurs. Là, on avait du bleu, du rouge, du bleu, du rouge. Tout était mélangé. "

Le foot, exutoire des années Thatcher

Il faut dire que ce derby a quelque chose de suranné. Un bonbon qui ne vieillit pas, comme ce caramel mou, Toffee, vendu par un marchand local et qui a donné son nom aux joueurs d'Everton. Et comme tout charme désuet, il y a aussi quelque chose d'un autre temps. Celui des années 80 lorsque les deux clubs régnaient sur l'Angleterre et sur toute l'Europe. A l'époque, Liverpool occupait le centre du foot anglais. Les années Thatcher avaient pourtant laissé la ville en déliquescence, avec un taux de chômage frôlant les 25 % et une zone portuaire délaissée par ses dockers sans travail. Alors, dans ce paysage gris, battu par le vent de la Mersey, la rivière de la ville, les habitants n'avaient plus d'yeux que pour une chose : le football.

Les joueurs des deux clubs le leur rendaient bien. Une domination de Liverpool au tournant des années 70 et 80, emmené par un Kevin Keegan, nouvelle idole de la culture pop anglaise, qui passa le relais à un Ecossais au pied magique, Kenny Dalglish. Les titres s'accumulaient pour les Reds (1976, 1977, 1979, 1980, 1982, 1983 et 1984), ne faisant qu'aiguiser l'appétit du voisin qui commença par une Cup en 1984 avant d'aller titiller le roi du monde et de lui chiper son trône en 1985.

La télévision ne parlait alors que de cela : cette rivalité ancestrale, cette ville déchirée entre deux couleurs, le rouge et le bleu. En point d'orgue, l'année 1985. Everton remporta les trois rencontres de la saison face au rival ( Charity Shield et les deux matches de championnat), la finale de la Coupe des Coupes et le championnat avec 13 points d'avance sur Liverpool. Ce qui fit dire à Andy Gray, joueur emblématique des Toffees : " Ce qui compte en priorité pour nous, c'est moins une Coupe d'Europe ou un titre de champion que d'avoir battu Liverpool trois fois cette saison. " Liverpool se vengea contre son gré en étant au centre de la catastrophe du Heysel, privant Everton (comme tous les autres clubs anglais) de Coupe d'Europe.

" On en veut encore à Liverpool. Certains disent que notre déclin vient de là ", explique Andy, portier du fan shop d'Everton. " On n'a jamais eu l'occasion de prouver à l'Europe que notre équipe pouvait, elle aussi, gagner la Coupe des Champions. Et même si on a encore arraché le titre en 1987, le fait de ne pas pouvoir disputer la Coupe d'Europe n'a pas donné d'élan au club qui a donc stagné. "

" Je comprends les supporters d'Everton mais le ver était déjà dans le fruit ", explique Gregg O'Keeffe, journaliste au Liverpool Echo. " Si Liverpool s'est relevé aussi vite, c'est en grande partie parce que ce club développait un jeu continental, avec des ailiers et un buteur exceptionnel, Ian Rush. Everton disposait de moins de talent et misait tout sur le combat et l'intensité physique, avec un kick and rush de tradition. Son jeu était donc plus facile à contrer malgré la présence en 1986 d'un buteur de la trempe de Gary Lineker ou d'un playmaker comme Peter Reid, élu joueur de l'année en 1985. "

Mais de l'avis de tous, s'il ne fallait ramener ce derby et cette rivalité qu'en une année, ce serait 1986. Dans un scénario époustouflant, Liverpool et Everton se livrèrent à un mano a mano de toute beauté. Au final, Liverpool émergea d'une courte tête (deux points) et acheva Everton en s'adjugeant le doublé (championnat-Cup) en battant à Wembley son rival de la saison 3-1.

Un derby pour l'honneur

Depuis lors, les images ont jauni. Liverpool a encore remporté deux titres fin des années 80 avant de courber l'échine face à la domination londonienne et mancunienne. Les Reds réussirent mieux leur passage au foot business en arrachant, l'une ou l'autre saison, un ticket en Ligue des Champions et en se hissant en finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes en 2005 et 2007. Mais sans couronne anglaise, point de salut pour ces supporters. " Ces deux finales nous permettent simplement de montrer qu'on existe encore et qu'on ne mourra jamais. Mais, à chaque titre de MU, on rentre la tête dans les épaules et on ravale notre fierté ", explique Mark.

Quant à Everton, n'en parlons pas ! Sans le talent et la politique de David Moyes, qui arrive, avec un noyau limité en nombre et en talent à terminer chaque saison entre la 5e et la 10e place, le club lutterait pour son maintien, lui qui n'a jamais connu la descente depuis 1888 !

Cette année, les deux clubs ont laissé partir la meute. Avant la rencontre, Everton (8e) ne pointait qu'à deux points de Liverpool (7e). Pour Everton, l'Europa League constitue une chimère et pour les Reds, la Ligue des Champions s'est envolée et comme le ticket européen est déjà assuré grâce à la victoire en Coupe de la Ligue, on mise tout sur la Cup dont les quarts, dans lesquels les deux équipes étaient engagés, se déroulaient quatre jours plus tard. Moyes avait donc ciblé ses priorités en laissant au repos quelques titulaires. Une façon de faire son deuil de cette victoire qui s'est toujours refusée à lui. En dix ans, il n'a jamais gagné à Anfield. Mais peu importe le caractère honorifique de la rencontre. Le stade d'Anfield est comble. Le bruit est assourdissant. L'atmosphère indescriptible. L'émotion prégnante. Il ne manquait plus qu'un homme pour écrire le scénario qui allait permettre à ce derby de rester dans l'histoire. Cet homme ne pouvait s'appeler que Gerrard...

PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE

"Gerrard, Gerrard, can pass the ball 40 yards, he's big and he's fucking hard, Gerrard, Gerrard, he's better than Frank Lampard ". Pendant tout le match, le kop d'Anfield entonne la chanson en l'honneur de Steven Gerrard. Dernière icône d'un club qui n'en a jamais manqué. Lui qui fut blessé la majeure partie de la saison et qui, à 31 ans, a ses plus belles années derrière lui, il a montré que les légendes ne meurent jamais. Il ne lui manquait plus que de marquer un derby de son empreinte. Il l'a fait en inscrivant trois buts, premier hat-trick dans un derby depuis Ian Rush en 1982. Voilà comment s'est terminée la 217e confrontation entre Everton et Liverpool. Ce match qui bouleverse toute une ville. Liverpool, un jour de semaine. Quelques touristes sur les docks, inscrits au Patrimoine Mondial de l'Unesco après leur rénovation et symbole d'une époque où Liverpool portait fièrement son caractère industriel. Un rien plus loin, le Royal Liver Building - qui constitue ce que les habitants du coin nomment une des trois grâces, ces trois bâtiments monumentaux du début du siècle en front de Mersey - arbore le Liver Bird, ce pélican, emblème de la ville, repris sur le blason de Liverpool. Ce mardi n'est pas un jour normal. Les écharpes sont de sortie. C'est jour de match. Pas n'importe lequel. Un des deux rendez-vous les plus importants de l'année : le derby. Pourtant, cette saison, il n'aura pas l'impact habituel. Sans respect pour son grand âge, il a été déplacé au...mardi. La faute à la finale de la Carling Cup, gagnée par Liverpool et programmée le week-end prévu initialement pour le derby. Il a donc fallu trouver une autre date. Les choses ont traîné et le match n'a été fixé que dix jours seulement avant son déroulement. " Il a fallu changer nos plans et trouver du personnel. Normalement, mardi, c'est jour de fermeture ", explique le barman du Queen's Arms qui réalise son chiffre d'affaires du mois en un jour ! Pourtant, en ce mardi, il fait grise mine. Moins de monde que d'habitude. " Quand le derby a lieu le week-end, on peut boire 24 heures, sans problèmes ", explique Ian, un habitué. " Pour préparer la rencontre, pendant celle-ci et tard dans la nuit pour refaire le match. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci car je dois travailler demain. Avant, on pouvait arriver avec la gueule de bois sur les chantiers. On n'ose plus depuis la récession. " Pourtant, en ville, dès 16 heures, les pubs sont bondés. Pendant deux heures, ça ne désemplit pas. On parle des blessures récurrentes de Gerrard, des dix ans de David Moyes à la tête d'Everton, de la bonne forme récente des Toffees et de la difficulté des Reds à gagner à domicile cette saison (déjà huit nuls). A 18 heures, ceux qui ont la chance d'avoir des places prennent la direction d'Anfield Road. Aux abords du stade mythique, l'ambiance monte d'un cran. Mais toujours sans animosité. Les supporters des deux clans se croisent sans problème. " Il y a une vraie rivalité mais contrairement à d'autres derbies en Angleterre, il n'y a pas de haine entre les deux clubs ", explique Tom, un tatoué fidèle aux Reds. " L'ennemi pour Liverpool, c'est Manchester United, et pour Everton, aussi. A Liverpool, depuis deux siècles, tout le monde hait Manchester. " Les stades se trouvent dans le même quartier. Il n'y a pas d'appartenance religieuse, ni sociale. Souvent, dans une même famille, on trouve des supporters de deux camps. " Je suis Liverpool depuis 40 ans, deux de mes fils supportent Everton et le troisième Liverpool. Pourquoi ? Nul ne le sait ", dit Mark, croisé au Beehive. " Je me souviens encore de la dernière finale de Cup entre les deux équipes en 1989. D'habitude, à Wembley, le stade est partagé distinctement entre deux couleurs. Là, on avait du bleu, du rouge, du bleu, du rouge. Tout était mélangé. " Il faut dire que ce derby a quelque chose de suranné. Un bonbon qui ne vieillit pas, comme ce caramel mou, Toffee, vendu par un marchand local et qui a donné son nom aux joueurs d'Everton. Et comme tout charme désuet, il y a aussi quelque chose d'un autre temps. Celui des années 80 lorsque les deux clubs régnaient sur l'Angleterre et sur toute l'Europe. A l'époque, Liverpool occupait le centre du foot anglais. Les années Thatcher avaient pourtant laissé la ville en déliquescence, avec un taux de chômage frôlant les 25 % et une zone portuaire délaissée par ses dockers sans travail. Alors, dans ce paysage gris, battu par le vent de la Mersey, la rivière de la ville, les habitants n'avaient plus d'yeux que pour une chose : le football. Les joueurs des deux clubs le leur rendaient bien. Une domination de Liverpool au tournant des années 70 et 80, emmené par un Kevin Keegan, nouvelle idole de la culture pop anglaise, qui passa le relais à un Ecossais au pied magique, Kenny Dalglish. Les titres s'accumulaient pour les Reds (1976, 1977, 1979, 1980, 1982, 1983 et 1984), ne faisant qu'aiguiser l'appétit du voisin qui commença par une Cup en 1984 avant d'aller titiller le roi du monde et de lui chiper son trône en 1985. La télévision ne parlait alors que de cela : cette rivalité ancestrale, cette ville déchirée entre deux couleurs, le rouge et le bleu. En point d'orgue, l'année 1985. Everton remporta les trois rencontres de la saison face au rival ( Charity Shield et les deux matches de championnat), la finale de la Coupe des Coupes et le championnat avec 13 points d'avance sur Liverpool. Ce qui fit dire à Andy Gray, joueur emblématique des Toffees : " Ce qui compte en priorité pour nous, c'est moins une Coupe d'Europe ou un titre de champion que d'avoir battu Liverpool trois fois cette saison. " Liverpool se vengea contre son gré en étant au centre de la catastrophe du Heysel, privant Everton (comme tous les autres clubs anglais) de Coupe d'Europe. " On en veut encore à Liverpool. Certains disent que notre déclin vient de là ", explique Andy, portier du fan shop d'Everton. " On n'a jamais eu l'occasion de prouver à l'Europe que notre équipe pouvait, elle aussi, gagner la Coupe des Champions. Et même si on a encore arraché le titre en 1987, le fait de ne pas pouvoir disputer la Coupe d'Europe n'a pas donné d'élan au club qui a donc stagné. "" Je comprends les supporters d'Everton mais le ver était déjà dans le fruit ", explique Gregg O'Keeffe, journaliste au Liverpool Echo. " Si Liverpool s'est relevé aussi vite, c'est en grande partie parce que ce club développait un jeu continental, avec des ailiers et un buteur exceptionnel, Ian Rush. Everton disposait de moins de talent et misait tout sur le combat et l'intensité physique, avec un kick and rush de tradition. Son jeu était donc plus facile à contrer malgré la présence en 1986 d'un buteur de la trempe de Gary Lineker ou d'un playmaker comme Peter Reid, élu joueur de l'année en 1985. " Mais de l'avis de tous, s'il ne fallait ramener ce derby et cette rivalité qu'en une année, ce serait 1986. Dans un scénario époustouflant, Liverpool et Everton se livrèrent à un mano a mano de toute beauté. Au final, Liverpool émergea d'une courte tête (deux points) et acheva Everton en s'adjugeant le doublé (championnat-Cup) en battant à Wembley son rival de la saison 3-1. Depuis lors, les images ont jauni. Liverpool a encore remporté deux titres fin des années 80 avant de courber l'échine face à la domination londonienne et mancunienne. Les Reds réussirent mieux leur passage au foot business en arrachant, l'une ou l'autre saison, un ticket en Ligue des Champions et en se hissant en finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes en 2005 et 2007. Mais sans couronne anglaise, point de salut pour ces supporters. " Ces deux finales nous permettent simplement de montrer qu'on existe encore et qu'on ne mourra jamais. Mais, à chaque titre de MU, on rentre la tête dans les épaules et on ravale notre fierté ", explique Mark. Quant à Everton, n'en parlons pas ! Sans le talent et la politique de David Moyes, qui arrive, avec un noyau limité en nombre et en talent à terminer chaque saison entre la 5e et la 10e place, le club lutterait pour son maintien, lui qui n'a jamais connu la descente depuis 1888 ! Cette année, les deux clubs ont laissé partir la meute. Avant la rencontre, Everton (8e) ne pointait qu'à deux points de Liverpool (7e). Pour Everton, l'Europa League constitue une chimère et pour les Reds, la Ligue des Champions s'est envolée et comme le ticket européen est déjà assuré grâce à la victoire en Coupe de la Ligue, on mise tout sur la Cup dont les quarts, dans lesquels les deux équipes étaient engagés, se déroulaient quatre jours plus tard. Moyes avait donc ciblé ses priorités en laissant au repos quelques titulaires. Une façon de faire son deuil de cette victoire qui s'est toujours refusée à lui. En dix ans, il n'a jamais gagné à Anfield. Mais peu importe le caractère honorifique de la rencontre. Le stade d'Anfield est comble. Le bruit est assourdissant. L'atmosphère indescriptible. L'émotion prégnante. Il ne manquait plus qu'un homme pour écrire le scénario qui allait permettre à ce derby de rester dans l'histoire. Cet homme ne pouvait s'appeler que Gerrard... PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE