Il y a une semaine, on apprenait que Roger Vanden Stock et Lucien D'Onofrio avaient déjeuné ensemble et qu'une collaboration entre les deux parties était d'actualité. Anderlecht s'est même fendu d'un communiqué officiel qui le confirmait, mais sans aller plus loin.
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Il y a une semaine, on apprenait que Roger Vanden Stock et Lucien D'Onofrio avaient déjeuné ensemble et qu'une collaboration entre les deux parties était d'actualité. Anderlecht s'est même fendu d'un communiqué officiel qui le confirmait, mais sans aller plus loin. Les contacts entre ces deux monuments du foot belge me font bien rigoler. Les deux étaient de bons copains avant une querelle sur des droits Tv (Lucien avait vendu les droits des test-matches à BeTv - qui échappaient au contrat Belgacom - et Roger avait signé tout en renâclant) amplifiée par le drame Wasyl- Witsel. Ils se sont boudés tout un temps mais le naturel est revenu au galop : ils s'aiment à nouveau et veulent travailler ensemble à Anderlecht. Sous quelle forme ? On parle de D'Onofrio comme administrateur, ce que le club dément avec tellement de véhémence qu'on se demande s'il n'y a pas là un fond de vérité. Pour beaucoup, la fonction la plus naturelle de Lucien-le-Liégeois à Anderlecht serait celle d'agent de joueurs, mais il n'a pas sa licence FIFA. Et vu sa condamnation judiciaire récente en France, il ne l'aura pas de si tôt. Il est également inculpé en Belgique depuis juin, le jour où il a quitté le Standard mais, ici, la présomption d'innocence est d'application. Finalement, on devrait sans doute voir D'Ono opérer comme conseiller sportif de la direction en attendant mieux. Parce que les choses risquent fort de se mettre rapidement en place. D'abord, le football belge n'est pas choqué par le pacte Vanden Stock-D'Onofrio, une véritable volte-face. Il n'attaque pas non plus de front l'éthique de D'Onofrio (et donc celle d'Anderlecht) car il en a vu d'autres... Et à l'étranger, la réputation se base aussi avant tout sur la réussite et pas sur l'image. Toujours très sensible à ce qu'on dit de lui, Anderlecht n'aurait donc pas l'impression de courir de risque ou de nier ses propres codes comportementaux en travaillant avec Lucien D'Onofrio. Ils se sentent intouchables. En acceptant la proposition mauve, D'Onofrio tourne définitivement le dos à son passé rouche. Et c'est sans doute thérapeutique : au-delà de toute considération financière, son c£ur a saigné lorsqu'il a dû quitter le Standard. S'il n'avait pas aimé autant un club et son équipe, il n'aurait pas passé autant d'heures à suivre les entraînements à l'Académie Robert Louis-Dreyfus comme il le fit. Le terrain lui manquait, c'est certain. Sa compétence footeuse avérée et sa connaissance du marché européen devraient lui permettre de devenir dans un premier temps un super-conseiller du président mauve...comme Raymond Goethals le fut longtemps pour Constant Vanden Stock. Très vite, il pourrait également servir de levier pour amener Michel Preud'homme comme coach à Bruxelles. MPH s'entend très bien avec les deux personnages et - un jour ou l'autre - il quittera l'Arabie Saoudite. Et puis, qui sait, D'Onofrio pourrait également essayer d'amener son grand pote Bernard Tapie à investir un jour à Anderlecht... Foot-fiction ? Peut-être, mais tout le monde sait que Tapie veut investir une partie de ses énormes moyens (le Crédit Lyonnais a été condamné à lui reverser 265 millions d'euros comme dédommagement dans la revente d'Adidas) en Belgique. Il a déclaré penser investir avec son ami D'Onofrio dans l'aéroport de Bierset et une compagnie aérienne régulière... Pourquoi pas ailleurs aussi ? PAR JOHN BAETEDans un premier temps, D'Onofrio deviendrait un super-conseiller du président mauve... comme Raymond Goethals le fut longtemps pour Constant Vanden Stock.