Connaissant le caractère pour le moins volontaire de Maria Sharapova (RUS), on peut douter qu'elle ait trouvé dans sa place de numéro 1 mondiale une réelle consolation de sa sévère défaite en finale de l'Australian Open. D'autant qu'elle pensait certainement - comme la plupart des observateurs d'ailleurs - que Serena Williams (USA, WTA 81) n'avait pas le niveau suffisant pour la vaincre. La cadette des s£urs américaines n'avait en effet pas réellement croisé de joueuses du top, sauf Jelena Jankovic (SER, WTA 11), pour se hisser en finale. La Russe avait par contre battu sa compatriote Vera Zvonareva (WTA 24) et, surtout, Kim Clijsters (BEL, WTA 5) face auxquelles elle avait fait la démonstration de son énorme talent et de sa puissance ravageuse.
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Connaissant le caractère pour le moins volontaire de Maria Sharapova (RUS), on peut douter qu'elle ait trouvé dans sa place de numéro 1 mondiale une réelle consolation de sa sévère défaite en finale de l'Australian Open. D'autant qu'elle pensait certainement - comme la plupart des observateurs d'ailleurs - que Serena Williams (USA, WTA 81) n'avait pas le niveau suffisant pour la vaincre. La cadette des s£urs américaines n'avait en effet pas réellement croisé de joueuses du top, sauf Jelena Jankovic (SER, WTA 11), pour se hisser en finale. La Russe avait par contre battu sa compatriote Vera Zvonareva (WTA 24) et, surtout, Kim Clijsters (BEL, WTA 5) face auxquelles elle avait fait la démonstration de son énorme talent et de sa puissance ravageuse. Et c'est justement là que le bât a blessé pour la belle. Car, en termes de puissance, personne n'a jamais réussi, sauf peut-être LindsayDavenport (USA) et Clijsters, à faire jeu égal avec Serena Williams. Cette dernière, motivée par le souvenir de sa s£ur Yetunde, assassinée en septembre 2003, a retrouvé de sa superbe en finale et n'a jamais laissé la moindre initiative à Sharapova. Qui, trop tendre tactiquement, n'a pas osé casser le rythme ou tenter de déstabiliser sa rivale en pratiquant un autre tennis que celui basé uniquement sur la frappe pure. Concentrée sur son sujet, l'Américaine s'est promenée, rappelant ainsi le début des années 2000, celles qui la virent remporter pas moins de sept tournois du Grand Chelem et dominer le tennis planétaire aux côtés de sa s£ur Venus. Ce succès de Serena Williams a de quoi contenter les amateurs de tennis féminin. Tout comme la confirmation de jeunes talents du nom de Nicole Vaidisova (CZE, WTA 12), Lucie Safarova (CZE, WTA 70) ou Shahar Peer (ISR, WTA 17). Ce début de saison laisse augurer d'un combat des chefs au plus haut niveau du tennis féminin. Si Sharapova occupe la première position mondiale depuis lundi, elles sont cinq, dans un premier temps, à pouvoir lui faire de l'ombre. Il s'agit de Justine Henin (BEL), qui aurait peut-être conservé sa place si elle n'avait pas fait l'impasse sur la tournée australienne. De Clijsters (BEL, WTA 5), vainqueur à Sydney et impressionnante jusqu'en demi-finales. D' AmélieMauresmo (FRA, WTA 3), pas encore en grande forme mais qui a prouvé l'an dernier qu'elle ne lâcherait pas prise. De Martina Hingis (SUI, WTA 7) qui, un an après son retour à la compétition, se fait de plus en plus dangereuse. Sans oublier évidemment Serena Williams, montée à la quatorzième place lundi et qui pourrait, si elle ne se blesse pas, revenir très rapidement dans le Top 5. Aussi curieusement que cela puisse paraître, ces six joueuses font quasiment partie de la même génération. Il n'y a en effet que 8 ans entre la plus jeune - Sharapova, 19 ans - et la plus âgée - Mauresmo, 27. Serena Williams et Martina Hingis donnent parfois l'impression d'être des vétérans alors qu'elles n'ont, respectivement, que 25 et 26 printemps. Cette impression provient du fait que la Suissesse en est à sa deuxième carrière puisqu'elle avait pris sa retraite à 22 ans et que l'Américaine s'est détournée du tennis pendant deux ans, préférant se concentrer sur la mode et la comédie. Cela pour dire que leur appétit de victoires est encore entier, Hingis lâchera d'ailleurs sans doute prise quand elle aura prouvé au monde qu'elle peut encore triompher dans un Majeur. Quant à Henin et Clijsters, elles n'ont que 24 et 23 ans... Cela étant dit, fin de saison dernière, nous écrivions dans ces colonnes que Sharapova prendrait sans doute le commandement total du tennis féminin dans les deux années. Ce qui devrait effectivement être le cas dès que, répétons-le, elle aura acquis un peu plus de maturité tactique. En ce sens, il n'est pas inutile de préciser que la Russe est montée très tôt à la première place mondiale. Elle n'avait que 18 ans lorsqu'elle le fit pour la première fois en août 2005 et elle n'affiche que 19 ans aujourd'hui. Par comparaison, Williams, Clijsters, Henin et, a fortiori, Mauresmo, avaient au moins 20 ans quand elles se sont installées pour la première fois sur le trône de leader mondiale. Seule Hingis - parmi les compétitrices encore en activité - a fait mieux puisqu'elle avait juste seize ans... La saison en cours, la dernière de Clijsters, risque donc d'être passionnante. Le duel principal devrait néanmoins mettre aux prises Sharapova et... Henin. On sait que cette dernière n'est jamais aussi motivée que quelques semaines après avoir traversé une épreuve difficile. De retour à la compétition en février, elle devrait recouvrer son tennis fin du mois prochain et être donc à son meilleur niveau pour les tournois importants d'Indian Wells et Miami en mars. Pour l'instant, les deux joueuses se sont rencontrées à 7 reprises, Henin menant 5-2 au nombre de victoires et ayant remporté trois des quatre confrontations 2006. Mais l'Australian Open n'a pas fait que consacrer le retour de Serena Williams. Il a aussi démontré que c'en était fini du fossé qui existait entre le Top et le sub-top. Entre les meilleures et celles qui aspirent à le devenir. Les succès de Shahar Peer face à Svetlana Kuznetsova (RUS, WTA 3), de Lucie Safarova devant Mauresmo ainsi que la place en demi-finales de Vaidisova prouvent que, comme chez les hommes, ou presque, le tennis féminin s'ouvre davantage et sera de plus en plus régulièrement sujet à surprises et à défaites (ou victoires) inattendues. En parlant de défaite inattendue, on ne peut pas ne pas évoquer celle que Rafael Nadal (ESP, ATP 2) a enregistrée face à Fernando Gonzalez (CHI, ATP 9) en quarts de finale du tableau masculin. Peu convaincant depuis le début de la saison (en témoignent son abandon face à Chris Guccione (AUS, ATP 106) au premier tour du tournoi de Sydney et sa défaite face à Xavier Malisse (BEL, ATP 30) en demi-finales de Chennai), l'Espagnol avait déjà éprouvé les pires difficultés pour se défaire de l'excellent Andy Murray (GBR, ATP 16) en huitièmes de finale. Face à Gonzalez, il a plus que perdu, il a encaissé une lourde défaite en trois sets au cours de laquelle il n'a jamais montré la moindre capacité à renverser le cours des choses. Est-ce à dire qu'il y a péril en la demeure pour le double vainqueur de Roland Garros ? Sans doute que non mais il est tout de même utile de faire remarquer que, depuis Roland Garros 2006, il n'a plus remporté le moindre tournoi. Son jeu terriblement exigeant du point de vue physique ne surprend plus ses adversaires principaux qui parviennent de mieux en mieux - surtout sur les autres surfaces que la terre battue - à contrer ses frappes lourdes. Puisse Nadal ne pas suivre les traces de certains de ses aînés espagnols qui, à force de puiser trop profondément dans leurs capacités physiques, se sont brûlés les ailes après trois ou quatre saisons de très haut vol. Côté physique, Fernando Gonzalez n'est pas triste non plus. Ses succès face aux monstres de condition que sont Lleyton Hewitt (AUS, ATP 19), James Blake (USA, ATP 5) et Nadal ont de quoi laisser pantois. Cette opiniâtreté de tous les instants lui permit d'ailleurs de s'octroyer deux balles de premier set face à Roger Federer (SUI, ATP 1) en finale. Qui ne s'en laissa cependant pas compter, s'imposant sans forcer en trois sets, bouclant ainsi une quinzaine pendant laquelle il ne perdit pas la moindre manche. Ce qui se passe de commentaires, l'Helvète demeurant, et de loin, le meilleur joueur de la planète, tout en restant à la fois très serein et très accessible. Ce qui n'est pas pour déplaire. Si Gonzalez aura été la révélation du premier grand rendez-vous 2007, Andy Murray et Andy Roddick (USA, ATP 7) sont manifestement sur la bonne voie. Le premier, coaché par Brad Gilbert, ancien entraîneur d' Agassi, dispose d'un jeu complet - dont un toucher de balle assez inouï - qui devrait lui permettre de se hisser rapidement dans le Top 10, puis le Top 5. L'autre Andy, Roddick, profite quant à lui pleinement des conseils de Jimmy Connors (USA) dont la rage de vaincre fit trembler les courts dans les années 70-80. Il nous reste à évoquer les Belges. Six d'entre eux étaient présents dans les tableaux finals. Deux joueuses - Clijsters et KirstenFlipkens (WTA 103) et quatre joueurs - Olivier et Christophe Rochus (ATP 39 et 74), Malisse et Kristof Vliegen (ATP 37). Forts des succès de Kim à Sydney et de Xavier à Chennaï, les supporters tricolores caressaient des espoirs réels. Ils durent très rapidement déchanter. Opposé à un excellent Arnaud Clément (FRA, ATP 44), le Courtraisien disparut d'entrée, s'inclinant en quatre sets. Il sera imité par Vliegen et l'aîné des Rochus. Le premier ne fit impression que lors du premier set face à l'Allemand Kohlschreiber (ATP 61) alors que le deuxième, diminué physiquement depuis le début de la saison, abandonna face à Sébastien Grosjean (FRA, ATP 29). C'est également contre ce dernier que le cadet Rochus s'inclina. Non sans avoir démérité. Après avoir remporté son premier tour en cinq manches devant Guccione (9-7 dans la dernière), Olivier alla une nouvelle fois au terme des cinq sets au deuxième tour. Mais sans succès cette fois. Il n'y avait donc plus de joueurs belges au troisième tour du tableau masculin. Chez les femmes, Flipkens ne fit que passer, s'inclinant sur un double 6-2 face à Camerin (ITA, WTA 55). Heureusement, il y avait Kim Clijsters. Qui fut, répétons-le, impressionnante jusqu'en demi-finales, stade auquel elle se fit éliminer en deux petits sets par Sharapova. Gageons cependant que la Limbourgeoise ne conservera pas ce souvenir-là de son dernier Australian Open. Elle préférera certainement garder en mémoire la très chaleureuse ovation debout qu'elle reçut de la part du public australien. Ce dernier, il est vrai, a toujours adoré notre compatriote qui faillit, faut-il le rappeler ? épouser Lleyton Hewitt et devenir de ce fait Australienne d'adoption... BERNARD ASHED