Samedi, il y aura exactement un mois que le Germinal Beerschot a été bouté de la Coupe par le FC Malines. " Je ne l'ai pas encore oublié ", rétorque le capitaine colombien Daniel Cruz (25 ans). " J'ai gagné la Coupe 2005, je connais le sentiment que confère sa conquête et suis donc amèrement déçu de notre élimination. Le fait qu'elle nous trotte dans la tête peut avoir un effet négatif. Néanmoins, un footballeur doit faire abstraction de tous ses doutes et soucis à certains moments. Trop réfléchir n'est pas sain ".
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Samedi, il y aura exactement un mois que le Germinal Beerschot a été bouté de la Coupe par le FC Malines. " Je ne l'ai pas encore oublié ", rétorque le capitaine colombien Daniel Cruz (25 ans). " J'ai gagné la Coupe 2005, je connais le sentiment que confère sa conquête et suis donc amèrement déçu de notre élimination. Le fait qu'elle nous trotte dans la tête peut avoir un effet négatif. Néanmoins, un footballeur doit faire abstraction de tous ses doutes et soucis à certains moments. Trop réfléchir n'est pas sain ". Différents joueurs ont pourtant semblé enclins à le faire sur le terrain, ces dernières semaines, d'autant que les supporters n'ont pas hésité à clamer leur mécontentement. Après l'épisode de la Coupe, les Rats ont ainsi dérapé contre Charleroi, alors qu'ils jouaient à 11 contre huit. Ils menaient par un but d'écart mais ont concédé l'égalisation peu avant le terme du match. Autre exemple, il y a deux semaines et demie, après 25 minutes, le Germinal Beerschot était déjà mené 2-0 par Genk. " Tout semble avoir commencé à la mi-octobre, avec ce nul blanc contre Lokeren ", commente Cruz. Ainsi, après le match, l'arrière Kurt Van Dooren était particulièrement frustré. Il nous avait confié : " Nous gaspillons des points précieux et l'opportunité de figurer en haut du classement ". A l'entame de la saison, le président avait été clair : il visait une place dans le top cinq du championnat. Un match nul contre Lokeren ne correspond certainement pas aux ambitions de Jos Verhaegen. Cruz relativise : " On n'établit un bilan qu'en fin de saison. Ici, les gens s'excitent à la première défaite. En Belgique, on n'observe pas l'ensemble de la situation, on manque de recul. Prenez le Standard. Tout le monde l'avait déjà rayé de la course au titre. Ces jugements m'ont fait rire. Les Rouches reviennent. Je suis convaincu que le Club Bruges n'a pas dit son dernier mot non plus. On ne peut se baser sur trois ou quatre matches pour tirer des conclusions. Tout s'est mis contre nous, ces dernières semaines. Le ballon ne veut pas rentrer. A Malines, nous nous sommes forgé plusieurs occasions, sans les concrétiser. Notre adversaire a exploité la seule chance qu'il a eue. Ainsi va le football. Depuis quelque temps, nous avons souvent raté nos objectifs de peu. Je pense que chaque équipe traverse une période semblable au cours d'une saison. Je suis sûr que le Racing n'y échappera pas non plus. Il est impossible de tenir le rythme qu'il a actuellement. Quand l'équipe ne tourne pas alors que le président a déclaré vouloir figurer parmi les cinq premiers, il est normal que nous soyons sous pression. Je suis pourtant d'accord avec le président, à 500 %. J'espère que désormais, il dira chaque saison que nous visons le top cinq. Il faut avoir envie de progresser. J'espère que d'ici quelques années, nous lutterons pour le titre. Dans tous les pays voisins, les grandes villes ont une équipe de haut niveau. Cela doit être pareil en Belgique. Anvers est une ville importante. Le Germinal Beerschot doit donc devenir un grand club. Pour y parvenir, il faut être en mesure de supporter la pression. C'est aussi simple que ça. Pression et statut vont de pair. N'oubliez pas qu'il s'agit d'une pression positive. L'année dernière au même moment, après la 13e journée, nous étions 17e et venions d'abandonner la lanterne rouge. Nous étions en proie à des sentiments bien différents ". J'ai eu la chance de vivre dans un grand club, l'Ajax, même si je n'ai jamais évolué en équipe fanion, et je sais ce qu'on ressent quand tout le monde s'attend à ce que vous gagniez tous vos matches. Ici, c'est nouveau. Nous devons apprendre à gérer cette situation. La personnalité du joueur est cruciale. Même dans un moins bon jour, il faut oser réclamer le ballon. Que je sois bon ou mauvais, je ne me dissimule pas. Je me démarque toujours. C'est une question d'audace, d'assurance. Il faut être sûr de soi et de ses qualités. Se laisser envahir par le doute conduit toujours à une impasse. Disons que le Germinal Beerschot effectue depuis quelques semaines l'apprentissage de cette pression. Il ne se déroule pas toujours mal. Un exemple : si vous trouvez que je ne dois pas mettre mes pieds sur la table, vous pouvez me dire que ça ne se fait pas et me coller une claque. J'aurai appris ma leçon. C'est aussi possible sans la gifle. J'apprends alors d'une manière positive. Nous devons tenter d'y arriver. J'espère que nous y parviendrons dans les plus brefs délais ". De nombreux observateurs sont convaincus que le match contre Charleroi se serait mieux déroulé si Cruz ne s'était pas blessé. " Je n'oserais le prétendre ", commente le médian. Le Colombien n'aime guère parler de son influence sur ses coéquipiers : " Je discute beaucoup avec eux, je fais de mon mieux sur le terrain et j'essaie d'être un repère mais je n'aime pas parler de moi. Je préférerais que vous posiez ces questions à mes coéquipiers. Contre Charleroi, nous avons trop voulu forcer les choses par le milieu. Nous aurions dû mieux exploiter les flancs, comme nous l'avons fait avec maestria contre Zulte Waregem ". Cruz comprend l'action d'une partie des supporters, qui a attendu à l'extérieur du stade pendant 13 minutes, 13 étant le matricule du Germinal Beerschot, afin de manifester son mécontentement quant aux prestations de l'équipe et à la gestion du club : " S'ils critiquent le club, c'est parce qu'ils l'aiment. Il faut cependant être conscient que quand Jos Verhaegen prend une décision, il a tenu compte de différents facteurs, des éléments que les gens ont oubliés ou dont ils n'ont tout simplement pas connaissance. Le président doit tout peser avant de s'engager : l'aspect sportif, financier, la personnalité de quelqu'un... Les décideurs s'exposent à la critique. C'est inévitable ". KRISTOF DE RYCK