Aujourd'hui, les spécialistes les plus fins du foot belge (joueurs, entraîneurs et même anciens lauréats du Soulier d'Or !) s'accordent à dire que leur référence belge en matière de prix de football va vers le referendum du Footballeur Pro, co-organisé par Sport/Foot Magazine et son confrère néerlandophone avec la Ligue Professionnelle de Football.
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Aujourd'hui, les spécialistes les plus fins du foot belge (joueurs, entraîneurs et même anciens lauréats du Soulier d'Or !) s'accordent à dire que leur référence belge en matière de prix de football va vers le referendum du Footballeur Pro, co-organisé par Sport/Foot Magazine et son confrère néerlandophone avec la Ligue Professionnelle de Football. Le Soulier d'Or (ou plutôt le Gouden Schoen puisqu'il est organisé par le quotidien Het Laatste Nieuws) est-il toujours une affaire qui roule ? Oui, si on se base sur son poids de tradition (plus d'un demi-siècle d'existence), sur l'audience de son gala qui passe à la TV flamande VTM (plus de 800.000 téléspectateurs et vivent, donc, les retombées publicitaires !) et sur la qualité des reportages qui agrémentent le show (notamment une visite inoubliable auprès de la famille Mbokani au Congo). Non, si on s'attarde sur l'emballage trop people du gala (notamment une séquence de photos déshabillées de femmes de joueurs qui a fait dire à une journaliste anglaise que Madame Bailly ressemblait à une actrice X ! Qu'on est loin du sport...), le fait qu'un match se soit déroulé au même moment (Cercle Bruges-Charleroi en Coupe de Belgique, c'est un cas unique !) et - surtout - le règlement dépassé. Premier défaut du règlement du Gouden Schoen : il n'accepte que les joueurs issus de notre D1 alors que le Footballeur Pro prend également en compte les Belges jouant à l'étranger. Or, il est totalement anormal d'exclure d'office de son prix les meilleurs joueurs de notre Royaume comme Marouane Fellaini ou Vincent Kompany ; cela pose des problèmes de crédibilité. Les organisateurs du Gouden Schoen connaissent le problème puisqu'ils ont créé un prix pour les meilleurs Belges actifs à l'étranger. Mais c'est évidemment un sparadrap sur une plaie béante... Deuxième défaut du règlement du Gouden Schoen : il prend en compte l'année civile (du 1er janvier au 31 décembre), tronçonnant donc forcément les chances d'énormément de joueurs ; celles des Belges partis hors frontières lors de l'exode estival et celles des joueurs belges et non-belges qui arrivent à ce moment. A l'inverse, le prix du Footballeur Pro est attribué en fin de championnat, en tenant compte d'une saison régulière, d'août à mai. Bien sûr, ce prix-ci doit subir le mercato hivernal, mais tout le monde sait bien qu'il s'agit en général d'un simple frémissement en regard du tremblement de terre de l'été. Outre les joueurs éligibles et la période de prise en compte, le Gouden Schoen souffre d'un troisième défaut : la nature de ses votants. Ils sont constitués, pour plus de 50 %, de journalistes plus des dirigeants, ex-joueurs, entraîneurs et arbitres, tous belges. Par contre, pour le Footballeur Pro, les votants sont en immense majorité les joueurs de D1 eux-mêmes. Il ne faut pas un long discours pour convaincre quiconque que seuls des joueurs peuvent juger sur pièce leurs collègues. Ils connaissent parfaitement le métier et, en plus, les affrontent sur le terrain. A l'inverse, on remarque de plus en plus de dérives " créationnistes " de la part des journalistes votant pour le Gouden Schoen... Il faut savoir que les journalistes suivent en général toujours les mêmes clubs et que cela les influence dans leurs choix, c'est humain. Ils suivent, bien sûr, l'actualité via tous les médias envisageables mais ont toujours tendance à faire figurer dans leurs votes (un bulletin de trois noms par tranche de six mois) des joueurs qu'ils connaissent bien. De là à ce que les journalistes votants surévaluent et/ou protègent, quitte à snober de vrais incontournables, il n'y a qu'un pas qui est très souvent franchi. Pour toutes ces raisons, on ressent une ambiance de fin de règne sur Goudenschoenland.. . Le problème, c'est que la formule du bon règlement est déjà prise : rendez-vous le soir du dimanche 17 mai pour connaître le successeur de Milan Jovanovic au prix de Footballeur Pro pour la saison 2008-2009. PAR JOHN BAETE