Il y a quatre ans, Hapoel Beër Sheva, un club qui a connu une brève période de succès dans les années 70, a échappé de peu à la relégation en D1 israélienne. La saison dernière, ce même club a surpris tout son monde en remportant le titre et il continue sur sa lancée : le club israélien a éliminé le grand Olympiacos du Pirée au troisième tour préliminaire de la LC et dans l'ultime tour, ce mercredi et le 23 août, le Celtic Glasgow ne représente pas un obstacle insurmontable.
...

Il y a quatre ans, Hapoel Beër Sheva, un club qui a connu une brève période de succès dans les années 70, a échappé de peu à la relégation en D1 israélienne. La saison dernière, ce même club a surpris tout son monde en remportant le titre et il continue sur sa lancée : le club israélien a éliminé le grand Olympiacos du Pirée au troisième tour préliminaire de la LC et dans l'ultime tour, ce mercredi et le 23 août, le Celtic Glasgow ne représente pas un obstacle insurmontable. Les Écossais nourrissent des doutes : le déplacement de ce soir est particulièrement difficile pour les troupes de Brendan Rodgers. Le Turner Stadium de Beër Sheva, qui se trouve dans le désert de Negev, à trente kilomètres de la bande de Gaza, est l'arène la plus au sud de l'Europe du football. En été, le mercure flirte allègrement avec les 40 degrés. Il peut même faire plus chaud, dans le second sens du terme, car l'ambiance tumultueuse des tribunes constitue un des principaux atouts d'Hapoel, qui peut accueillir 16.000 supporters. Sur le plan sportif, Hapoel s'appuie surtout sur son compartiment défensif. La saison dernière, il n'a encaissé que 23 buts en 36 matches de championnat et contre l'Olympiacos, il a préservé ses filets. Il forme un bloc soudé. Le compartiment offensif comporte quelques noms connus, comme Elyaniv Barda (34 ans), qui a porté le maillot du KRC Genk de 2007 à 2013. Barda est le capitaine et le préféré du public : il a grandi à Beër Sheva. La saison passée, il a trouvé le chemin des filets à quinze reprises. Il forme une ligne d'attaque redoutable avec un ancien talent de Chelsea, Ben Sahar, et Mohamed Ghadir (ex-Lokeren). Derrière eux, Maor Buzaglo, transféré du Standard en 2013. Mais l'étoile du club est ailleurs : c'est Alona Barkat, l'actionnaire principal et la CEO d'Hapoel, âgée de 46 ans. Elle est l'épouse du puissant homme d'affaires Eli Barkat et a acquis le club en 2007. Le scepticisme initial s'est mué en admiration. Alona Barkat n'a pas hésité à se retourner contre ses supporters, durant ses premières saisons, condamnant fermement leur agressivité à l'égard de l'entraîneur d'alors, Guy Azouri. Dans des interviews, elle a aussi plaidé à maintes reprises pour une société plus tolérante dans son pays. " Le football permet d'opérer des changements sociétaux et de transmettre certaines valeurs ", a-t-elle coutume de dire. " Il n'y a pas de place pour le racisme ni l'intolérance en football. Mon équipe aligne des Arabes, des Juifs et des chrétiens. L'ethnie et la religion des joueurs ne comptent pas, seulement les paramètres sportifs. " Elle a mis en place des programmes d'intégration pour les Bédouins et les immigrés éthiopiens. Une politique audacieuse dans le milieu (footballistique) israélien, très fermé. Va-t-elle également créer la surprise en Ligue des Champions ? PAR MATTHIAS STOCKMANS