Notre maison

" Avant, je ne pouvais mettre la musique à fond que quand mon père était au travail. Quand il était à la maison, nous devions faire silence. Il était flic, vous comprenez ? (il rit). Il fallait obéir à ses ordres. Mais vous connaissez les footballeurs : ils veulent parfois danser ou sortir avec les amis. Quand j'ai eu 19 ans et que je j'ai commencé à gagner un peu d'argent grâce au foot, j'ai décidé de vivre seul. Ma maison était à Dar Es Salaam, à dix petites minutes en voiture de celle de mon père. Mais elle était bien plus petite que la sienne, qui avait six chambres : une pour chaque enfant. Une habitation aussi grande, c'est rare à Dar Es Salaam. Quand j'étais petit, on nous considérait comme une famille riche. Pourtant, à l'i...

" Avant, je ne pouvais mettre la musique à fond que quand mon père était au travail. Quand il était à la maison, nous devions faire silence. Il était flic, vous comprenez ? (il rit). Il fallait obéir à ses ordres. Mais vous connaissez les footballeurs : ils veulent parfois danser ou sortir avec les amis. Quand j'ai eu 19 ans et que je j'ai commencé à gagner un peu d'argent grâce au foot, j'ai décidé de vivre seul. Ma maison était à Dar Es Salaam, à dix petites minutes en voiture de celle de mon père. Mais elle était bien plus petite que la sienne, qui avait six chambres : une pour chaque enfant. Une habitation aussi grande, c'est rare à Dar Es Salaam. Quand j'étais petit, on nous considérait comme une famille riche. Pourtant, à l'intérieur, c'était loin d'être luxueux et nous n'achetions rien de cher. Je ne sais toujours pas comment mon père a fait pour construire une telle maison. Je pense tout simplement qu'il était très intelligent (il sourit). Je suis très fier de lui et de cette maison. Quand j'ai un problème, je peux toujours y retourner, j'y ai toujours ma chambre. Mais je suis aussi en train de faire construire la maison de mes rêves. Maintenant que je joue en Europe, je crois que j'ai vraiment besoin d'une grande maison pour être fier de moi. C'est à Kigamboni, à la périphérie de Dar Es Salaam. Je n'aime pas les villes agitées mais il y a des projets d'agrandissement de Kigamboni et il est donc possible que ça devienne bruyant aussi. C'est déjà ce qui s'est passé avec la maison de mon père. Au début, elle était aussi dans un quartier vert à la périphérie de Dar Es Salaam mais la ville a tellement grandi qu'aujourd'hui, mon père habite en ville. " " Si je devais être votre guide en Tanzanie, je vous emmènerais d'abord à l'océan Indien, sur l'île de Zanzibar. Il y a même un hôtel où vous pouvez dormir sous l'océan et voir les poissons sans quitter votre lit. Avant, il y avait Zanzibar et la nation voisine, le Tanganyika. En 1964, elles ont été associées pour former la Tanzanie. Le zan de Tanzanie fait référence à Zanzibar. Aujourd'hui, Zanzibar a toujours son président, qui est aussi le vice-président de Tanzanie. Outre Zanzibar, il faut aussi voir les nombreuses réserves d'animaux sauvages de Tanzanie. Les plus connues sont le Ngorongoro et le Mikumi National Park. Vous pouvez y voir ce que vous voulez : des lions, des girafes, des éléphants. Ils s'approchent à une dizaine de mètres de votre voiture. A 20 ans, c'est dans une telle réserve que j'ai vu pour la première fois un lion en vrai. C'était vraiment impressionnant. Je n'imaginais pas que c'était si grand. Avant, quand j'en voyais à la télévision, je pensais qu'ils avaient la taille d'un chien. Un des autres atouts de la Tanzanie, c'est le Kilimanjaro mais je n'y suis jamais allé. Ce sera pour cet été. " " Il y a peu, les Nations unies ont sorti leur World Happiness Report, un classement des pays les plus heureux du monde. La Tanzanie s'y classe, 153e et antépénultième. Je n'aime pas en parler mais selon moi, ce sont les politiciens qui compliquent les choses. Ils font beaucoup de blabla et les gens n'aiment pas cela, ils veulent qu'on les laisse vivre en paix. Il y a de nombreux partis politiques en Tanzanie et ils s'attaquent mutuellement pour essayer de gagner des voix. Le peuple tanzanien n'y comprend plus rien et est divisé, chacun a sa façon de penser quant aux événements. Et puis, comme partout en Afrique, il y a la situation financière du pays : 30 % de la population a de l'argent et le reste doit se battre pour trouver à manger. Les riches ne veulent pas que les autres vivent une vie normale. Les Africains partagent leur sourire, pas leur argent. " KRISTOF DE RYCK