Remarque préliminaire : en droit, une personne inculpée est toujours présumée innocente.
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Remarque préliminaire : en droit, une personne inculpée est toujours présumée innocente. P ietro Allatta n'avait pas menti. Il y a quelques mois, juste après avoir été inculpé, il avait dit à L'Equipe Magazine qu'il était fini comme agent de joueurs et qu'il allait se relancer dans le cinéma. Quand le journaliste français lui avait demandé s'il ne manquait pas de planches, Allatta avait pouffé de rire : " Je peux devenir acteur quand je veux ". Il avait raison. La semaine dernière, il a refait une apparition de star dans les médias belges. En deux temps : d'abord un article choc dans l'hebdo flamand Humo et puis lors d'une conférence de presse pour tout expliquer à ceux qui n'auraient pas compris. Cela ressemble furieusement à une campagne de promo pour un film. Mais le scénario a déplu à Anderlecht. Allatta attaque les champions de Belgique en disant qu'ils ont bidouillé sur le transfert de son client, Silvio Proto. Et comme il n'y a vraiment plus aucune affinité, il charge aussi le club sur le chapitre de matches et d'arbitres achetés. Le journal Le Soir, qui est allé à la conférence de presse, l'a fort bien expliqué à ses lecteurs. Une page sur Allatta dans Le Soir ! Le bonhomme a marqué des points. Le foot est le 8e Art, pas la BD. Mais Anderlecht ne rigole pas et attaque son nouvel ennemi préféré en justice (voir Actu). Seulement, et bravo au Soir qui l'a révélé, quand la juge d'instruction avait inculpé l'ex-agent de Proto, c'était dans le cadre du transfert du gardien entre La Louvière et les Mauves. On savait qu'il l'était pour des menaces à l'égard d'un collègue agent et des suspicions de fraudes dans ses rapports avec La Louvière, mais pas que ces dernières se retrouvaient dans le cadre du transfert du gardien. Difficile, dans ce cas, de prendre toutes les déclarations d'Allatta par-dessus la jambe. Le bonhomme a été vexé d'avoir été expulsé du stade Constant Vanden Stock après avoir servi au transfert et se venge. Froidement et en faisant tout un plat... G ilbert Bodart a aussi rebondi dans l'actualité mais de manière plus sportive. Lui aussi a été inculpé par la juge d'instruction mais dans le cadre de matches truqués par les Loups dont il était le coach. Il a retrouvé le banc des... entraîneurs. A Wevelgem City, en Promotion, et ça rigole pour lui. Tant mieux, car Gil a une large carrure de coach. Comment, autrement, aurait-il pu (comme il le dit lui-même) être obligé d'arranger des matches et d'en gagner suffisamment pour ne pas mettre l'équipe en danger au classement... Du grand art, en quelque sorte, mais pratiqué dans la peur et sous les menaces. Bodart ne nous dit pas tout directement (v. p. 80), mais on apprend énormément entre les lignes. Dusan Belic, l'ex-gardien de Saint-Trond, a accordé une interview à un de nos collègues : un Belge qui travaille au Québec (v. p. 74). Belic joue au Canada dans une équipe de quatrième niveau. On se souvient que le Serbe avait mis fin à son contrat de commun accord avec le club limbourgeois pour raisons médicales. Ça c'était pour les apparences. En réalité, Saint-Trond ne voulait plus de lui parce qu'il lui reprochait ses prestations. On était en plein début de l'affaire Ye.. . Aujourd'hui, Belic est fit and well et joue pour un peu d'argent et beaucoup pour le plaisir. Il se relance, quoi, comme Bodart. La seule différence, c'est que son nom n'a pas été cité parmi les inculpés déjà connus. Mais la ministre de la Justice Laurette Onckelinx vient d'annoncer qu'il y avait déjà 16 inculpés par sa juge d'instruction dans les affaires touchant le foot belge. Tout est donc possible. par john baete