Aujourd'hui prendra fin pour lui ce que certains croient être sept mois de galère. A 28 ans, Ali Lukunku devrait réapparaître sur la feuille de match lors des huitièmes de finale de la Coupe de Belgique entre Gand et Mouscron, après une suspension de sept mois pour absorption d'amphétamines. Mais pour lui, qui nie toujours avoir pris sciemment ces substances, ce ne sont pas seulement la fin de sept mois de galère. Car le terrain, cela fait longtemps que l'ancien attaquant des Rouches ne l'a plus vraiment foulé. Son contrôle antidopage, il l'a subi dans un match de CFA française (l'équivalent des Réserves) entre Lille et Pacy. Après six mois enchanteurs à Galatasaray, sous le chaud soleil d'Istanbul, Lukunku avait dû s'effacer devant le dieu vivant du club, Hakan Sukur. Et alors qu'il pensait rebondir à Lille où il avait été prêté par les Turcs, il n'entra jamais dans les plans de l'entraîneur Claude Puel. Au point d'aboutir dans les matches de CFA où " il nous arrivait de jouer devant cinq personnes ".
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Aujourd'hui prendra fin pour lui ce que certains croient être sept mois de galère. A 28 ans, Ali Lukunku devrait réapparaître sur la feuille de match lors des huitièmes de finale de la Coupe de Belgique entre Gand et Mouscron, après une suspension de sept mois pour absorption d'amphétamines. Mais pour lui, qui nie toujours avoir pris sciemment ces substances, ce ne sont pas seulement la fin de sept mois de galère. Car le terrain, cela fait longtemps que l'ancien attaquant des Rouches ne l'a plus vraiment foulé. Son contrôle antidopage, il l'a subi dans un match de CFA française (l'équivalent des Réserves) entre Lille et Pacy. Après six mois enchanteurs à Galatasaray, sous le chaud soleil d'Istanbul, Lukunku avait dû s'effacer devant le dieu vivant du club, Hakan Sukur. Et alors qu'il pensait rebondir à Lille où il avait été prêté par les Turcs, il n'entra jamais dans les plans de l'entraîneur Claude Puel. Au point d'aboutir dans les matches de CFA où " il nous arrivait de jouer devant cinq personnes ". La spirale négative n'a fait que s'aggraver fin de la saison passée avec à la clé un contrôle antidopage positif et une séparation amoureuse le laissant trop loin à son goût de sa fille d'un an et demi. Dans les deux cas, un sentiment de ne pas avoir pu se défendre. Pourtant, aujourd'hui, il retrouve les spots de la compétition avec une formation gantoise qui se veut de plus en plus consistante. Tout débute le 27 mars lorsque l'attaquant français est contrôlé par la fédération française de football dans un match de Réserves. Parti en vacances dans le sud de la France et n'habitant plus dans l'appartement mis à sa disposition par le club lillois, le joueur ne recevra pas les recommandés faisant état du résultat positif et de la suspension d'un an édictée le 18 juin par la FFF. Pire, jamais les Nordistes, pourtant au courant de l'affaire, ne chercheront à le prévenir. Ce n'est qu'après avoir signé un contrat avec Gand que la FIFA prévient les Buffalos le 5 août. " Le plus dur fut de se dire que je ne pouvais pas me défendre ", explique le joueur. Car n'ayant pas réagi en temps et en heure (puisqu'il n'était pas prévenu), Lukunku a laissé passer le délai imparti pour faire appel. " Dans un premier temps, quand j'ai appris la nouvelle, j'ai été surpris. J'ai même pensé à une caméra cachée car je sais que l'entraîneur Georges Leekens est un blagueur. Mais j'ai vite compris lorsqu'il m'a montré les papiers que cela n'en était pas une ". Ensuite, pendant tout un temps, il cherchera à savoir d'où vient le problème, clamant haut et fort son innocence pas toujours adroitement. Mais comment défendre l'indéfendable ? " Jamais de la vie, je n'aurais pensé à une chose comme cela. Et en plus, cela n'a aucun sens de prendre de tels produits pour un match qui n'en est même pas un. Pour un match de Coupe d'Europe, on peut y penser. Et encore. Mais pour un match de CFA... Je ne suis pas un drogué. Je ne suis pas quelqu'un qui prend régulièrement des choses. Mis à part des pilules pour maigrir. D'accord, c'est négatif mais des amphétamines, ce n'est pas non plus des anabolisants ou de la cocaïne. On s'en sert pour perdre du poids ou pour rester éveillé. Je n'en vois pas l'utilité pour un sportif. (sic). Avec le recul, j'ai pensé à beaucoup de choses. On vit avec des gens dans son entourage dont il faut se méfier. On en vient à remettre en question toute une série de choses et de personnes. Je me dis même que quelqu'un l'aurait volontairement fait pour me nuire mais pour cette personne, il faut être sûr que je sois contrôlé ce jour-là. Il y a peut-être eu également une erreur le jour du contrôle. J'ai même pensé aux pilules amincissantes. Ce n'était pas cela... ". S'en suit alors une série de questionnements sur son parcours. " A Lille, j'avais bien vu que je ne cadrais plus avec les attentes de l'entraîneur. Le club avait mal débuté la saison et il fallait réagir. Puel disposait de peu de marge de man£uvre. S'il perdait, il pouvait être licencié. Il a essayé une solution avec un seul attaquant qui a tout de suite bien marché. Depuis lors, il joue toujours avec un seul avant. Moi, je restais sur une période de six mois durant laquelle j'avais très peu joué avec Galatasaray. Je n'étais pas prêt physiquement. Il faut être rapide comme peuvent l'être Matt Moussilou ou Peter Odemwingie qui sont vifs. Moi, je joue plus sur la puissance. Puel aurait bien voulu m'essayer dans un autre système mais il n'en a pas eu l'occasion puisque dans la situation du club, il ne pouvait pas se permettre d'essayer de nouvelles choses ". Son expérience lilloise tourne donc au vinaigre. Il décide de se braquer vers ce pays où il a si bien marché : la Belgique. " Je voulais me rapprocher de ma fille que je ne voyais plus depuis un certain temps. J'ai alors prévenu Galatasaray que je désirais retourner plus près des miens. J'ai discuté avec Georges Leekens. Les médecins de Gand et de Lille se sont échangés des informations et les Nordistes ont affirmé que j'étais en pleine forme ". La solution de repli devient alors un véritable enfer. " Normalement, Lille aurait dû prévenir Galatasaray et Gand. J'aurais au moins pu me défendre correctement. Mais de cette épreuve négative, j'ai retiré énormément de choses ". Pendant plusieurs mois, Ali Lukunku aura du mal à se relever. " Il ne fallait plus me parler de football. Je n'allais pas voir les matches de Gand même si je continuais à me réjouir de leurs résultats. Lorsque l'équipe rata son début de championnat, je me sentis un peu responsable mais les résultats ont fini par suivre. Et puis, j'ai recommencé à penser au football. J'allais courir avec Daniel Kimoni et en octobre, je me suis dit que je devais de nouveau avancer. J'ai donc repris l'entraînement avec Gand ". Heureux et content de reprendre le chemin des stades, il est conscient pourtant qu'il manque encore de repères. " Je sais que dès à présent je rentre dans le vif du sujet mais ce sera à l'entraîneur de trancher quant à mon utilité immédiate ou pas. Pourtant, s'il me demande mon avis, je lui dirai qu'il ne faut pas faire n'importe quoi. Je manque encore de rythme. Cependant, je ne connaîtrai mon niveau que dans un match. Car à l'entraînement, je ne suis pas un crack. On joue sur des petits espaces et ce n'est pas vraiment mon truc. Par contre, j'aime avaler les grands espaces et faire sans cesse des appels vers l'avant comme on peut le faire en match. Je suis puissant. Donc je vais partir de plus loin. Je m'entraîne en faisant ce mouvement le mieux que je peux. Mais je me sens beaucoup plus à l'aise le jour du match ". A Gand, il découvrira son deuxième club belge après un premier passage remarqué au Standard. " Cela m'aurait plu de revenir à Liège car je savais que j'allais être dans mon environnement mais cela n'a pas été possible pour des raisons financières. On n'a pas pu vraiment discuter. Ils m'ont dit û C'est ça et rien d'autre ". De plus, Lukunku était parti en claquant quelque peu la porte. Ce qui n'a certainement pas arrangé les retrouvailles. " On oublie que pendant deux ans, je n'ai rien dit alors que je ne jouais pas à ma place. On n'a pas voulu m'écouter à ce moment-là. Puis, j'ai joué devant et il n'y a plus eu de problèmes car cela marchait bien. La dernière année, ce fut vraiment n'importe quoi. Et quand je dénonçais les choses, ce n'était pas pour casser le Standard mais juste pour dire que je n'étais pas d'accord. Et à partir de là, ils ont commencé à raconter qu'ils regrettaient de m'avoir fait re-signer. Or sur le plan sportif, tout allait bien. On était revenu à la hauteur de Bruges à la première place. Et je pense que j'avais mon rôle dans ce parcours. On me reprochait mon inconstance, mais on le sait. On devait alors se dire :- C'est un garçon qui joue huit matches et puis on le fait reposer. C'est à l'entraîneur et au staff de le voir. A l'époque, cela n'était pas concevable car l'équipe tournait bien avec moi. Pourtant, j'étais resté à Sclessin alors que je pouvais et je voulais aller à Anderlecht mais Michel Preud'homme qui venait d'arriver a su trouver les mots justes pour que je reste. Par après, il a changé complètement. Et j'ai été encore plus déçu que je ne fus content de l'avoir rencontré. C'est à ce moment-là que les conflits ont commencé. Il y avait trop de tension entre les joueurs et lui. Tantôt, il penchait du côté des joueurs, tantôt de celui de la direction. Jusqu'au moment où il a choisi la direction. Avec le recul, je vois que ce n'est pas évident de gérer un groupe ". Et Gand dans tout cela ? " C'est un club calme sans pression. Même quand on s'est retrouvé troisième, on n'a pas senti de pression. Tout le groupe demeure sur le même pied d'égalité. Pourtant, on peut relever certaines individualités. Le petit Mbark Boussoufa sait faire des trucs impressionnants avec le ballon. Un jour, à l'entraînement, il m'a donné un ballon parfait que je me suis empressé de gaspiller tant j'étais étonné qu'il me soit parvenu. Et puis, on peut aussi compter sur des joueurs comme Steve Cooreman ou Davy De Beule ". Et avec les derniers renforts û trois défenseurs ( Yngvar Hakonsen, Damir Mirvic et Dario Smoje) et un attaquant ( Mamadou Diop), Gand devrait offrir un visage souriant. De quoi faire oublier à Ali Lukunku ses malheurs passés et ses nombreux trajets. " J'habite toujours à Liège pour demeurer plus près de ma fille. Les trajets ne me pèsent pas trop car j'ai opté pour le train. Les gens sont surpris de m'y voir mais c'est plus pratique. Il n'y a qu'1 h 40 de trajet. Je dois certes me lever à 7 h pour rallier l'entraînement mais il suffit d'aller se coucher tôt. Au début de ma suspension, j'avais énormément de mal à trouver le sommeil mais ce n'est plus le cas ". Stéphane Vande Velde" Quand Leekens m'a annoncé mon contrôle, J'AI CRU à UNE CAMéRA CACHéE "