1 Ceux qui t'ont autrefois surnommé " le petit Scifo ", ils t'ont surtout boosté ou bloqué ?

C'est le genre de comparaison qui peut faire perdre la tête, mais moi, j'ai très bien vécu les choses. J'étais simplement flatté. On a tous les deux été formés à La Louvière, on a du sang italien et belge, c'est pour ça qu'on m'a comparé à lui. Mon père m'en parlait souvent, les familles se connaissent, j'ai des oncles qui ont joué dans la rue avec lui.
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C'est le genre de comparaison qui peut faire perdre la tête, mais moi, j'ai très bien vécu les choses. J'étais simplement flatté. On a tous les deux été formés à La Louvière, on a du sang italien et belge, c'est pour ça qu'on m'a comparé à lui. Mon père m'en parlait souvent, les familles se connaissent, j'ai des oncles qui ont joué dans la rue avec lui. Je te confirme que je ne critique pas facilement les gens. Mais je n'ai pas été agressif dans mes commentaires par rapport à Jankovic. J'ai simplement dit qu'il n'y avait plus un bon feeling entre lui et moi. En début de saison, ça se passait bien. Puis, il ne m'a plus mis en confiance et on se parlait de moins en moins. Et à partir du moment où ton coach ne t'adresse plus la parole, il y a un souci. J'ai quand même assez d'expérience pour savoir que dans ces conditions-là, il n'y a plus qu'une chose à faire : chercher un autre club. On ne peut pas s'entendre avec tout le monde, c'est comme ça. Mais Jankovic a aussi beaucoup de qualités. J'insiste là-dessus. Sur la tête de mes parents, je ne l'ai pas créée moi-même ! C'était une initiative de quelques supporters. Directement, ils m'ont adopté. J'ai eu un bon rapport avec le public de tous les clubs où j'ai joué, mais avec les gens de Malines, c'était encore plus particulier. Ils me considéraient comme un Malinois, ils me comparaient à Björn Vleminckx au niveau de la hargne. Et ils me disaient qu'ils voulaient me garder longtemps. J'ai appris cette pétition quand je n'avais pas encore signé à Zulte Waregem mais ça ne pouvait de toute façon plus m'influencer. En plus de ma relation compliquée avec l'entraîneur, il y avait l'attitude de la direction de Malines : elle avait donné à Waregem l'autorisation de prendre contact, j'en ai conclu qu'on ne me prolongerait pas, qu'on voulait me vendre. Et je ne suis pas un simple coup de tête de Francky Dury. Au moment où j'avais quitté Mons pour Charleroi il y a cinq ans, il me voulait déjà. Des vraies infos et une vraie surprise pour moi parce que je ne pensais vraiment pas que des clubs bulgares et marocains pouvaient me connaître ! Il n'y a pas eu d'offres concrètes, simplement des agents qui ont pris des renseignements. Mais ce n'étaient de toute façon pas des options pour moi. Ça me plairait de jouer un jour à l'étranger, mais pas en Bulgarie ou au Maroc. Pas mal de clubs le font et c'est une très bonne chose. Si on habite à 100 km, on n'a pas les mêmes jambes en montant sur le terrain pour l'entraînement, et on n'est pas nécessairement lucide quand on reprend la route après un match. L'accident de Malanda, c'est un vrai traumatisme ici. Francky Dury nous a annoncé son décès tout à la fin de notre stage en Espagne. Tout s'était bien passé, on avait bien travaillé, on était à table, il s'est subitement levé et nous a dit que Malanda s'était tué. Il y a eu des larmes. Alessandro Cordaro (28 ans), formé à La Louvière, vient de signer à Zulte Waregem après avoir déjà joué en D1 pour Mons, Charleroi et Malines.PAR PIERRE DANVOYEAlessandro Cordaro On était à table en Espagne, la fin d'un super stage, Dury s'est levé et nous a dit que Malanda était mort. Il y a eu des larmes. "