Marco Casto, Thaddée Gorniak, Liviu Ciobotariu, Mustapha Douai, Daré Nibombe : on ne compte pas, à Mons, les défenseurs potentiellement titulaires pour lesquels cette saison est pourrie. Tous ceux-là ont été emportés, ou presque, par le torrent qui a déferlé sur le Tondreau durant le mercato. Aujourd'hui, les certitudes sont Muhamet Yoldas, Alberto Malusci, Roberto Mirri, mais aussi Chemcedine El Araichi (22 ans). Une surprise de voir le Chem jouir des faveurs de Sergio Brio. Il est maintenant l'unique rescapé régulier de l'équipe montée de D2 ! Nous lui avons composé un alphabet montois qu'il commente à sa façon.
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Marco Casto, Thaddée Gorniak, Liviu Ciobotariu, Mustapha Douai, Daré Nibombe : on ne compte pas, à Mons, les défenseurs potentiellement titulaires pour lesquels cette saison est pourrie. Tous ceux-là ont été emportés, ou presque, par le torrent qui a déferlé sur le Tondreau durant le mercato. Aujourd'hui, les certitudes sont Muhamet Yoldas, Alberto Malusci, Roberto Mirri, mais aussi Chemcedine El Araichi (22 ans). Une surprise de voir le Chem jouir des faveurs de Sergio Brio. Il est maintenant l'unique rescapé régulier de l'équipe montée de D2 ! Nous lui avons composé un alphabet montois qu'il commente à sa façon. Chemcedine El Araichi : " On a essayé de déstabiliser le club en faisant passer notre complexe d'entraînement pour une prison. Ça n'a rien à voir. Ce n'est pas à moi à dire s'il était indispensable de remettre de la discipline dans ce groupe. Je constate simplement deux choses : chaque entraîneur a des méthodes qui lui sont propres et les résultats parlent d'eux-mêmes, ils prouvent que l'approche de Sergio Brio était la bonne. Qu'on se souvienne de notre classement quand il est arrivé. Aujourd'hui, nous sommes pour ainsi dire sauvés. Point à la ligne ". " J'y ai vécu jusqu'à l'âge de 20 ans, avant de m'installer dans le centre de Mons. Tous mes potes sont là-bas et je n'oublie rien de mes racines. Je retiens que c'est l'une des régions les plus défavorisées de Belgique et que le taux de méchanceté y est plus élevé que partout ailleurs. J'ai su choisir mes fréquentations et ne pas tomber dans les multiples pièges qui s'ouvraient devant les jeunes de mon âge. La drogue notamment ". " Le catenaccio est le système d'équipes qui ne cherchent pas à jouer au football, dont les joueurs se massent derrière le ballon et se contentent de tout dégager loin devant, sans se créer de vraies opportunités de but. Rien de tout cela chez nous. D'accord, notre défense est terriblement organisée. C'est sur cette ligne que repose l'équilibre de l'ensemble de l'équipe. Mais, des occasions, nous en avons lors de chaque match. Plutôt que de parler de catenaccio, les gens feraient mieux d'observer que, tactiquement, Mons est vraiment au top. Chacun connaît parfaitement ses tâches ". " Je n'y ai jamais pensé car je savais qu'il y avait largement assez de qualités dans le noyau. Même avant le mercato. Aujourd'hui, nous sommes dans le peloton de tête des équipes qui ont pris le plus de points depuis janvier. C'est révélateur. Mons vaut, selon moi, la neuvième ou la dixième place du classement. Nous avons posé de gros problèmes au Standard et à Genk. Malheureusement, nous pouvons aussi souffrir le martyre contre Heusden-Zolder. C'est pour cela que je ne nous situe quand même pas, qualitativement, dans le Top 5 ". " Je n'en compte qu'une en près de deux saisons en D1. Et je n'en garde pas un souvenir effroyable parce qu'elle n'a pas prêté à conséquences. C'était au début de ce championnat, tout en fin de match contre Lokeren. Un tacle par l'arrière sur Runar Kristinsson m'a valu ma deuxième carte jaune. Il a bien esquivé et je ne l'ai pas touché, mais il était quand même logique que l'arbitre me renvoie au vestiaire. Le score n'a plus évolué après mon exclusion et on ne me l'a pas reprochée ". " Quoi qu'on en dise, c'est toujours la première langue du noyau ! Aujourd'hui, Sergio Brio arrive à se faire comprendre sans problèmes en français. Et les nouveaux arrivés sont très curieux. Ils demandent sans arrêt : -Ça veut dire quoi ? Plus personne n'ignore les mots-clés du foot, et il n'y en a pas 200. C'est très important de dialoguer sur le terrain, surtout en défense, et je n'ai aucun problème avec Mirri et Malusci ". " Il m'a donné ma chance lors du troisième match du tour final, puis m'a maintenu sa confiance pour les débuts de Mons en D1. J'avais une relation très normale avec lui : pas de proximité, mais pas de tension non plus. Je l'ai toujours trouvé très logique dans sa politique de sélection : il me faisait jouer quand j'étais le meilleur à mon poste et me remettait sur le banc quand il avait un joueur plus performant à sa disposition ". " Oui, nous nous sommes parfois sentis honteux sur le terrain, cette saison. Quand nous prenions des buts vidéo-gag, nous ne savions plus où nous mettre. Ce fut parfois le cauchemar ". " Je suis pratiquant, mais pas à fond. Je ne mange pas de porc, je fais le ramadan, mais pas les prières. C'est difficile pour un footballeur professionnel. Je les ferai plus tard, mais j'aurai un fameux retard à récupérer (il rit) ". " C'est notre Français à nous... Un chouette type. Un très bon ami, en plus. Il a une mentalité exemplaire, il est toujours prêt à rendre service à n'importe qui. Malheureusement, ça ne suffit pas pour le ramener dans l'équipe. Le coach fait ses choix, nous n'avons pas à les discuter. Ne me demandez pas si je comprends ou non sa situation actuelle : je ne dois même pas me poser toutes ces questions ". " Plus d'une fois, nous nous sommes dit, avant de monter sur le terrain : -Allez les gars, on pense à ces gens qui ont fait plus de 100 bornes pour venir nous encourager sous la drache et dans le froid ; on se bat pour eux. Chapeau pour le courage de ces supporters purs et durs. Si nous sommes finalement remontés dans le classement, c'est aussi grâce à eux ". " Les leçons qu'il faudra tirer de cette saison délicate ? Ne pas se reposer sur ses acquis. En début de championnat, nous nous sommes sûrement laissé emporter par l'impression qu'il ne pourrait plus rien nous arriver de fâcheux. Nous étions trop sûrs de nous. Une erreur à ne pas répéter en début de saison prochaine ". " A partir du moment où les résultats ne suivaient pas et que le maintien était une absolue nécessité, je trouvais normal que la direction renforce le noyau. Il n'y a pas qu'à Mons qu'on a transféré massivement. Et chez nous, au moins, ça marche. Tout le monde en est conscient dans le groupe. Je n'ai qu'une chose à dire quand je vois tous les grands noms qui ont débarqué chez nous en cours de championnat : -Chapeau Monsieur le président ". " C'est toujours moche de voir un ami partir dans le noyau B. Chaque fois, c'est comme un coup de massue pour ceux qui restent aussi. Mais bon, notre métier est de jouer, pas de juger les décisions du staff. Ces renvois ponctuels dans le noyau B ont aussi le mérite de maintenir en éveil la conscience et la motivation de tous les autres joueurs ". " Je suis né en Belgique. Mes parents ont débarqué ici à l'âge de 18 ans, pour le boulot. Mon père a travaillé dans le secteur du charbon avant de faire d'autres choses. Heureusement pour lui, il n'a quand même jamais dû descendre dans la mine. J'ai la double nationalité belgo-marocaine mais, au niveau du foot, j'ai opté pour le pays de mes parents. J'ai reçu ma toute première convocation cette saison, en équipe olympique : un honneur immense. Nous sommes en tête de notre groupe éliminatoire et donc dans la course pour les Jeux d'Athènes ". " C'est l'entraîneur qui m'a intégré au noyau de Première. Il m'avait repéré en Juniors UEFA. Avec lui, j'ai joué en D3 et en D2. De son époque, il ne reste aujourd'hui plus que Thaddée Gorniak, Olivier Berquemanne, Mustapha Douai et moi ". " Mon tout premier club, où j'ai chaussé mes premières godasses à l'âge de 6 ans. A l'époque, il y avait deux équipes à Quaregnon : l'Etoile Rouge (où je me suis affilié) et le Borina. Je n'étais pas un des plus forts mais un des plus sérieux, ce qui m'a permis de venir à Mons à 14 ans ". " Nous savions que, si nous expédiions dix bons centres sur sa tête, il en mettrait neuf au fond. On le répète depuis le début de cette saison, mais son départ nous a causé un tort énorme. Son transfert à Genk, il l'a mille fois mérité ". " Je suis aujourd'hui le seul survivant de l'équipe de D2. Il y en avait encore quelques-uns au premier tour, mais la donne a changé avec tous les transferts. Je ne veux même pas penser à ce privilège : en football, il faut savoir mettre ses sentiments de côté pour mieux prouver au coach qu'il a raison de vous faire confiance ". " C'était du 4-5-1 la saison dernière, du 3-5-2 aux débuts de Brio, du 4-4-2 aujourd'hui. Pour moi, c'est du pareil au même. Dès que l'entraîneur vous explique bien ce qu'il attend de vous, le football n'a plus rien de chinois ". " Nous ne pouvions pas nous permettre d'apparaître usés physiquement ou psychologiquement. La situation était trop grave : il fallait garder un tempérament de guerrier au lieu de penser à se plaindre. Nous l'avons fait sur le terrain, avec une idée bien précise en tête : montrer aux observateurs trop critiques qu'ils avaient tort de nous enfoncer et de ne plus croire en nous ". " Je ne connaissais pas bien Jean-Claude Verbist. Nous avions simplement une relation joueur-directeur sportif. Les seules fois où je l'ai rencontré, c'était pour discuter de mon contrat ". " Ah, Wambi... Très gentil, très généreux. Vraiment quelqu'un de bien. La toute grande classe sur le terrain et en dehors. Rien d'autre à dire ". " Qui aurait pu être oublié dans cet alphabet ? Olivier Suray ! Je le mets sur le même pied que Wamberto : c'est la toute grande classe. Un capitaine exemplaire. Ce n'est pas un hasard s'il a joué à Charleroi quand ce club était dans le Top 5, à Anderlecht et au Standard ". " Momo, c'est mon ami... En plus, il est musulman comme moi ! Et nous jouons au même poste, avec les mêmes responsabilités : lui à droite, moi à gauche. Autre point commun avec moi : il est devenu titulaire alors que personne ne s'y attendait. C'est beaucoup plus facile de casser un jeune qu'un joueur chevronné, et Yoldas n'est pas tombé dans ce piège : il n'a pas laissé à ses détracteurs l'occasion de le descendre ". " Zéro but en D1 ? Je n'en fais pas une maladie. Je sais que ça finira bien par venir un jour ou l'autre. J'ai seulement marqué une fois contre Denderhouten, en Coupe, mais c'est un très mauvais souvenir pour Mons. J'ai plus de plaisir à faire partie d'une défense qui ne prend pas de goal qu'à marquer moi-même ". Pierre Danvoye" WAMBERTO-SURAY : la toute GRANDE CLASSE "