Mons : un petit club sympa, familial, aux résultats plutôt intéressants. C'était il y a un an, un siècle, une éternité. Aujourd'hui, Mons est un petit club tout court. Une pétaudière aussi. Et les joueurs vont même plus loin et parlent de prison ! Ils ont trouvé un surnom à leur complexe d'entraînement : Alcatraz. Ce clin d'£il vaut tous les discours...

Comment l'Albert a-t-il pu changer à ce point, en quelques mois ? Le président Dominique Leone, un homme sympathique et attachant dont on ne pourra jamais remettre en cause l'apport dans l'ascension de son club, est en train de perdre les pédales. C'est clair et net. Ira-t-il jusqu'au bout de sa logique ? C'est le plus grand danger qui guette l'Albert. S'il s'obstine à vouloir enlever toute personnalité à ses joueurs, à les confronter chaque jour à l'un ou l'autre footballeur en test (qui dit tests massifs, dit automatiquement écrémage du noyau dans les semaines à venir et donc perte de confiance), à maintenir sa confiance à un Sergio Brio que le groupe aurait déjà commencé à saboter, à mal s'entourer, Mons ira droit dans le mur et retrouvera la D2 dès la fin de cette saison. Par contre, s'il comprend qu'il fait fausse route, tout restera possible au cours du deuxième tour.

" Bouglione et Compagnie "

Pour connaître la réalité quotidienne de Mons, il faut passer par des témoignages anonymes. C'est moins personnel... mais c'est costaud.

La multiplication des tests dérange sérieusement les joueurs en place. Certains se savent menacés depuis pas mal de temps. En tout début de saison, un vent favorable leur a rapporté l'existence d'une liste noire sur laquelle figureraient des joueurs condamnés à quitter le club durant l'hiver. Parce qu'on les estime trop chers et/ou pas assez bons. Parmi les Montois visés : Claude-Arnaud Rivenet (la suite des événements a confirmé le sort qu'on lui réservait), Eric Joly, Liviu Ciobotariu et Marco Casto notamment. Mais qui les remplacera ? Là, c'est la bouteille à l'encre. Miran Pavlin ? Drazan Zezelj ? Stéphane Leoni ? Bernard Tchoutang ? Anderson Santos de Carvalho ? Xavier Meride ? Youssef Moustaid ? Frédéric Meyrieu ? Camara Mana ? Ce ne sont là que quelques-uns des joueurs passés en revue au cours des dernières semaines. Lors de pratiquement chaque entraînement, on trouve l'un ou l'autre test sur le terrain. Guère idéal pour la cohésion d'un groupe de joueurs en place auxquels on demande justement de se serrer les coudes. Les noms cités ci-dessus sont-ils susceptibles de faire mieux que l'équipe actuelle ? Cela reste à prouver. Il y a, dans cette liste, de parfaits inconnus. Ali Lukunku, qui souhaite quitter la Turquie, a manifesté son envie de venir à Mons. Celui-là, on sait au moins ce qu'il vaut. Mais sa candidature n'a même pas été retenue. Parce que son transfert n'aurait pas permis à l'un ou l'autre véreux tournant autour de l'Albert de se graisser les pattes ?

" Des joueurs comme ceux qu'on voit depuis quelques semaines, ils peuvent en faire venir des containers entiers, ça ne changera rien à la compétitivité de l'équipe ", entend-on dans le vestiaire. " C'est le cirque. Bouglione et Compagnie. Toute la Belgique rigole de Mons : à raison. Un test arrive à 19 h 15 pour un match de Réserve qui commence à 19 h 30, un autre n'a pas de chaussures adaptées et il faut aller en acheter dare-dare dans le magasin de sports le plus proche, un autre encore vient pour négocier et on lui apprend qu'il va jouer une heure plus tard. N'importe quoi. Mons se vante de vouloir devenir plus professionnel, mais c'est de l'amateurisme pur et dur. Ne me demandez pas sur quels critères on se base pour tester untel ou untel. A mon avis, on prend les types qui passent avec un sac de sport et voient de la lumière... Ils sonnent à la porte et on les accepte tout de suite. C'est très grave ".

Le récent match de Réserves contre Anderlecht s'est transformé en une promenade de santé pour les Mauves : 6-0. Dans l'équipe montoise, on trouvait pas moins de cinq tests. Dont aucun n'a finalement été retenu. C'est comme ça à l'auberge espagnole du Tondreau ! Une petite visite sur le site Internet officiel du RAEC est révélatrice. Un jour, le club communique que X et Y arrivent pour un test. Le surlendemain, on peut être sûr d'une autre communication : X et Y peuvent rentrer chez eux car ils n'ont pas satisfait Sergio Brio. Et cela dure depuis l'arrivée de l'Italien.

Gadiaga a failli suivre Rivenet

Des joueurs performants tout au long de la saison dernière ont-ils pu devenir mauvais du jour au lendemain ? Non. Mais alors, comment expliquer la présence, chaque semaine, d'une bonne dizaine de fantômes sur le terrain ? Eric Joly n'est plus nulle part. Jean-Pierre La Placa non plus. Idem pour Liviu Ciobotariu. Et la liste est longue. La victoire tirée par les cheveux sur le terrain de Westerlo ne doit pas faire oublier une dure réalité : aucun Montois ne preste à son niveau depuis le début du championnat, c'est aussi simple que cela. L'équipe était mauvaise lors des premiers matches de la saison avec Marc Grosjean, mais l'ambiance restait bonne dans le noyau et les joueurs étaient derrière leur coach. Aujourd'hui, c'est tout aussi mauvais avec Sergio Brio mais, la différence, c'est que personne ne semble avoir envie de se battre pour son patron sportif.

Inutile de contacter l'un ou l'autre footballeur de l'Albert pour une interview classique consacrée aux problèmes du club. Tous les avis seraient alors positifs. Car ces joueurs ne sont pas idiots : ils savent que la moindre déclaration négative pourrait leur causer de gros problèmes. On le leur fait suffisamment sentir à l'entraînement. Dans un de nos derniers numéros, Claude-Arnaud Rivenet, qui venait d'être relégué dans le noyau B, nous expliquait ce régime de la terreur et l'interdiction de s'exprimer ouvertement. Des propos qui lui ont valu de ne même plus pouvoir jouer avec l'équipe Réserve. Les phrases chocs de l'article en question furent soulignées au fluo par Brio, qui les mit sous le nez des joueurs. Sans faire de commentaire, mais pour bien montrer que le prochain qui oserait critiquer le club filerait lui aussi dans le noyau B. Plusieurs coéquipiers de Rivenet avaient d'ailleurs été demander, à Brio, sa réintégration. Réponse du coach : " Je ne reviens pas sur ma décision. Si ça ne vous plaît pas, vous pouvez partir ".

Cheikh Gadiaga a échappé de peu à la sanction du noyau B. Un journaliste avait osé remettre en question la qualité des soins médicaux reçus au club par le Sénégalais. Celui-ci fut prié de s'expliquer devant tout le groupe, de démontrer qu'il n'avait pas, lui-même, critiqué les docteurs. Autre façon, pour Brio, de montrer qu'il est le patron incontesté : lorsque tout le groupe doit signer des ballons, des maillots ou des posters, Brio exige d'apposer son paraphe en premier. Vient ensuite le capitaine, puis les simples joueurs peuvent enfin saisir leur marqueur...

Président d'honneur, Elio Di Rupo commence à s'inquiéter

Les joueurs en ont marre de ces nouvelles têtes qui défilent, mais aussi de la discipline extrême imposée chaque jour par Sergio Brio et des humiliations qu'il peut faire subir à certains. Jouer aux cartes entre les entraînements, c'est terminé. A l'heure de la sieste, le coach fait le tour des chambres pour s'assurer qu'il n'y a pas de chahuteurs dans son groupe. Alcatraz ou pensionnat ? Le contenu des entraînements est aussi remis en cause. Les Montois estiment qu'on ne doit plus les obliger à donner successivement autant de passes de l'intérieur, puis de l'extérieur du pied. Ils trouvent qu'ils ont assez donné, assez répété leurs gammes durant leurs années de formation.

Brio n'a pas non plus l'art de mettre certains joueurs en confiance. Exemple : Chemcedine El Araichi. Le coach lui apprend un jour qu'il n'entre plus dans ses plans et qu'il peut se chercher un autre club. Un peu plus tard, le même El Araichi est convoqué en équipe olympique marocaine. Aïe aïe aïe : Marco Casto, autre back gauche, est justement blessé. Brio fait alors des pieds et des mains pour que le Marocain renonce à sa sélection. Il part quand même et Brio le prie de revenir le plus vite possible à Mons. Aujourd'hui, le pauvre se demande sur quel pied danser. Doit-il poursuivre sa recherche d'un nouveau club ?

Si Mons veut une toute nouvelle équipe pour le deuxième tour, il ne faudra plus traîner. Leone a déclaré dans nos colonnes que le club s'était complètement planté dans sa campagne de recrutement. Encore une façon d'enlever toute confiance aux joueurs arrivés durant l'été ! Brio vient d'annoncer qu'il mettait fin aux tests alors que seul Alberto Malusci a été engagé jusqu'à présent. Doit-on dès lors s'attendre à l'arrivée de plusieurs joueurs confirmés, qu'on n'obligera pas à passer par une période d'essai ? Et qui décidera des transferts ? La question n'est pas innocente, car c'est justement la campagne de recrutement de l'été qui a provoqué la pagaille actuelle. On a transféré contre l'avis de MarcGrosjean. Lors du stage aux Pays-Bas, Louis Gomis ratait tout ce qu'il entreprenait et faisait bien rire les autres joueurs du groupe. Grosjean s'est alors opposé à son transfert. Trop tard : on avait fait signer un contrat à Gomis sans demander à l'entraîneur ce qu'il en pensait. Et ce fut comme cela pour plusieurs autres renforts. Grosjean a essayé de se rebeller mais a finalement compris que c'était peine perdue. Ce fut le clash avec Jean-Claude Verbist. Avant le coup d'envoi du match contre le Cercle Bruges, Grosjean lança à Verbist : " Si on gagne, je vais mettre les choses au point lundi avec le président ". Mons ne fit que match nul. Juste après la rencontre, Leone questionna Verbist dans le couloir des vestiaires : " Qu'est-ce qu'on fait ?". Réponse de Verbist : " Il faut virer Grosjean ". Il n'était plus possible, pour ces deux-là, de travailler ensemble. Mais, à peine Grosjean mis dehors, le manager fut prié de prendre la même porte. Explication du président : " Je vais gérer moi-même tout l'aspect sportif avec Sergio Brio ". Dit-il vrai ? Sûrement pas. Pietro Allatta, l'homme de l'ombre, est plus présent que jamais dans la politique sportive du club. Quoi qu'en dise Leone.

En attendant, des grincements de dents se font entendre au sein de la communauté italienne de la région. Certains en ont ras-le-bol de l'image dégagée actuellement par le club. La Gazette des Sports a osé avancer le terme mafia. Une allusion très mal perçue par des Italiens de Mons. Elio Di Rupo, président d'honneur de l'Albert, n'est pas le moins inquiet.

Leone réfléchit. Beaucoup, même. Parmi les idées qui lui trotteraient dans la tête, il y a par exemple l'appel à un nouvel entraîneur : Enzo Scifo. Le simple fait d'y avoir (même vaguement) pensé montre que le président a saisi la complexité des relations entre Brio et les joueurs. Brio serait-il purement et simplement viré, au cas où Scifo ou un autre nouveau coach débarquerait ? Ce n'est pas sûr. Leone aurait aussi imaginé d'en faire son directeur technique. Une piste à suivre, même s'il n'y a pas encore eu de contact direct entre Leone et Scifo.

Brio directeur technique et Scifo entraîneur : c'est une des idées de Leone

Mons : un petit club sympa, familial, aux résultats plutôt intéressants. C'était il y a un an, un siècle, une éternité. Aujourd'hui, Mons est un petit club tout court. Une pétaudière aussi. Et les joueurs vont même plus loin et parlent de prison ! Ils ont trouvé un surnom à leur complexe d'entraînement : Alcatraz. Ce clin d'£il vaut tous les discours... Comment l'Albert a-t-il pu changer à ce point, en quelques mois ? Le président Dominique Leone, un homme sympathique et attachant dont on ne pourra jamais remettre en cause l'apport dans l'ascension de son club, est en train de perdre les pédales. C'est clair et net. Ira-t-il jusqu'au bout de sa logique ? C'est le plus grand danger qui guette l'Albert. S'il s'obstine à vouloir enlever toute personnalité à ses joueurs, à les confronter chaque jour à l'un ou l'autre footballeur en test (qui dit tests massifs, dit automatiquement écrémage du noyau dans les semaines à venir et donc perte de confiance), à maintenir sa confiance à un Sergio Brio que le groupe aurait déjà commencé à saboter, à mal s'entourer, Mons ira droit dans le mur et retrouvera la D2 dès la fin de cette saison. Par contre, s'il comprend qu'il fait fausse route, tout restera possible au cours du deuxième tour. Pour connaître la réalité quotidienne de Mons, il faut passer par des témoignages anonymes. C'est moins personnel... mais c'est costaud. La multiplication des tests dérange sérieusement les joueurs en place. Certains se savent menacés depuis pas mal de temps. En tout début de saison, un vent favorable leur a rapporté l'existence d'une liste noire sur laquelle figureraient des joueurs condamnés à quitter le club durant l'hiver. Parce qu'on les estime trop chers et/ou pas assez bons. Parmi les Montois visés : Claude-Arnaud Rivenet (la suite des événements a confirmé le sort qu'on lui réservait), Eric Joly, Liviu Ciobotariu et Marco Casto notamment. Mais qui les remplacera ? Là, c'est la bouteille à l'encre. Miran Pavlin ? Drazan Zezelj ? Stéphane Leoni ? Bernard Tchoutang ? Anderson Santos de Carvalho ? Xavier Meride ? Youssef Moustaid ? Frédéric Meyrieu ? Camara Mana ? Ce ne sont là que quelques-uns des joueurs passés en revue au cours des dernières semaines. Lors de pratiquement chaque entraînement, on trouve l'un ou l'autre test sur le terrain. Guère idéal pour la cohésion d'un groupe de joueurs en place auxquels on demande justement de se serrer les coudes. Les noms cités ci-dessus sont-ils susceptibles de faire mieux que l'équipe actuelle ? Cela reste à prouver. Il y a, dans cette liste, de parfaits inconnus. Ali Lukunku, qui souhaite quitter la Turquie, a manifesté son envie de venir à Mons. Celui-là, on sait au moins ce qu'il vaut. Mais sa candidature n'a même pas été retenue. Parce que son transfert n'aurait pas permis à l'un ou l'autre véreux tournant autour de l'Albert de se graisser les pattes ? " Des joueurs comme ceux qu'on voit depuis quelques semaines, ils peuvent en faire venir des containers entiers, ça ne changera rien à la compétitivité de l'équipe ", entend-on dans le vestiaire. " C'est le cirque. Bouglione et Compagnie. Toute la Belgique rigole de Mons : à raison. Un test arrive à 19 h 15 pour un match de Réserve qui commence à 19 h 30, un autre n'a pas de chaussures adaptées et il faut aller en acheter dare-dare dans le magasin de sports le plus proche, un autre encore vient pour négocier et on lui apprend qu'il va jouer une heure plus tard. N'importe quoi. Mons se vante de vouloir devenir plus professionnel, mais c'est de l'amateurisme pur et dur. Ne me demandez pas sur quels critères on se base pour tester untel ou untel. A mon avis, on prend les types qui passent avec un sac de sport et voient de la lumière... Ils sonnent à la porte et on les accepte tout de suite. C'est très grave ". Le récent match de Réserves contre Anderlecht s'est transformé en une promenade de santé pour les Mauves : 6-0. Dans l'équipe montoise, on trouvait pas moins de cinq tests. Dont aucun n'a finalement été retenu. C'est comme ça à l'auberge espagnole du Tondreau ! Une petite visite sur le site Internet officiel du RAEC est révélatrice. Un jour, le club communique que X et Y arrivent pour un test. Le surlendemain, on peut être sûr d'une autre communication : X et Y peuvent rentrer chez eux car ils n'ont pas satisfait Sergio Brio. Et cela dure depuis l'arrivée de l'Italien. Des joueurs performants tout au long de la saison dernière ont-ils pu devenir mauvais du jour au lendemain ? Non. Mais alors, comment expliquer la présence, chaque semaine, d'une bonne dizaine de fantômes sur le terrain ? Eric Joly n'est plus nulle part. Jean-Pierre La Placa non plus. Idem pour Liviu Ciobotariu. Et la liste est longue. La victoire tirée par les cheveux sur le terrain de Westerlo ne doit pas faire oublier une dure réalité : aucun Montois ne preste à son niveau depuis le début du championnat, c'est aussi simple que cela. L'équipe était mauvaise lors des premiers matches de la saison avec Marc Grosjean, mais l'ambiance restait bonne dans le noyau et les joueurs étaient derrière leur coach. Aujourd'hui, c'est tout aussi mauvais avec Sergio Brio mais, la différence, c'est que personne ne semble avoir envie de se battre pour son patron sportif. Inutile de contacter l'un ou l'autre footballeur de l'Albert pour une interview classique consacrée aux problèmes du club. Tous les avis seraient alors positifs. Car ces joueurs ne sont pas idiots : ils savent que la moindre déclaration négative pourrait leur causer de gros problèmes. On le leur fait suffisamment sentir à l'entraînement. Dans un de nos derniers numéros, Claude-Arnaud Rivenet, qui venait d'être relégué dans le noyau B, nous expliquait ce régime de la terreur et l'interdiction de s'exprimer ouvertement. Des propos qui lui ont valu de ne même plus pouvoir jouer avec l'équipe Réserve. Les phrases chocs de l'article en question furent soulignées au fluo par Brio, qui les mit sous le nez des joueurs. Sans faire de commentaire, mais pour bien montrer que le prochain qui oserait critiquer le club filerait lui aussi dans le noyau B. Plusieurs coéquipiers de Rivenet avaient d'ailleurs été demander, à Brio, sa réintégration. Réponse du coach : " Je ne reviens pas sur ma décision. Si ça ne vous plaît pas, vous pouvez partir ". Cheikh Gadiaga a échappé de peu à la sanction du noyau B. Un journaliste avait osé remettre en question la qualité des soins médicaux reçus au club par le Sénégalais. Celui-ci fut prié de s'expliquer devant tout le groupe, de démontrer qu'il n'avait pas, lui-même, critiqué les docteurs. Autre façon, pour Brio, de montrer qu'il est le patron incontesté : lorsque tout le groupe doit signer des ballons, des maillots ou des posters, Brio exige d'apposer son paraphe en premier. Vient ensuite le capitaine, puis les simples joueurs peuvent enfin saisir leur marqueur... Les joueurs en ont marre de ces nouvelles têtes qui défilent, mais aussi de la discipline extrême imposée chaque jour par Sergio Brio et des humiliations qu'il peut faire subir à certains. Jouer aux cartes entre les entraînements, c'est terminé. A l'heure de la sieste, le coach fait le tour des chambres pour s'assurer qu'il n'y a pas de chahuteurs dans son groupe. Alcatraz ou pensionnat ? Le contenu des entraînements est aussi remis en cause. Les Montois estiment qu'on ne doit plus les obliger à donner successivement autant de passes de l'intérieur, puis de l'extérieur du pied. Ils trouvent qu'ils ont assez donné, assez répété leurs gammes durant leurs années de formation. Brio n'a pas non plus l'art de mettre certains joueurs en confiance. Exemple : Chemcedine El Araichi. Le coach lui apprend un jour qu'il n'entre plus dans ses plans et qu'il peut se chercher un autre club. Un peu plus tard, le même El Araichi est convoqué en équipe olympique marocaine. Aïe aïe aïe : Marco Casto, autre back gauche, est justement blessé. Brio fait alors des pieds et des mains pour que le Marocain renonce à sa sélection. Il part quand même et Brio le prie de revenir le plus vite possible à Mons. Aujourd'hui, le pauvre se demande sur quel pied danser. Doit-il poursuivre sa recherche d'un nouveau club ? Si Mons veut une toute nouvelle équipe pour le deuxième tour, il ne faudra plus traîner. Leone a déclaré dans nos colonnes que le club s'était complètement planté dans sa campagne de recrutement. Encore une façon d'enlever toute confiance aux joueurs arrivés durant l'été ! Brio vient d'annoncer qu'il mettait fin aux tests alors que seul Alberto Malusci a été engagé jusqu'à présent. Doit-on dès lors s'attendre à l'arrivée de plusieurs joueurs confirmés, qu'on n'obligera pas à passer par une période d'essai ? Et qui décidera des transferts ? La question n'est pas innocente, car c'est justement la campagne de recrutement de l'été qui a provoqué la pagaille actuelle. On a transféré contre l'avis de MarcGrosjean. Lors du stage aux Pays-Bas, Louis Gomis ratait tout ce qu'il entreprenait et faisait bien rire les autres joueurs du groupe. Grosjean s'est alors opposé à son transfert. Trop tard : on avait fait signer un contrat à Gomis sans demander à l'entraîneur ce qu'il en pensait. Et ce fut comme cela pour plusieurs autres renforts. Grosjean a essayé de se rebeller mais a finalement compris que c'était peine perdue. Ce fut le clash avec Jean-Claude Verbist. Avant le coup d'envoi du match contre le Cercle Bruges, Grosjean lança à Verbist : " Si on gagne, je vais mettre les choses au point lundi avec le président ". Mons ne fit que match nul. Juste après la rencontre, Leone questionna Verbist dans le couloir des vestiaires : " Qu'est-ce qu'on fait ?". Réponse de Verbist : " Il faut virer Grosjean ". Il n'était plus possible, pour ces deux-là, de travailler ensemble. Mais, à peine Grosjean mis dehors, le manager fut prié de prendre la même porte. Explication du président : " Je vais gérer moi-même tout l'aspect sportif avec Sergio Brio ". Dit-il vrai ? Sûrement pas. Pietro Allatta, l'homme de l'ombre, est plus présent que jamais dans la politique sportive du club. Quoi qu'en dise Leone. En attendant, des grincements de dents se font entendre au sein de la communauté italienne de la région. Certains en ont ras-le-bol de l'image dégagée actuellement par le club. La Gazette des Sports a osé avancer le terme mafia. Une allusion très mal perçue par des Italiens de Mons. Elio Di Rupo, président d'honneur de l'Albert, n'est pas le moins inquiet. Leone réfléchit. Beaucoup, même. Parmi les idées qui lui trotteraient dans la tête, il y a par exemple l'appel à un nouvel entraîneur : Enzo Scifo. Le simple fait d'y avoir (même vaguement) pensé montre que le président a saisi la complexité des relations entre Brio et les joueurs. Brio serait-il purement et simplement viré, au cas où Scifo ou un autre nouveau coach débarquerait ? Ce n'est pas sûr. Leone aurait aussi imaginé d'en faire son directeur technique. Une piste à suivre, même s'il n'y a pas encore eu de contact direct entre Leone et Scifo. Brio directeur technique et Scifo entraîneur : c'est une des idées de Leone