Cartier libre : c'était une condition sine qua non pour que plus rien n'empêche le coach français de se recaser après sa fin de saison tumultueuse à La Louvière. Après avoir levé l'option de deux ans qu'il possédait sur lui, Filippo Gaone le tenait par la patte. Une discussion entre hommes a permis d'arrondir les angles, de casser (sans dédommagement financier) tout lien entre Albert Cartier (44 ans) et La Louvière û et sans doute, aussi, de passer un pacte de non-agression par presse interposée. Tout est alors allé très vite et Johan Vermeersch a saisi la balle au bond : il tient son nouvel entraîneur, qui a signé au Brussels pour une saison.
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Cartier libre : c'était une condition sine qua non pour que plus rien n'empêche le coach français de se recaser après sa fin de saison tumultueuse à La Louvière. Après avoir levé l'option de deux ans qu'il possédait sur lui, Filippo Gaone le tenait par la patte. Une discussion entre hommes a permis d'arrondir les angles, de casser (sans dédommagement financier) tout lien entre Albert Cartier (44 ans) et La Louvière û et sans doute, aussi, de passer un pacte de non-agression par presse interposée. Tout est alors allé très vite et Johan Vermeersch a saisi la balle au bond : il tient son nouvel entraîneur, qui a signé au Brussels pour une saison. Un an après avoir débarqué comme anonyme au Tivoli, Albert Cartier a été présenté au stade Machtens porteur d'une étiquette de coach capable de réussir des résultats intéressants avec des moyens limités. Et cette nouvelle aventure, il la sent plutôt bien. Albert Cartier : J'ai toujours dit que je donnerais la priorité au club qui montrerait le plus grand désir de m'attirer. Au Brussels, j'ai senti une vraie volonté de travailler avec moi. Juste après la fin du championnat, le président m'a appelé pour me féliciter suite à ce que j'avais fait à La Louvière. Nous avons vite enchaîné sur une éventuelle collaboration dans le futur, sans qu'il soit nécessairement question de la saison prochaine. Nous avons plutôt abordé un possible travail en commun à plus long terme. C'est un homme qui n'a pas les deux pieds dans le même sabot... Il a les pieds sur terre et il sait où il les met. Il est conscient que le monde du football est tout à fait particulier, il ne veut pas brûler les étapes, il vise la progression de son club et se donne les moyens d'y parvenir. Il a déclaré qu'il voulait gagner chaque année trois ou quatre places au classement : c'est un objectif à la fois ambitieux et réaliste. Tout me paraît très fonctionnel. J'ai l'impression que ce club ne manque de rien. Je vais m'occuper de la gestion sportive, pas du reste ! Si je suis bien renseigné, il l'a eue, non ? Cela veut donc dire que tout est en ordre. On verra en fin de saison. Je considère l'occasion de travailler ici d'abord comme une étape et une expérience supplémentaires. J'avais envie de rester en Belgique, j'y suis parvenu : c'est parfait. Votre football veut retrouver un deuxième souffle, c'est un grand projet qui me semble très intéressant. J'ai découvert beaucoup de bonnes choses ici, et pas seulement dans les grands clubs historiques : par exemple des gens très motivés à Charleroi, des gens très compétents à Gand, de la technique au Lierse, une vraie solidarité entre tous les entraîneurs, etc. Je ne me fais pas d'illusions, je sais que je ne suis qu'un invité de votre football mais j'ai envie de participer à l'aventure du renouveau. Je parlerais plutôt de présidents qui savent prendre leurs responsabilités et les assument ensuite. Ils ont tous deux un charisme incroyable et c'est grâce à cette qualité, notamment, qu'ils ont réussi dans les affaires. Pour moi, ils sont aussi synonymes de caractère et d'authenticité. Dès qu'on fait quelque chose, il faut s'attendre à être critiqué par ceux qui essayent de faire la même chose, par ceux qui cherchent à faire le contraire et par la grande majorité qui ne fait rien du tout ! Johan Vermeersch a la passion du foot et l'amour de son club. Il donne tout et exige que ses collaborateurs et ses employés fassent la même chose. Ce discours fort, c'était un appel aux armes pour sauver le Brussels. Son appel a été entendu et compris. Tout le monde peut, un jour ou l'autre, aller trop loin dans ses déclarations. Même moi, je me suis fait prendre la saison dernière. J'ai critiqué l'arbitrage après Standard-La Louvière. J'ai dérapé... mais ce n'était heureusement qu'un dérapage contrôlé. Il n'empêche que cela ne doit pas arriver. Le renouveau du football belge doit passer par une nouvelle solidarité à tous les niveaux, notamment une solidarité des entraîneurs par rapport aux arbitres. Cette minivague après le match de La Louvière au Standard, c'était déjà une de trop. Pas du tout. Le projet de Mons était intéressant mais j'ai préféré rester en D1. De ces négociations, je retiens le souvenir de gens extrêmement compétents : Dominique Leone, Alain Lommers, Jean-Paul Colonval. Je ne parle pas de compétences footballistiques. Sauf dans le cas de Jean-Paul Colonval. Celui-là, c'est un sacré personnage. C'était d'ailleurs sa présence à Mons qui m'avait incité à aller discuter là-bas. Aucune idée. Je respecte la décision du président de Lokeren, point à la ligne. Je n'ai pas rencontré les dirigeants de ces clubs mais nous avons discuté au téléphone. C'était discret, courtois et respectueux. Ils ont sans doute estimé que je n'étais pas encore prêt pour travailler là-bas. Je ne peux pas leur donner tort : je suis un jeune entraîneur, je n'ai que quatre ans d'expérience de coach principal. Ce que j'ai fait jusqu'à présent demande confirmation. Ce n'est pas à moi de juger. J'en retiens seulement que j'y ai passé une saison formidable, et cela, je le dois en grande partie à Filippo Gaone. Il a accepté de me donner une chance de travailler en D1 belge alors qu'il ne me connaissait pas du tout. Je garde un bon souvenir de mes débuts de T1 à Metz, quand j'avais sauvé l'équipe après l'avoir reprise dans un triste état à la trêve. Mais ce que j'ai vécu à La Louvière était encore beaucoup plus fort. Je souhaite tout le bonheur du monde à Monsieur Gaone. Parce que c'est ainsi. On est des hommes... Il y avait un président et un entraîneur à table, et un accord à trouver. Cela n'a pas été possible. Parce que Filippo Gaone est un homme de principes... et Albert Cartier aussi. Un entraîneur peut s'expliquer mais n'a pas à se justifier, donc je ne me justifierai pas. Et Filippo Gaone non plus. Je respecte sa décision et il respecte la mienne. Il défendait ses intérêts et je défendais les miens. Il y a trois métiers impossibles : enseigner, gouverner et guérir. Impossibles parce qu'ils impliquent l'aspect humain. Le début d'une collaboration fait toujours un peu peur, la fin est toujours triste, et au milieu, il y a souvent un grand bonheur. Ce n'est pas ce match qui va effacer le souvenir global que je garde de cette saison. Il en faudrait beaucoup plus pour noircir le tableau, pour me faire oublier les saveurs que je retiens de mon passage dans ce club. Tout est possible dans le foot. Des cartons pareils, il y en a partout : en Belgique, en France, ailleurs. Rien n'a été volé. Tout ce qui a disparu sera facturé aux joueurs en question, déduit de leur salaire. Ils le savent depuis le début. Il faut le leur demander, je ne peux pas répondre à leur place. Pas du tout. Mon groupe est resté solidaire et l'ambiance a été excellente d'un bout à l'autre du championnat. Je ne l'ai pas lu, donc pas de commentaires. Et il ne m'a pas fait ce reproche. Je sais comment on s'est quitté : en bons termes. C'est tout ce que je veux retenir. Je ne vais pas engager la discussion là-dessus. J'ai passé une saison à La Louvière, point à la ligne. Nous nous sommes séparés parce que le moment était venu, tant pour le club que pour moi, de passer à autre chose. Oui, et j'y ai effectivement passé un an (il rigole). Rien à voir. J'ai toujours été très libre. Mon contrat avec La Louvière était d'abord moral. Excusez-moi mais je dois aller chercher ma fille à 5 heures : vous allez me mettre en retard... Albert Cartier ! Et Filippo Gaone a cautionné mon choix. Si j'avais titularisé ces jeunes quatre fois d'affilée, je les aurais sabotés, massacrés. Ce soir-là, il fallait penser au match de Coupe, quatre jours plus tard. Qui a gagné La Louvière-Bruges en championnat ? Les Louveteaux, même si c'était 0-2 après 90 minutes. Les deux kops leur ont fait une standing ovation : c'était fantastique. Parce qu'il n'y avait rien à dire de nouveau. Plutôt que de parler pour ne rien dire, j'ai préféré me taire. J'ai un profond respect pour la presse, alors je ne veux pas raconter n'importe quoi. (Très ferme). Faux ! On a écrit beaucoup de bêtises là-dessus. Mot pour mot, j'ai dit aux joueurs : -Tout laisse à penser que je ne serai plus l'entraîneur de La Louvière à la reprise des entraînements. Je vous le signale parce que je vous dois respect et transparence. Je ne pouvais pas être hypocrite. J'aurais commis une faute si je leur avais dit : -OK les gars, rendez-vous le 23 juin pour la reprise des entraînements. Je n'ai jamais dit aux joueurs que je partais à coup sûr. Ceux qui disent cela sont des menteurs. Je la dois aux joueurs de La Louvière et à rien d'autre. Et je suis fort honoré d'avoir pu côtoyer sur ce podium des hommes comme Trond Sollied et Jacky Mathijssen. Pierre Danvoye " LES ÉQUIPEMENTS VOLÉS À LA LOUVIÈRE seront déduits des fiches de paye " " Je sais que je ne suis qu'UN INVITÉ DU FOOTBALL BELGE "