La nouvelle affaire Marseille, avec des dirigeants en garde à vue et une enquête sur des commissions de transferts, a rappelé à quel point le règlement de la FIFA adressé aux agents est mis à mal. La justice française s'intéresse notamment à un système de rétro-commissions : des agents auraient reversé une partie de leur commission à des tierces personnes (on parle de la mafia marseillaise) alors que c'est interdit. Un journaliste de La Provence nous dit : " Ça fait des années que c'est le bordel dans les transferts ici, tout le monde le sait. Il y a plein de gens qui se servent. "
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La nouvelle affaire Marseille, avec des dirigeants en garde à vue et une enquête sur des commissions de transferts, a rappelé à quel point le règlement de la FIFA adressé aux agents est mis à mal. La justice française s'intéresse notamment à un système de rétro-commissions : des agents auraient reversé une partie de leur commission à des tierces personnes (on parle de la mafia marseillaise) alors que c'est interdit. Un journaliste de La Provence nous dit : " Ça fait des années que c'est le bordel dans les transferts ici, tout le monde le sait. Il y a plein de gens qui se servent. " Est-ce plus clean chez nous ? Si on épluche le règlement de la FIFA, sur 36 pages, toutes les transactions de transfert et les prérogatives des agents sont bien balisées. Il y a 106 agents qui ont reçu leur licence en passant par l'Union Belge. Dans ce règlement, on relève des paragraphes qui font sourire quand on connaît (une partie de) la réalité du travail des managers dans notre foot. Exemples non exhaustifs, sans même parler de rétro-commissions... Le règlement." L'activité d'agent de joueurs ne peut être exercée que par des personnes physiques, licenciées à cette fin par l'association concernée. "La réalité. Les principaux agents sont bel et bien agréés FIFA via notre fédé mais il y en a plusieurs sans licence qui font leur business sans souci depuis des années. Le règlement." Il est interdit aux joueurs et aux clubs de recourir aux services d'un agent non licencié. "La réalité. Même nos meilleurs clubs traitent avec des agents sans licence et les rémunèrent. Le règlement." Les parents, frères et soeurs ou conjoints du joueur sont habilités à le représenter lors des négociations sur la conclusion ou la reconduction d'un contrat de travail. "La réalité. Cela se fait régulièrement avec, dans certains cas, des parents ayant éjecté l'agent officiel qui s'occupait de leur fils. La FIFA ne dit pas si ces proches peuvent être rémunérés mais il est sous-entendu que non, à partir du moment où ils ne possèdent pas la licence. Pourtant, il arrive que la commission aille chez eux. Le règlement." Les agents de joueurs licenciés ont le droit de contacter tout joueur qui n'est pas ou n'est plus sous contrat de médiation exclusif avec un agent de joueurs. " CQFD : ils n'ont pas le droit de contacter un joueur sous contrat avec un agent. La réalité. Cette entorse au règlement est très fréquente, avec cette particularité que chez nous, un joueur peut mettre fin à tout moment, et avec effet immédiat, au contrat qui le lie à un agent. Pour travailler avec un autre. Le règlement." Les associations sont tenues de faire respecter le présent règlement "... " Les clubs qui enfreignent le présent règlement sont passibles des sanctions suivantes : blâme ou avertissement ; amende ; interdiction de transfert ; déduction de points ; relégation forcée. "La réalité. On a plutôt l'impression que de nombreuses fédérations nationales préfèrent fermer les yeux. Pas vu, pas pris. PAR PIERRE DANVOYELe règlement FIFA dit qu'il est " interdit aux joueurs et aux clubs de recourir aux services d'un agent non licencié ". Un leurre.