Au début, tout est allé vite pour Birger Maertens. "Trop vite, estiment maintenant certaines personnes, mais on ne peut jamais le prévoir", dit-il. "Et je peux difficilement dire: désolé, aujourd'hui, je ne joue pas, car tout va trop vite. Pendant le stage déjà, l'entraîneur m'avait confié, lors d'un entretien particulier, que ma chance viendrait plus tôt que je ne le croyais. Il trouvait que pendant ma suspension de quatre mois, due au fait que j'avais signé deux contrats professionnels, à Bruges et à Maastricht, je m'étais brillamment entraîné. A partir du Nouvel An, j'ai joué tous les matches: le second tour et la finale de la Coupe, ainsi que l'EURO pour Espoirs en Suisse, qui ne m'a valu que des compliments de l'entraîneur.
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Au début, tout est allé vite pour Birger Maertens. "Trop vite, estiment maintenant certaines personnes, mais on ne peut jamais le prévoir", dit-il. "Et je peux difficilement dire: désolé, aujourd'hui, je ne joue pas, car tout va trop vite. Pendant le stage déjà, l'entraîneur m'avait confié, lors d'un entretien particulier, que ma chance viendrait plus tôt que je ne le croyais. Il trouvait que pendant ma suspension de quatre mois, due au fait que j'avais signé deux contrats professionnels, à Bruges et à Maastricht, je m'étais brillamment entraîné. A partir du Nouvel An, j'ai joué tous les matches: le second tour et la finale de la Coupe, ainsi que l'EURO pour Espoirs en Suisse, qui ne m'a valu que des compliments de l'entraîneur. Je sortais de nulle part. On me connaissait à cause de l'affaire MVV, pas pour mes prestations, même si j'avais déjà marqué contre le Rayo Vallecano aux Matines Brugeoises. J'ai abordé tranquillement l'été. Je suis parti en voyage avec mon amie et j'ai entamé la saison plein d'enthousiasme. Certes, je n'étais pas à ma place idéale au début, mais à ce niveau, il ne faut pas faire la fine bouche. Puis Olivier De Cock est revenu dans l'équipe et j'ai glissé dans l'axe, à côté de Spilar. éa marchait bien avec lui. Il m'impressionne par son calme et par la façon dont il dirige la défense alors qu'il ne parle qu'anglais. Pour un jeune comme moi, il est important d'être flanqué de quelqu'un qui me pilote. Un coup d'oeil suffisait pour nous comprendre. Ensuite sont venus ce que j'appelle les moins bons moments d'un footballeur. Je pense que ça doit arriver une fois dans une carrière. Je peux m'estimer heureux que ça se soit produit aussi tôt. J'ai encore des années devant moi pour me racheter et j'ai l'intention de m'y atteler après la trêve".Les premières critiques sont nées après le match à l'Antwerp, où le Club a perdu ses premiers points de la saison. Spilar était indisponible et le duo Maertens- Clement n'avait pas vraiment été brillant. "Comme je jouais avec Spilar, j'avais besoin d'un temps d'adaptation", explique Maertens. "éa peut marcher avec Clement aussi. Nous l'avons prouvé la saison passée, je crois. Mais à l'Antwerp, Philippe revenait à peine de blessure et il devait aussi retrouver son rythme. C'est pour ça que nous avons été moins bons durant ce match". La gaffe moscoviteEntre-temps, la Ligue des Champions avait commencé. A Barcelone, lors du premier match, Dany Verlinden s'est fâché sur Birger Maertens, qui avait commis une faute juste devant le rectangle, intervention qui avait entraîné un but. "Je veux intercepter le ballon mais l'autre joueur utilise habilement son corps. Je le touche un peu et il se laisse tomber. Coup franc et but. J'aurais dû rester derrière lui. Nous avons évidemment été acculés dos au mur, là-bas, nous n'avions pas assez de nos deux mains et de nos deux pieds pour contenir ces Catalans. Ils évoluent à un niveau complètement différent de ce à quoi nous sommes habitués en Belgique. La différence de rythme est énorme. En championnat, d'ailleurs, si nous avons fait la différence en fin de match à plusieurs reprises, c'est grâce à notre faculté d'accélération.Je n'oublierai pas de sitôt la leçon de football reçue à Barcelone. On a commis des erreurs mais on a beaucoup appris, surtout en jeu de position. En Belgique, on peut effectuer l'un ou l'autre test alors que contre un avant comme Kluivert, il n'est pas question de prendre le moindre risque. Il ne faut surtout pas faire de bêtise! Mon jeu est parfois empreint de risques. J'aime dribbler ou jouer court, peut-être parce qu'au début, j'étais un attaquant. J'ai appris à dégager le ballon le plus loin possible pour nous donner le temps de nous réorganiser. A être plus calme, moins impulsif". Plus calme? Moins impulsif? Contre le Lokomotiv Moscou, Maertens flirte avec la carte rouge en bousculant James Obiorah. "Oui, mais il m'a donné un coup de pied à un endroit délicat. Il a également tenu des propos qui ne m'ont pas plu. Enfin, je ne veux pas revenir là-dessus. Avant, quand je jouais en Réserve, je l'aurais probablement descendu sur la phase suivante. Cette fois, je me suis dit: -Laisse tomber, ça n'a aucun sens. J'avais déjà reçu un avertissement et je risquais une carte rouge. Vous voyez: je suis capable de me contenir. Ceux qui s'imaginaient que j'allais le frapper se sont lourdement trompés. Je suis assez malin pour ne pas me battre sur un terrain. Je me suis approché de lui, très près, mais je savais que je ne pouvais rien faire. J'ai écopé d'une carte jaune, ce qui est déjà stupide, mais frapper, non, je ne le ferais certainement pas". A Moscou, lors du match crucial, Maertens se serait bien frappé lui-même. Sa bourde fut à la base du premier but moscovite. Il se console lui-même: "Je ne cherche pas d'excuse mais ça peut arriver à tout le monde. C'est une mauvaise estimation de la situation. Je ne pensais pas que le ballon glisserait sous mon pied. De la poisse, juste avant le repos. Ce n'était certainement pas de la nonchalance, non. Plutôt un excès de concentration. Nous ne saurons jamais ce qui serait arrivé sans cette faute. Je suis sorti du vestiaire en pensant: -Si nous marquons un petit but, nous serons quand même qualifiés pour le deuxième tour. Mais nous n'en avons pas été capables. C'est d'autant plus douloureux. C'est après le match que j'ai été le plus déçu". Collection de cartons rougesBruges-Stuttgart. A 1-0, alors que le match est bien avancé, Maertens est exclu. La rencontre s'achève sur le score de 1-2, le Club est quasiment éliminé."Jusqu'à ce moment, j'étais bien dans le match. Je venais de glisser de l'axe à l'arrière droit. Je devais trouver mes marques. Puis, sur un long ballon, Lesnjak perd un duel aérien à une position où, d'après l'entraîneur, c'est Clement qui aurait dû se trouver. Je suis à la hauteur de Clement mais j'aurais dû revenir un rien vers l'intérieur. Quelqu'un court derrière moi et je décide de l'intercepter avant qu'il ne parvienne dans le rectangle, pour l'empêcher de marquer. Je le saisis par le bras et il se laisse tomber. Si le coup franc n'avait pas été converti, le score restait de 1-0 et j'étais peut-être un héros. Las, le ballon rentre dans le but, on commente donc mon intervention, etc. Il faut apprendre à vivre avec ça. C'était 1-2 au moment où j'ai pénétré dans le foyer des joueurs. Pénible, évidemment. J'étais terrassé. Je suis rentré chez moi et me suis couché". Place au championnat, ensuite. Birger Maertens est une nouvelle fois exclu à St-Trond et le Club essuie sa première défaite de la saison."Comme moi auparavant, sur cette phase, Olivier est un rien trop déporté", explique-t-il. " Van Geel passe, j'essaie encore de le tackler. Je pense avoir joué le ballon et l'homme, mais il laisse traîner son pied sur le mien et tombe. C'est son bon droit. Si j'étais un attaquant, je ferais pareil. Carte rouge et penalty, 2-1 pour St-Trond. La première défaite en championnat est imminente. Je pense: -J'ai tout bousillé, je ne sais plus jouer. Le chemin vers les catacombes est court mais, cette fois-là, il a duré longtemps. Une éternité. En plus, j'ai été accompagné des réactions du public local. J'ai fondu en larmes dans le vestiaire. J'étais vraiment à plat, liquéfié comme jamais encore dans ma vie. J'ai téléphoné à mon amie et, en colère, je lui ai dit: -Je veux arrêter de jouer. Je ne le pensais évidemment pas. Deux minutes plus tard, c'était passé. Je joue depuis 17 ans déjà. Je ne vais pas tout planter à cause de quelques contrecoups. Quand, dans la vie, vous n'avez que le football et votre amie, vous ne pouvez pas dire du jour au lendemain: - Salut, c'est fini, je vais travailler. J'ai pris ma douche et rappelé mon amie. Elle m'a dit: -Ne te laisse pas aller. Après la pluie vient le beau temps! Je me raccroche à ça". Par la suite, il a refusé de s'exprimer devant la presse. "De commun accord avec mon entourage, car les commentaires étaient de toute façon négatifs. Je pense qu'il est normal de vivre mal ce genre de situation, surtout quand vous n'avez encore jamais été critiqué avant. Jusque-là, on n'écrivait que des choses positives. Peut-être était-ce exagéré. Maintenant, c'est comme si je ne savais plus jouer, comme si tout était mauvais. On grossit tout".Bruges-AnderlechtLa série noire n'était pas encore achevée. Avant le repos de l'affiche Bruges-Anderlecht, Birger Maertens est exclu pour la troisième fois en dix jours."Voilà encore un incident qui a été monté en épingle. Ce match, très chargé, faisait l'objet de ...discussions depuis longtemps. Il a rapidement dégénéré. En revoyant les images, je dois reconnaître qu'on peut interpréter mon mouvement comme un coup mais ce n'en était pas un. En chutant, je me suis appuyé sur la main, comme on me l'a appris, pour tenter de me redresser, mais je n'avais pas l'intention de frapper. La meilleure preuve, c'est que tant Michel Verschueren que Glen De Boeck ont estimé que cette carte rouge était une sanction trop sévère. Evidemment, devoir rentrer au vestiaire pour la troisième fois en dix jours, ça fait mal. J'ai repris le chemin des catacombes. La victoire 2-1 des miens m'a ragaillardi et, après le match, j'ai été manger un bout avec plusieurs joueurs. J'ai passé une bonne soirée, je dois dire.Immédiatement après mon exclusion, mon amie est venue me consoler au foyer des joueurs. Jamais je n'oublierai tout ce qu'elle a fait pour moi. Je suis tellement heureux de la savoir derrière moi, à me soutenir. Surtout que je ne suis pas des plus agréables à vivre quand ça ne va pas ou que je ne me sens pas bien dans ma peau. Dans ces cas-là, je dois passer ma colère sur quelqu'un, celui qui est le plus proche de moi. Parfois, j'explose et je le regrette amèrement. Je ne la frappe pas, vous savez, mais parfois, je suis impossible. Je boude ou je me fâche dès qu'elle dit quelque chose au sujet de ce qui paraît sur moi et qui lui fait du mal. Elle peut parler de ces choses-là. Moi pas. Je me renferme comme une huître alors que je ferais mieux, comme elle le dit, d'être plus ouvertMon amie sait que je peux être très affectueux, que je peux, comment dire ça, la gâter de toutes les façons possibles et imaginables. Mais ce n'est pas bien que je sorte de mes gonds car elle a sa propre boutique et elle y emmène son chagrin. Ces éclats de voix ne sont pas agréables non plus pour son enfant de quatre ans. Je veillerai à ce que ça ne se reproduise plus. Je ne peux pas oublier qu'elle est la seule à me soutenir et que je lui dois la même chose. Quand je suis seul, j'y pense beaucoup. Parfois, mon coeur pleure et je veux lui présenter mes excuses mais...je ne sais pas. Ca m'est difficile. Est-ce que je n'ose pas? Pourtant, je ne dois pas avoir peur. C'est bizarre, très bizarre. Une grande gueule et un petit coeur. Tout le monde ne me connaît pas sous cet angle.J'ai déjà fait des progrès mais je peux encore me bonifier. Elle est plus mûre que moi, évidemment. Elle a 25 ans, soit trois ans de plus. Elle a eu une autre relation, de laquelle son enfant est né. Elle a un commerce, qui lui apporte son lot de soucis. Elle connaît la vie, moi pas. J'ai 22 ans mais j'ai tout reçu sur un plateau d'argent, je n'ai jamais dû travailler et je gagne ma vie en faisant ce que j'aime le plus. Quand je rentre à la maison, elle prépare mon dîner... Nous sommes ensemble depuis dix mois maintenant et je ne veux pas la perdre. Ses parents vivent également pour le football. C'est aussi quelque chose qui me touche et je voudrais le montrer mais je n'y parviens pas... Bizarre, très bizarre"."Sollied exagère"Il a effectué son examen de conscience. Reste à appliquer toutes ces bonnes résolutions. "Je place toute ma confiance dans le second tour. A partir du 5 janvier,je veux montrer à l'entraîneur qui je suis vraiment car lui aussi n'a cessé de me soutenir. Je ne veux pas perdre sa confiance. Je suis évidemment ravi d'entendre que je suis son meilleur défenseur mais je pense que c'est un peu exagéré. Quand je vois Timmy Simons jouer derrière, je mesure le chemin qu'il me reste à parcourir. Mais enfin, je suis aussi là pour apprendre. Je suis encore jeune, j'ai encore de nombreuses saisons devant moi. Je vais m'atteler à progresser. Nul n'est parfait. Tout le monde a ses problèmes". Christian Vandenabeele" Je me renferme comme une huître alors que je ferais mieux d'être plus ouvert" "Quand je vois jouer Timmy Simons, je mesure l'ampleur du travail que je dois encore accomplir"