L'avantage du terrain, la fierté de disputer pour la première fois une Coupe du Monde sur son continent, les bonnes choses montrées par certaines équipes au cours des mois précédents, les leçons prometteuses de la dernière CAN, l'expérience de coaches majoritairement européens, et blablabla.
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L'avantage du terrain, la fierté de disputer pour la première fois une Coupe du Monde sur son continent, les bonnes choses montrées par certaines équipes au cours des mois précédents, les leçons prometteuses de la dernière CAN, l'expérience de coaches majoritairement européens, et blablabla. Il y a un mois, on pouvait croire que plusieurs qualifiés africains allaient casser la baraque. Mais à part le Ghana, ils se sont surtout écrasés, sont partis très vite sans montrer grand-chose. Leur élimination - surtout celle de l'Afrique du Sud - a aussi plombé l'ambiance dans les rues, subitement devenues moins colorées mais également moins bruyantes : ouf ! On retiendra éternellement que l'Afrique du Sud a été le premier pays organisateur à ne pas passer le cap des poules, mais le bilan des Bafana Bafana n'est pas uniquement négatif. Ils ont gagné un match et fait un nul, et ils n'ont été éliminés qu'à la différence de buts. Mais ils ont tout perdu dans deux moments précis : quand ils ont oublié de tuer les Mexicains dans les dernières minutes du match d'ouverture, puis dans leur deuxième mi-temps contre l'Uruguay (0-3). Leur goal-average ne s'en est jamais remis. Peu de gens les croyaient capables de prendre quatre points parce que leurs résultats en préparation avaient été inquiétants. Un des problèmes a été une période de deux ans sans matches officiels, sauf ceux de la Coupe des Confédérations. Carlos Alberto Parreira voulait un maximum de rencontres et il a accepté tous les adversaires : Thaïlande, Guatemala, etc. Et quand l'opposition était plus relevée, les faiblesses sud-africaines éclataient au grand jour. L'élimination n'a donc pas surpris grand monde mais les Sud-Africains ont quitté le tournoi en étant les héros du peuple et en recevant les félicitations du monde entier. Parreira s'en va et il sera plus que probablement remplacé par son adjoint, Pitso Mosimane, qui a fait une longue carrière de joueur au pays et a aussi évolué en Grèce. La décision officielle pourrait être annoncée cette semaine. En 2006, il avait déjà fait un intérim comme coach national. Même si l'expérience de Parreira s'est mal terminée (on lui reproche ici son salaire démesuré, sa mauvaise gestion du match contre l'Uruguay, le fait d'avoir volé la vedette à un coach local et de ne pas avoir respecté le style de jeu national), il reste fort écouté à la fédé et il a fait la pub de Mosimane. L'ex-légende Jomo Sono (dont l'intérêt pour le poste était assez limité) et Gavin Hunt, le vainqueur des trois derniers championnats, sont restés sur le carreau. Avantages pour Mosimane en vue de la CAN 2012 (au Gabon et en Guinée Equatoriale) : Parreira a trouvé une ossature (surtout composée de joueurs du championnat sud-africain), une jeune génération commence à s'affirmer et il connaît parfaitement la maison. Un seul cadre risque de quitter le noyau : Aaron Mokoena, le capitaine qui aura bientôt 30 ans et n'a plus trop envie de porter le maillot des Bafana. On n'attendait pas de miracles d'une équipe qui n'avait plus marqué sur une phase de jeu depuis son quart de finale à la Coupe d'Afrique ! Ici, les Algériens n'ont pas mis un but. S'ils n'ont pas un tout bon coup franc ou un penalty, ils restent muets. Rabah Saâdane avait souvent mis le doigt sur ce problème avant le tournoi. L'équipe a pourtant progressé depuis la CAN et avec un peu plus de jugeote (l'exclusion d' AbdelkaderGhezzal a vite été suivie du but slovène sur une grosse erreur du gardien) et moins de malchance (les USA ont marqué dans le temps additionnel), les Algériens auraient quand même pu se retrouver en huitièmes de finale. Ils ont toujours essayé de produire du foot mais leur manque d'efficacité les a condamnés. Leur jeu était bien plus séduisant qu'à la CAN. Rafik Saifi (35 ans) quitte l'équipe nationale sur une gifle donnée en public à une journaliste. Yazid Mansouri, ex-capitaine, arrête aussi. De même qu'un des gardiens, Lounès Gaouaoui. Mais le sang neuf arrivé entre mars et le début du tournoi donne des raisons d'espérer à l'Algérie : l'ex-Zèbre Adlène Guédioura, Foued Kadir, Mehdi Lacen, Raïs M'Bolhi. Ils étaient contestés quand ils ont intégré le groupe (on les a traités d'opportunistes), mais ils sont entre-temps considérés comme des valeurs sûres pour demain. Saâdane, dont c'est le cinquième mandat de coach national, devrait stopper et devenir directeur technique national. Le travail qu'il a effectué n'est pas mis en avant par les médias algériens mais la Fédération pense tout le contraire et apprécie par exemple qu'il ait arrêté de croire qu'il était possible de faire progresser cette équipe avec une majorité de joueurs du championnat national. Pour le remplacer, on cite l'Argentin José Pekerman mais la fédé devrait plutôt nommer un Algérien qui s'installerait pour du long terme. Le bilan camerounais est catastrophique : trois défaites et plein de problèmes. Paul Le Guen avait beaucoup tâtonné avant le tournoi, il a continué à le faire ici, pour plusieurs postes clés comme celui de Samuel Eto'o (dans l'axe ou sur un flanc ?). Le coach a aussi eu du mal à gérer les conflits entre la vieille garde (Eto'o, Rigobert Song, Geremi) et la jeune génération. Le ministre des Sports a rencontré les anciens puis tenté d'intervenir dans la composition de l'équipe pour le match suivant. Le Guen l'a remballé. Depuis qu'il a repris le Cameroun, le Français n'est pas arrivé à composer une défense valable. Elle a encaissé cinq buts dans le tournoi, dans la lignée des gifles prises au cours des derniers mois. On reste avec l'image du Cameroun quart de finaliste en 1990, mais il n'a plus jamais passé le premier tour entre-temps et n'était même pas qualifié en 2006. Le Guen a assumé, dit qu'il avait été incapable de trouver le bon fonctionnement. Il part et va peut-être entraîner l'Australie. Le Cameroun fera de nouveau confiance à un coach étranger et le gros chèque offert par la FIFA pour la qualification devrait orienter la fédération vers un autre grand nom (celui de Lothar Matthäus circule avec insistance). Côté joueurs, trois départs sont acquis pour limite d'âge : le gardien Hamidou Souleymanou, Geremi et Rigobert Song. C'est la plus grosse déception africaine. Vahid Halilhodzic, qui avait qualifié l'équipe, avait sauté pour une seule défaite en plus de 20 matches. Sven-Göran Eriksson avait un handicap énorme : il ne maîtrisait pas le groupe et ne connaissait rien de l'Afrique. Il a aussi pratiqué, dans les gros matches contre le Portugal et le Brésil, un jeu bien moins offensif que Halilhodzic. Le Suédois a fait confiance à une grande majorité de joueurs formés à l'académie de Jean-Marc Guillou mais ils n'ont jamais montré ici ce qu'ils avaient appris à Abidjan, c'étaient des footballeurs complètement transformés, en panne de vitesse, de technique, de jeu de passes, de foot vers l'avant. Et Didier Drogba était clairement diminué par son bras fracturé. Les Ivoiriens ont aujourd'hui un sentiment de gâchis : ils se disent que la génération la plus douée de leur histoire ne gagnera probablement jamais rien. La page Eriksson (de loin le coach le plus cher du foot ivoirien) est tournée et les candidatures affluent déjà à la Fédération. Guillou, qui avait postulé au moment du C4 de Halilhodzic, est toujours chaud. On cite aussi Philippe Troussier, qui a déjà occupé le poste dans les années 90. Toutes les pistes les plus plausibles conduisent en tout cas vers la France parce que les patrons de la Fédération ont d'excellents contacts avec l'association des entraîneurs français, qui envoie des candidatures de coaches libres dès que la place est vacante. Le noyau a peu de chances de bouger. Drogba avait signalé il y a quelques semaines qu'il n'était pas sûr de continuer après ce Mondial mais il parle maintenant d'aller jusqu'à la CAN 2012. Une qualification très difficile, forcée par une quarantaine d'hommes, avait confirmé ce qu'on savait : le Nigeria n'a plus de joueurs exceptionnels mais beaucoup de footballeurs moyens. L'équipe était arrivée en demi-finale de la CAN sur un coup de dés. Elle n'a pris qu'un point dans ce Mondial et personne n'a crevé l'écran, personne ne s'est mis au niveau des cracks de l'histoire nigériane : SundayOliseh, Jay-Jay Okocha, Victor Ikpeba, Daniel Amokachi, etc. Depuis ses grands succès des années 90 (CAN et Jeux Olympiques), le Nigeria n'a plus réussi de vrai exploit. Le chef de l'Etat, furieux du résultat dans ce Mondial, a annoncé son intention de suspendre l'équipe pour deux ans. La FIFA s'en est mêlée et pourrait elle-même prendre cette mesure à cause de l'intervention du politique dans le fonctionnement d'une fédération nationale. Tout peut arriver dans les prochaines semaines. Mais le Suédois Lars Lägerback pourrait rester en place malgré l'échec : on lui a proposé un contrat de quatre ans avec l'ambition avouée d'en faire un nouveau Clemens Westerhof, le Hollandais qui a entraîné l'équipe au début des années 90, l'a menée sur le toit de l'Afrique et qualifiée pour un deuxième tour de Coupe du Monde. La Fédération va aussi créer un comité technique, avec notamment Okocha et Amokachi, pour analyser les raisons de la Coupe du Monde ratée. Point de vue noyau, Joseph Yobo va avoir 30 ans mais envisage quand même de continuer jusqu'à la prochaine CAN. Joseph Akpala n'a apparemment pas les bons soutiens, ce serait pour cela qu'il n'a pas été retenu. Il souffre du même problème qu'un autre attaquant, Michael Eneramo : il casse la baraque avec l'Espérance Tunis mais a finalement sauté de la présélection.l par pierre danvoye, en afrique du sud"En plein tournoi, le ministre des Sports camerounais a essayé de modifier l'équipe." "L'Algérie n'a plus marqué sur une phase de jeu depuis son quart de finale à la Coupe d'Afrique." "Jean-Marc Guillou pourrait être le nouveau coach de la Côte-d'Ivoire."