Dès mardi, Jean-Claude Verbist sait que l'inéluctable va se produire. Le président convoque l'ancien manager des Loups à une réunion. Mais l'Assemblée Générale ne figure nullement à l'ordre du jour. Le but: trouver une solution au problème posé par... Marc Grosjean! Du moins par ses indemnités de rupture. L'actuel entraîneur du RFC Liége est présent. Ainsi que Filippo Gaone et Christian Brahy (administrateur). Brahy? Oui. Parce que le président "souhaite un témoin".
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Dès mardi, Jean-Claude Verbist sait que l'inéluctable va se produire. Le président convoque l'ancien manager des Loups à une réunion. Mais l'Assemblée Générale ne figure nullement à l'ordre du jour. Le but: trouver une solution au problème posé par... Marc Grosjean! Du moins par ses indemnités de rupture. L'actuel entraîneur du RFC Liége est présent. Ainsi que Filippo Gaone et Christian Brahy (administrateur). Brahy? Oui. Parce que le président "souhaite un témoin". Si l'entrevue entre les quatre hommes se passe plutôt bien, il n'en va pas de même du face à face que Jean-Claude Verbist provoque avec Gaone. Dialogue impossible. Communication coupée. Définitivement. Sans surprise, le vote effectué mercredi soir en Assemblée Générale éjecte Verbist. 3 voix contre 7. Dix votants se sont prononcés sur les 12 administrateurs convoqués dans les règles de l'art et répartis en trois catégories: les membres fondateurs (Filippo Gaone, Sita et Ladelfa), les membres effectifs (Brahy, Michael Gaone, Lambert, Peruzzi, Schrevens, Tacel, Van Cauwenberghe et Verbist) et les Membres d'Honneur ( Dereau). Pino Ladelfa et Christian Dereau n'ont pas participé au vote. Membre fondateur de la nouvelle RAAL dans les années 80, Pino Ladelfa a démissionné de son poste d'administrateur pour des raisons éthiques mais est resté membre d'honneur. Mais pour éviter toute discussion, les parties en présence lui ont, de commum accord, demandé de ne pas prendre part au vote. Christian Dereau, qui pour des raisons professionnelles, avait également pris ses distances, n'était pas autorisé à voter. Mercredi, 22 heures. Jean-Claude Verbist est jeté. L'ex-manager perd une bataille. Cependant, à ses yeux, le combat ne prend pas fin pour autant. A la sortie du "RAALeur", un café-local au nom prédestiné, il annonce "préparer une conférence de presse afin de présenter son dossier". Ajoutant même une phrase tombée telle une menace: "Il n'y sera pas question de football seulement". Incontactable depuis, Verbist n'en dit pas plus. Actuellement du moins. A cela Filippo Gaone répond: "L'écusson de La Louvière présente du vert et du blanc. S'il veut y ajouter du noir, qu'il sache que je défendrai le club. Bec et ongles. Celui qui nuit au matricule ne l'aime pas. Il m'a fait du mal à titre personnel. J'en déduis qu'il n'éprouvait aucune amitié à mon égard. Il a même confié à des tiers qu'il allait se servir de son pouvoir syndical pour me retourner. Triste. Où allons-nous?"Jeudi, 9 heures. Le jour d'après. Important. Déterminant au plan sportif. Une âme bien intentionnée a appelé Daniel Leclercq lui signifiant qu'il allait être viré. Que son successeur serait Benoît Thans! Dans l'art de jeter de l'huile sur le feu, dur de faire mieux. Celui qui a prétendu cela ne doit pas bien connaître Benoît. Le Liégeois, loin d'être fou, s'avoue davantage attiré par d'autres attraits du football. Les jeunes, notamment, auxquels il voue une authentique passion. Le télétexte de la VRT propose un son de cloche différent. Trois candidats sont cités, Ariel Jacobs, Jean Thissen et Stéphane Demol. Leclercq attend. Un coup de fil du président. L'appel ne vient pas. Pas celui-là du moins. Car des gens se manifestent. Positivement. Le secrétaire du club amène des messages de soutien issus du site Internet. Jeudi, 13 heures. Daniel Leclercq va faire comme si de rien n'était. Préparer l'entraînement. Préparer la rencontre à Bruges. En ce qui le concerne, pas question de démissionner. Il dit: "D'accord, je suis déçu. Ce club mérite de vivre en bonne harmonie. Les supporters aussi sont en droit d'attendre mieux. Je sais de quoi je parle. La Louvière ressemble à Lens. Avec des gens qui parfois se privent de manière à pouvoir assister aux rencontres. Je pense aussi aux bénévoles". Jeudi, 15 heures. Début de l'entraînement. Répétitions de phases. Daniel Leclercq apparaît souriant. Jovial. On le dirait libéré, d'une certaine manière. A la fin de la séance, un incident oppose Manu Karagiannis et Nicolas Ouédec. Sans l'intervention rapide de Jeff Lecomte, c'était la bagarre de rue. Illustration d'une tension extrême opposant les plus anciens aux Français? Olivier Suray, qui en a vu d'autres dans sa carrière sourit: "Ça ne peut que faire du bien. Parfois, certaines choses doivent sortir". Les antagonistes donnent des explications dignes des cours d'école primaire. Voire gardienne: "C'est lui qui a commencé, il me cherche depuis un moment". "Non, c'est lui. Il m'a donné un coup de coude". Ne dramatisons pas, cela arrive partout.Jeudi, 16 heures 45. Filippo Gaone arrive. S'enferme dans le bureau du coach. Après une grosse heure de discussion, les deux hommes sortent. Bras dessus, bras dessous. Fièrement, le président nous montre le contrat de Daniel Leclercq, portant sur une durée d'un an avec une saison supplémentaire en option: "Je n'en reviens pas. Il a signé. Quel Monsieur. Un grand Monsieur".Jeudi, 18 heures 30. Le GSM présidentiel n'arrête pas de sonner. Le concierge ferme les grilles du Tivoli. Sur le parking, une Mercedes bleue paraît bien seule. En attente de son pilote. La Louvière sait qu'elle gardera le sien. Daniel Leclercq en l'occurrence. Pour autant, la vie dans le Hainaut ne ressemblera pas immédiatement à un long fleuve tranquille. Dès que Jean-Claude Verbist se décidera à monter à la tribune, des éclairs strieront le ciel. Daniel Renard