Dimanche prochain, Cisco (51 ans) devra faire un choix : supporter Bruges ou le Standard. " Quoi qu'il se passe, je serai satisfait. Dans n'importe quel cas de figure, un de mes frères sortira gagnant. Je n'ai donc pas de préférence. Si maintenant on me menace avec un revolver et qu'on me demande de choisir entre les deux, je répondrais que je préférerais que Bruges l'emporte... pour ne pas qu'Emilio perde son job ( Il sourit) ".
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Dimanche prochain, Cisco (51 ans) devra faire un choix : supporter Bruges ou le Standard. " Quoi qu'il se passe, je serai satisfait. Dans n'importe quel cas de figure, un de mes frères sortira gagnant. Je n'ai donc pas de préférence. Si maintenant on me menace avec un revolver et qu'on me demande de choisir entre les deux, je répondrais que je préférerais que Bruges l'emporte... pour ne pas qu'Emilio perde son job ( Il sourit) ". Mais quel serait leur club idéal selon lui ? Cisco : " Je vois bien Emilio à Anderlecht. Manu est à sa place au Standard. Les deux pourraient également fonctionner en duo car leurs qualités se complètent. Et moi, je servirais de scout ( Il rit) ". Cisco s'y connaît : c'est le seul représentant de la famille Ferrera à avoir joué en D1. De 1972 à 1974, c'était lui la star de la famille, lorsqu'il portait les couleurs du Crossing de Schaerbeek au sein de l'élite. Par après, il passa successivement à Alost, à l'Olympic Charleroi, au Racing Tournai et à Liedekerke. " J'avais le malheur de ne pas jouer à Anderlecht. Comme je venais de Schaerbeek, je me suis inscrit au Crossing. Lorsque je faisais partie de l'élite, il n'y avait que deux joueurs de moins de 18 ans en D1 : Ludo Coeck et moi. Deux ans plus tard, le Crossing est descendu et c'est tout naturellement que je suis resté fidèle au club ". Depuis 1987, il a embrassé la carrière d'entraîneur qui le mena dans plusieurs cercles bruxellois - il entraîna même son frère Emilio à Ganshoren. Aujourd'hui il coache l'équipe Première d'Auderghem en 2e Provinciale et c'est toute la famille Ferrera qui gravite dans le foot. Cisco : " Mon fils Yannick (27 ans) entraîne les juniors nationaux d'Anderlecht ; le fils de ma s£ur, Raphaël Galleri porte les couleurs du White Star Woluwé ; le fils de Manu, Esteban (19 ans) joue au RWDM et celui d'Emilio, Alexis (10 ans) à Archennes ". " Il y a une différence de 13 ans entre Emilio et moi ", dit Cisco. " Ma s£ur Francesca était plus âgée de deux ans. C'était elle la patronne de la famille quand nous avons rejoint la Belgique. Elle s'occupa de l'inscription d'Emilio à l'école mais aussi des bulletins. Moi, je pris en charge tout le volet football. A 13 ans, il me téléphonait après mes matches et il me demandait tous les détails. Certains ne veulent connaître généralement que le score. Lui, il voulait savoir qui avait marqué et comment s'était déroulée l'action. Je le considérais presque plus comme mon fils. Il venait par exemple en vacances avec ma femme et moi. Des trois frères, c'était celui qui avait le métier d'entraîneur le plus ancré en lui. Ce n'est pas pour rien qu'il a arrêté de jouer à 25 ans. C'est un perfectionniste. Il veut parvenir au top et il voyait qu'il n'avait pas d'avenir comme joueur ". Quand on lui parle de l'image parfois négative qu'Emilio peut véhiculer, Cisco le défend immédiatement : " On lui a collé l'étiquette d'ambitieux mais cela dépend d'où on se place. Tous les joueurs disent par exemple qu'il s'agit du meilleur entraîneur avec lequel il leur a été donné de travailler. Par contre, c'est vrai qu'Emilio n'est pas du genre à demander à un supporter comment va sa femme. On ne peut pas le placer dans la catégorie des entraîneurs relations publiques. Quand un club engage un entraîneur, c'est avant tout pour... entraîner. Finalement, la seule chose qu'il manque à Emilio, ce sont des titres. Quand il les décrochera, tout le monde dira que son perfectionnisme est une qualité. On ne peut nier ses qualités intrinsèques d'entraîneur. Quand je vois qu'il pointe à la troisième place avec les joueurs qu'il a à Bruges, c'est un miracle. Car, au niveau des individualités, il n'y a pas photo entre le noyau de Bruges et ceux d'Anderlecht et du Standard ". Avec Manu, la différence d'âge est moins marquée. Cisco : " Il y a quatre ans. Nous jouions aux mêmes jeux lorsque nous étions enfants et c'était un copain. C'est un garçon très intelligent qui sent très vite la direction que prend un match. Si Emilio est quelqu'un de scientifique où tout est programmé, Manu est davantage instinctif. Je suis sûr qu'il est précieux au Standard car il apporte son analyse posée et son calme quand il le faut. S'il a accepté d'être adjoint, c'est parce qu'il s'agissait du Standard et que l'entraîneur principal se nomme Michel Preud'homme ". Quand on demande au grand frère de déceler dans le caractère et la vision du football de ses frères les traces d'hispanité, il réfléchit et lance : " Manu est le plus espagnol des trois. Pour cela, il ressemble à notre père. Malgré son exil en Belgique, Eladio a toujours conservé l'Espagne dans son c£ur. Tous ses amis sont espagnols et si on lui demande aujourd'hui de revenir dans son village andalou, il part de suite. D'ailleurs, il y retourne sans ma mère, deux mois durant, en été. Manu n'avait que trois ans quand il a quitté El Cerro de Andevalo, mais la culture espagnole est ancrée en lui. Il fréquente des bars espagnols, il s'est marié à une Espagnole, il est très branché foot espagnol. D'ailleurs, c'est le seul à avoir une carte d'identité espagnole ! Dans son caractère, il a gardé la gaieté et la sympathie des Andalous. Quant à Emilio, il a en lui cette fierté andalouse. Il se donne à fond dans tout ce qu'il fait. Quand il aime quelqu'un, il l'aime à 600 % et lui fait confiance à fond. Mais s'il se sent trahi, il ira aussi au conflit à fond. Je lui ai déjà dit qu'il ne doit pas attendre que tout le monde s'investisse autant que lui. Avec la presse, c'est la même chose. Il fait attention à ce qui peut s'écrire sur lui. Il est très susceptible à ce sujet même si je sens qu'il se calme. A la limite, il ne devrait même pas lire ces articles. Manu va faire moins attention au battage médiatique. S'il y a un article qui s'inscrit en porte-à-faux avec lui, il va l'effacer de sa mémoire ". STÉPHANE VANDE VELDE