Eiji Kawashima est une victime collatérale de la situation et des problèmes qui sont nés autour de Sinan Bolat. Le gardien japonais ne devrait pas être mêlé à un dossier qui ne le concerne guère. Au Cercle Bruges, Kawashima a été surpris par les chants des supporters liégeois en l'honneur de Bolat. C'était leur façon de rendre hommage au portier belgo-turc qui a marqué l'histoire du Standard. Ils savent que Kawashima est resté invaincu à 11 reprises et que sa défense (la 4e de D1) est en progrès. Quand ils acclament Bolat alors que Kawashima a la balle, c'est pour expliquer à la...

Eiji Kawashima est une victime collatérale de la situation et des problèmes qui sont nés autour de Sinan Bolat. Le gardien japonais ne devrait pas être mêlé à un dossier qui ne le concerne guère. Au Cercle Bruges, Kawashima a été surpris par les chants des supporters liégeois en l'honneur de Bolat. C'était leur façon de rendre hommage au portier belgo-turc qui a marqué l'histoire du Standard. Ils savent que Kawashima est resté invaincu à 11 reprises et que sa défense (la 4e de D1) est en progrès. Quand ils acclament Bolat alors que Kawashima a la balle, c'est pour expliquer à la direction du Standard qu'on ne peut pas bannir brutalement une légende rouche comme Bolat. Les supporters n'ont pas oublié sa tête miraculeuse en Coupe d'Europe contre AZ, le penalty arrêté à Gand sans lequel le Standard de Laszlo Bölöni n'aurait pas décroché les test matches, un nouveau titre et une juteuse qualification européenne. Arrivé de Genk comme troisième gardien de but, Bolat est devenu une star de la D1 mais n'a jamais été payé au regard de son talent et de son apport, que ce soit par Lucien D'Onofrio ou Roland Duchâtelet. Bolat a noté tout cela en se souvenant aussi de l'amende de 5.000 euros que le Standard lui infligea à Genk après son incident avec Jelle Vossen alors que ses exploits ne lui rapportèrent aucune prime. Après avoir tant brillé au Standard (un titre, une Coupe de Belgique, etc.), il a exprimé ses ambitions qui passaient par un départ à l'étranger. Bien que blessé, Bolat a trouvé un club anglais (Fulham) qui a exigé que le joueur fasse sa revalidation à Londres, tout en restant en contact avec le Docteur Declercq qui l'a opéré, avant de réaliser le transfert. Bolat s'est installé là-bas, s'est acheté des meubles, a travaillé tandis que les deux clubs convenaient d'un prix de transfert (le joueur termine sa dernière année de contrat à Liège). Fulham entendait organiser un match amical avant de trancher. Comme c'était impossible en décembre (les clubs anglais jouent alors tous les deux jours), Fulham bloqua le 8 janvier. Le Standard fixa une date limite : le 3 janvier. Les Anglais n'ont pas changé d'avis à propos de la date du match amical, Bolat est dès lors revenu au Standard, a pris part au stage d'hiver en Turquie avant que Duchâtelet raye le gardien international turc, en estimant probablement qu'il jouait la montre pour partir gratuitement en été. Or, Bolat espérait signer à Fulham et, à défaut, envisageait de jouer en janvier au Standard pour trouver une autre piste. Le Standard n'a aucune offre mais aurait songé au marché russe pour y " placer " son gardien mais les clubs de ce pays engagent rarement un gardien de but étranger. Quant au principal intéressé lui-même, qui n'a jamais caché son désir de jouer tôt ou tard en Turquie, la voie paraît bel et bien dégagée. On chuchote d'ailleurs que Bolat aurait un pré-accord avec les Stambouliotes de Besiktas. PIERRE BILIC