" Je ne regrette rien ", a déclaré Lance Armstrong avec sa légendaire fierté, mercredi 16 février, en annonçant sa retraite numéro deux. Hormis une belle injection financière à sa fondation contre le cancer, Livestrong, son comeback n'a rien apporté au Boss. Au contraire, l'Américain autrefois invincible est devenu un coureur moyen, qui a même peiné au Tour Down Under.
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" Je ne regrette rien ", a déclaré Lance Armstrong avec sa légendaire fierté, mercredi 16 février, en annonçant sa retraite numéro deux. Hormis une belle injection financière à sa fondation contre le cancer, Livestrong, son comeback n'a rien apporté au Boss. Au contraire, l'Américain autrefois invincible est devenu un coureur moyen, qui a même peiné au Tour Down Under. L'empire cycliste de King Lance a commencé à se fissurer durant l'étape vers Andorre-Arcalis, au Tour 2009. Ce jour-là, en démarrant, son coéquipier d'alors, Alberto Contador, a bafoué les consignes de His Majesty. Une révolution de palais ! A ce moment, grâce à sa personnalité dominante, Armstrong conservait le reste du peloton à sa botte. Fin stratège, il a endormi ses concurrents pour s'emparer de la troisième place. " Je pensais vraiment pouvoir remporter le Tour une huitième fois ", a-t-il raconté dans son message d'adieu. L'année dernière, il a terminé 23e de sa dernière Grande Boucle, en roi déchu. Ce n'est pas le Texan mais Fabian Cancellara qui s'est institué patron du peloton durant la première semaine. Au fil des jours et de sa glissade dans l'anonymat, Armstrong multipliait les chutes, au point de tomber plus souvent en un tour que durant les sept qu'il a gagnés. L'illustration d'un roi qui tombe de son trône. Même ses anciens serviteurs, Floyd Landis en tête, ont scié les pieds de son trône, depuis les coulisses. King Lance s'était trop élevé pour encore maîtriser le terrain du cyclisme. Au profit de Livestrong, il fréquentait les cercles d'affaires, de la politique, les VIP. Il parcourait le monde comme si ses journées comptaient plus de 24 heures, au point que sa préparation au Tour était passée au second plan. Coincé par son agenda, Armstrong avait renoncé à la reconnaissance des étapes, il avait adapté son programme de courses, négligé l'étude de ses adversaires, qu'il a en outre sous-estimés. 2011 devait être une tournée d'adieux en-dehors de l'Europe, une année sans Tour de France donc. Faut-il s'étonner qu'Armstrong ne parvienne pas à se motiver pour un tel programme ? Depuis 1999, le Tour était la seule course qui l'intéressait. Cette spécialisation extrême lui a permis de devenir le meilleur coureur du Tour de tous les temps et elle restera éternellement une source de critiques quant à son palmarès. Armstrong, qui fêtera ses 40 ans en septembre, est à nouveau confronté au défi qu'il tentait à tout prix de reculer : donner un sens à une vie dénuée de cyclisme. Y parviendra-t-il en tant que partenaire d' Anna Hansen et père de cinq enfants ? En tant que politicien, que triathlète ou comme team-manager, à moins qu'il ne devienne organisateur ou homme d'affaires. La direction de sa nouvelle vie dépend largement des conclusions de l'enquête américaine quant à son éventuel dopage. Les preuves indirectes sont accablantes. BENEDICT VANCLOOSTER