Ce n'est plus le RMP (Royal Mouscron Péruwelz) mais le REM (Royal Excel Mouscron). Avec un nouveau logo, un nouveau maillot (rouge devant et ligné rouge et blanc derrière, c'est original), un nouveau directeur général (l'ancien arbitre PaulAllaerts) et un nouveau président. PatrickDeclerck est parfois comparé à MarcCoucke. A cause des lunettes, mais pas seulement. " Nous sommes tous les deux des hommes d'affaires ", précise-t-il. " La principale différence qui nous sépare, c'est le... portefeuille ! "
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Ce n'est plus le RMP (Royal Mouscron Péruwelz) mais le REM (Royal Excel Mouscron). Avec un nouveau logo, un nouveau maillot (rouge devant et ligné rouge et blanc derrière, c'est original), un nouveau directeur général (l'ancien arbitre PaulAllaerts) et un nouveau président. PatrickDeclerck est parfois comparé à MarcCoucke. A cause des lunettes, mais pas seulement. " Nous sommes tous les deux des hommes d'affaires ", précise-t-il. " La principale différence qui nous sépare, c'est le... portefeuille ! " A l'entame du championnat, il a fait une première constatation réjouissante : " Il y avait longtemps qu'il n'y avait plus eu autant de monde au Canonnier. Je ne sais pas si j'y suis pour quelque chose... " Sans doute pas. Il est encore un peu tôt pour juger d'un éventuel retour du public. Anderlecht a toujours été, avec le Standard, l'un des rares adversaires qui attirait du monde dans la cité des Hurlus. On verra, lorsque l'Excel sera opposé à Waasland-Beveren ou à Westerlo, si le club enregistre réellement un regain de popularité. En tout cas, Declerck sait où il veut aller pour séduire les supporters locaux. " Je me réjouis du retour de JérémyHuyghebaert. C'est un ancien produit du Futurosport et c'est le genre de joueurs auquel le public mouscronnois peut s'identifier. J'aimerais aussi faire revenir l'un ou l'autre joueur flamand. Pour leur mentalité, mais aussi parce que nous sommes tout proches de la frontière linguistique et que leur présence pourrait attirer quelques supporters néerlandophones, comme autrefois. " Declerck affirme ne pas vouloir émettre de jugement sur l'aspect sportif. Il se risque tout de même à avouer une ambition. " Si l'on pouvait terminer dans la colonne de gauche, ce serait bien. Mais je me contenterais facilement du haut de la colonne de droite. " L'Excel en a-t-il les moyens ? Ces deux dernières années, le RMP s'était à chaque fois sauvé lors de la dernière journée. Et même dans les prolongations du championnat, puisque la licence a toujours été contestée par quelques adversaires essayant d'obtenir sur le tapis vert un maintien qu'ils n'avaient pas pu assurer sur la pelouse. On a pensé, l'espace d'une mi-temps, que l'Excel allait entamer la Jupiler Pro League sur un exploit, lorsqu'il a mené - contre le cours du jeu - face à Anderlecht. Mais la déception d'avoir été rejoint, puis dépassé au marquoir à un moment où il commençait paradoxalement à mieux contrôler le match, a fait perdre à certains joueurs le sens des réalités. " Au niveau du contenu, je pense que ce n'était pas mal ", a déclaré DimitriMohamed à chaud, après le coup de sifflet final. Disons que l'Excel a tenu le coup défensivement, et qu'il a fait preuve de solidarité, mais on ne doit pas oublier qu'il n'a eu quasiment aucune prise sur l'entrejeu et que son seul but - superbe, par ailleurs - est un peu tombé du ciel, puisque les Hurlus ne s'étaient encore créé aucune occasion jusque-là. " Ce n'est pas facile de débuter le championnat contre Anderlecht, c'est une équipe de qualité ", tente de relativiser le buteur, FilipMarkovic. Il n'a pas tort, mais c'était un Anderlecht qui n'a pas encore totalement assimilé les méthodes de RenéWeiler et qui revenait d'un déplacement éreintant à Rostov. Cet Excel-là parviendra-t-il à se créer plus d'occasions face à des adversaires directs, c'est-à-dire les autres équipes appelées à jouer pour leur maintien ? L'entraîneur GlenDeBoeck réclame des renforts. Des joueurs belges, car l'Excel n'en compte que six affirmés si l'on ne prend pas en considération les jeunes qui complètent l'effectif, mais pas uniquement : il veut aussi des joueurs d'expérience. " On manque de métier ", regrette-t-il. " Je ne peux pas me contenter de joueurs qui ont réalisé l'essentiel de leur carrière en D2 ou en D3. Je ne suis pas sûr que tous mes joueurs réunis aient joué autant de matches de D1 que le seul OlivierDeschacht. Ce manque d'expérience risque de se payer cash. Contre Anderlecht, cela a d'ailleurs déjà été le cas. " Plutôt que d'obtenir un renfort, De Boeck a déjà perdu un joueur entre-temps, puisqu'AniceBadri a répondu à l'appel de l'Espérance de Tunis. Il pourrait aussi perdre NoéDussenne : le Montois est toujours susceptible de quitter le club avant la fin du mercato. Or, il incarne l'une des valeurs sûres de l'équipe. Son association avec StefanSimic, le défenseur tchèque prêté par l'AC Milan, semble solide. En préparation, la défense s'est révélée quasiment intransigeante : elle a réussi à garder le zéro dans tous ses matches de préparation, à l'exception du 2-2 contre l'Union Saint-Gilloise. Il faut dire que l'Excel n'a rencontré que des adversaires de divisions inférieures : Dottignies, Tournai, Renaix, Seraing, Roulers et Dender (le match contre Reims ayant été interrompu assez rapidement par l'orage). Bref, les relations semblent assez tendues entre De Boeck et la direction, et en particulier avec le directeur sportif YuriSelak, en charge des transferts. " Vous connaissez les entraîneurs ", tempère-t-il. " Ils aiment mettre la pression et en veulent toujours plus. De Boeck ne doit pas oublier que je suis allé le chercher alors qu'il était resté sans club pendant trois ans. Et je ne l'ai jamais regretté : j'étais sûr, dès le départ, qu'il allait sauver le club la saison dernière, et il l'a fait. Et cette saison, je vois déjà que l'équipe est plus loin que l'an passé à la même période : physiquement, tactiquement et même qualitativement. Cela signifie, d'une part, que De Boeck et son staff ont bien travaillé, et d'autre part qu'il y a de la qualité dans cette équipe. Lorsque De Boeck a resigné pour cette saison, il l'a fait en connaissance de cause. Il connaît notre projet, à savoir donner une chance aux jeunes du Futurosport, afin que le travail effectué dans le centre de formation ne le soit pas en pure perte et que d'autres jeunes n'hésitent plus à rejoindre le club. Si MelvinNeves était sur la feuille de match contre Anderlecht, c'est parce qu'il le méritait, pas uniquement pour respecter le quota de joueurs belges. Maintenant, si Dussenne s'en va, il est évident qu'il sera remplacé. Des candidats acquéreurs se sont déjà manifestés, mais ils ne sont pas disposés à mettre sur la table ce que nous demandons. Nos prétentions ne sont pourtant pas exorbitantes. Quand je vois ce qu'Anderlecht a dépensé pour KaraMbodj ou SébastienDeMaio... Nous ne demandons pas autant, et pourtant, Dussenne n'est pas loin de valoir ces joueurs-là. Quant à Badri : pourquoi l'avons-nous laissé partir ? Tout simplement parce qu'il était très tenté par l'Espérance de Tunis et qu'il est inutile de retenir un joueur contre son gré. En plus, il serait arrivé en fin de contrat en 2017. En le vendant aujourd'hui, nous avons tout de même récolté un peu d'argent. Pour l'instant, je ne vois pas l'obligation de le remplacer à tout prix. Des solutions existent dans le noyau. Badri est plus à l'aise sur le flanc gauche qu'au centre, et à gauche, il y a ValentinViola, dont De Boeck ne voulait pas au départ mais qui a compris le message et qui ne rechigne désormais plus à accomplir ses tâches défensives. De là à dire que nous ne réaliserons plus aucun transfert entrant d'ici à la fin du mercato ? Disons qu'un peu de muscle dans l'entrejeu ne ferait pas de tort, et que nous restons à l'affût de toute opportunité en attaque, comme tous les clubs d'ailleurs. Nous ferons le point après la réception de Saint-Trond, dans dix jours. Le week-end prochain, nous avons un match difficile à Ostende, mais si l'équipe ne prend pas les points nécessaires contre les Canaris, il nous restera dix jours de mercato pour rectifier le tir. " Miser sur les jeunes du Futurosport alors qu'on voit débarquer quantité de joueurs étrangers, n'est-ce pas contradictoire ? " Non, pas du tout ", assure Selak. " D'abord, les joueurs belges, a fortiori d'expérience, coûtent les yeux de la tête. Et puis, vous l'avez dit vous-même : il faut inscrire six joueurs belges sur la feuille de match, donc si les joueurs transférés sont des étrangers, cela laisse une chance aux jeunes du cru. A eux de la saisir. " Qu'en pense le nouveau capitaine, DavidHubert ? " Il ne m'appartient pas de juger de la politique de transferts, de ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire en la matière ", précise-t-il d'emblée. " Nous avons une équipe dirigeante compétente pour cela, qui sait jusqu'où elle peut aller en matière de budget. Car, il ne faut pas l'oublier : Mouscron a l'un des plus petits budgets de D1. Nous, en tant que joueurs, devons simplement donner le maximum lorsque nous sommes sur le terrain. Ce que je peux dire, c'est que je ressens une grande envie de bien faire au sein du groupe. De saines ambitions, aussi. Nous savons où nous voulons aller, et quel est le chemin à emprunter pour y arriver. Nous en avons discuté entre nous et cela ne doit pas sortir du vestiaire. " Hubert partage l'avis de Selak sur un point : l'équipe est plus avancée aujourd'hui que l'an passé à la même époque. " Nous avons gardé le même entraîneur, le même staff, et il a même été renforcé : c'est un avantage. Le groupe de joueurs n'a pas été bouleversé non plus. Donc, on se connaît mieux. Je ne peux pas comparer la préparation avec celle de la saison dernière, car je n'étais arrivé que le 1er septembre, mais celle-ci a été très bonne : on a travaillé dur, physiquement et tactiquement. Chacun connaît son rôle. Que doit faire l'arrière droit, que doit faire l'arrière gauche : cela a été expliqué de façon très claire. Maintenant, qu'il reste des lacunes à gommer, c'est évident et c'est logique : l'équipe est jeune. Mais on est déjà bien en place, c'est encourageant. " Cette équipe jeune, un ancien comme Hubert aura pour mission de la guider. C'est sans doute pour cela qu'on lui a confié le brassard. " Ce brassard, je ne l'ai pas demandé. Et il ne changera rien à mon comportement. J'avais déjà été capitaine à Genk, alors que j'étais beaucoup plus jeune. J'ai toujours beaucoup communiqué sur le terrain, que je porte le brassard ou pas. Aujourd'hui, j'ai 28 ans et je sais que j'ai une expérience à transmettre. Je prends mes responsabilités, mais je ne suis pas le seul. Je trouve important que le groupe puisse compter sur trois, quatre ou cinq joueurs qui s'affirment comme des leaders. Des joueurs capables de remettre le train sur les bons rails lorsqu'il a tendance à dérailler. " Jusqu'où peut aller cette équipe ? " Il est trop tôt pour le dire, le championnat vient à peine de commencer. Je constate simplement que l'ambition est présente. On a envie de gagner tout en produisant du bon football. Une énergie positive se dégage à tous les niveaux du club. On sait aussi qu'on n'a pas une marge de manoeuvre très large : il faudra être à 100 % chaque week-end et ne jamais perdre la concentration. Les prix ne sont distribués qu'en fin de compétition, mais je sais que si nous nous appliquons, nous serons récompensés. " Avant de parler de prix, ne faudrait-il pas d'abord parler du maintien ? " C'est clair que, plus tôt il sera acquis, mieux ce sera. Cette équipe a aussi besoin de se libérer, de prendre conscience de ses possibilités. Personne n'a envie de revivre les affres de la saison dernière. Mais on ne se contentera pas du maintien, on vise plus haut. Et, si l'on veut faire revenir le public au stade, cela passera aussi par du bon football. " PAR DANIEL DEVOS - PHOTOS BELGAIMAGE" Si on pouvait terminer dans la colonne de gauche, ce serait bien. Mais je me contenterais facilement du haut de la colonne de droite. " PATRICK DECLERCK, LE PRÉSIDENT