A sa façon, il est le Géant Atlas de la mythologie du Standard. Absent à Mons pour excès de cartes jaunes, Jelle Van Damme porte le monde des Rouches sur ses solides épaules depuis le début de la saison. Personne n'a su prendre le relais au Tondreau où les Liégeois ont replongé dans la crise, la médiocrité et les eaux troubles du classement général. Van Damme doit en faire une maladie. Ce gaucher, généreux dans l'effort comme personne, est de tous les combats depuis son arrivée à Sclessin en fin novembre 2010. A l'époque, le Standard manquait de charisme dans sa ligne médiane. Dès son arrivée, son côté boute-en-train fit merveille.
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A sa façon, il est le Géant Atlas de la mythologie du Standard. Absent à Mons pour excès de cartes jaunes, Jelle Van Damme porte le monde des Rouches sur ses solides épaules depuis le début de la saison. Personne n'a su prendre le relais au Tondreau où les Liégeois ont replongé dans la crise, la médiocrité et les eaux troubles du classement général. Van Damme doit en faire une maladie. Ce gaucher, généreux dans l'effort comme personne, est de tous les combats depuis son arrivée à Sclessin en fin novembre 2010. A l'époque, le Standard manquait de charisme dans sa ligne médiane. Dès son arrivée, son côté boute-en-train fit merveille. " Cela ne m'étonne pas du tout ", remarque ThomasChatelle qui l'a bien connu à Anderlecht. " Il n'arrête pas de semer de la joie autour de lui. Au Sporting, il était de tous les coups, comme quand il fallait maquiller la petite voiture d'un équipier avant de la soulever et de la déposer dans un conteneur. Le vestiaire s'est bien marré quand Marcin Wasilewski a découvert un pigeon dans son armoire. Mais Jelle, c'est bien plus que cela. A Anderlecht, on a eu tort de le considérer surtout comme le porteur d'eau de Mbark Boussoufa. Ce n'est pas pour rien que le Sporting a tenté de le faire revenir avant qu'il signe au Standard. " Dominique D'Onofrio partage l'avis de Chatelle : " Le Standard a cassé sa tirelire pour le transférer d'Angleterre, où il n'avait pas trouvé ses marques. Il était le chaînon manquant d'une équipe qui était en panne d'une forte personnalité, dotée d'une solide dose d'expérience. Jelle a tout de suite assumé son rôle de locomotive. Dès son arrivée, il a détendu l'atmosphère et le sourire est revenu sur toutes les lèvres. Jelle n'était pas le seul chanteur du groupe. Réginal Goreux est doué aussi, mais quand Van Damme se lançait dans les refrains préférés de nos supporters, c'était génial. Jelle s'est tout de suite identifié au club. Entre lui et le Standard, cela ne pouvait que marcher. Attention, il y a eu quelques adaptations tactiques et de positionnement sur le terrain mais je n'ai jamais eu de problème avec lui. " Team manager du Standard, Pierre Locht le côtoie au quotidien : " Son vécu lui permet de s'assumer seul : il n'exige jamais rien alors que je suis aussi là pour faciliter la vie des joueurs. Il est drôle, adore imiter les autres et rigole quand ses équipiers miment son échange verbal avec Benjamin De Ceuninck de la RTBF à Mouscron. C'est un capitaine attentif et accepté de tous. Mais Jelle n'est pas du tout du style à régner seul. Il y a d'autres joueurs qui incarnent bien l'esprit liégeois, comme Goreux et Sébastien Pocognoli. Van Damme est polyglotte mais c'est sur le terrain qu'il préfère s'exprimer. Sa volonté se lit sur son visage : c'est sa marque de fabrique. Jelle est la vedette la plus populaire et la plus médiatisée du Standard. Je reçois régulièrement des demandes d'interview, même de l'étranger car il a joué aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre. Jelle prévoit parfois une pause médiatique de deux ou trois semaines. Il refuse de répondre aux questions qui concernent sa femme Elke, sa belle-s£ur, Kim, et toute la famille Clijsters. " Thomas Chatelle estime que Van Damme est taillé sur mesure pour le Standard : " Je l'ai attentivement observé tout au long du dernier Clasico. A 0-1, Jelle a tout de suite réagi, a retourné le stade et la trame du match en faveur du Standard alors que la situation de son club était compliquée. Unique en son genre, il a harangué les gens et son énergie a fait le reste. Il ne faut pas tourner autour du pot : Van Damme a préservé le Standard d'une crise qui aurait certainement provoqué de profonds dégâts. Personne d'autre n'est capable de dialoguer de cette façon avec le public. Pour moi, même s'il est forcément écouté, ce n'est pas un leader dans le sens classique du terme. Il ne tient pas de longs discours mais se transcende en montant sur le terrain. Jelle mouille son maillot, donne tout ce qu'il a en lui au bénéfice de l'équipe : le public, certainement celui du Standard, adore cette attitude. Même si l'engagement et la présence dans le trafic aérien priment dans son style, on ne peut pas prétendre que sa technique est rudimentaire. C'est trop réducteur. J'estime qu'il utilise bien son arsenal. Ses longues transversales sont précises et redoutables. Par contre, il n'était pas à l'aise au poste d'arrière central. Jelle a besoin de bouger, de mettre la main à la pâte alors qu'un stopper est quand même plus calculateur, d'abord concentré sur ses missions défensives. Van Damme reste difficilement en place et a besoin d'avoir beaucoup de boulot. Son retour dans la ligne médiane est logique et la différence a tout de suite sauté aux yeux. " Dominique D'Onofrio pense qu'il détient tous les atouts pour s'installer un jour au c£ur de la défense du Standard mais pas maintenant. " De plus, un changement de position quand même assez radical demande du temps ", observe-t-il. " Il est trop jeune et trop énergique pour se fixer en défense. Je suppose que Ron Jans n'avait pas d'autres solutions sous la main en début de saison. Il ne connaissait pas encore la D1 belge qui a ses spécificités avec un gros engagement, beaucoup de trafic aérien, etc. On ne devient pas arrière central du jour au lendemain. Au Standard, j'ai convaincu deux joueurs de tenter cette expérience : Ivica Dragutinovic et Eliaquim Mangala.Drago hésitait car il était l'arrière gauche de la Serbie. Je me souviens lui avoir dit :- Mais je me fous de ton équipe nationale. Si tu acceptes ce défi, tu joueras un jour dans un grand club européen. Il a capté le message. Rivé au poste d'arrière ou de médian gauche par Trond Sollied à Gand, il s'est progressivement transformé en arrière central avec le succès qu'on connaît, à Seville. " Dominique D'Onofrio insiste sur les ajustements auxquels il a fallu procéder quand JVD débarqua au Standard : " Il s'agissait d'utiliser au mieux ses atouts. A Anderlecht, Jelle avait pris l'habitude de se mouvoir dans un 4-3-3, en étant d'abord au service de Boussoufa. Il s'est bien acquitté de cette tâche mais, avant même de le transférer, j'estimais que notre 4-4-2 lui conviendrait mieux. Nous avons travaillé son positionnement. Jelle doit avoir le jeu devant lui. Il est plus à l'aise dans le couloir que dans l'axe. Là, il peut déborder, se donner à fond, offrir de bons centres. Jelle est d'abord un joueur offensif. Je lui demandais aussi de rentrer dans le jeu quand Mehdi Carcela se lançait dans ses raids de l'autre côté du terrain. Ses courses en diagonale ennuyaient fortement les défenses adverses à cause, notamment, de son jeu de tête. Jelle a assumé un rôle décisif dans notre formidable relance en 2010-11 avec, à la clef, un tour final exceptionnel et un succès en finale de la Coupe de Belgique. S'il a bien fonctionné avec Boussoufa, on se doit d'ajouter que le duo Van Damme-Pocognoli était parfaitement huilé aussi, ce qui prouve que Van Damme s'adapte à toutes les situations. Pour moi, c'est un joueur qui apporte beaucoup et un joueur facile à vivre, ce qui n'est pas toujours évident dans un vestiaire de D1. C'est un gagneur mais aussi un homme qui malgré son statut se sacrifie pour les autres : quand on a un gars comme lui dans un vestiaire, cela vaut de l'or. " Cette saison, Laurent Ciman a joué durant plusieurs mois avec lui au centre de la défense rouche. " Personne ne peut sous-estimer ce qu'il apporte tous les jours à notre équipe. Avec son statut et son long parcours, il aurait facilement pu refuser de reculer au poste d'arrière central. Ron Jans n'avait pas d'autres solutions défensives en début de saison et il n'a pas hésité un seul instant : l'intérêt collectif passait avant tout. Ce n'était pas sa tasse de thé car il préfère évoluer dans la ligne médiane où sa puissance, sa taille et sa force de travail font merveilles. Quand il part dans l'axe, ou de préférence sur le côté gauche, cela déménage. Jelle a retrouvé sa zone de prédilection. Au centre de la défense, j'avais un peu plus d'expérience que lui. Malgré le fait que je sois plus jeune que lui, il a accepté mes petits conseils, mes trucs : chapeau et merci, capitaine, pour ta mentalité, ta générosité, ton mental de guerrier, ta présence dans le vestiaire et ce charisme positif mis au service des autres. " Van Damme est sous contrat jusqu'en fin 2013-14 et se sent comme un poisson dans l'eau au Standard. En été, il s'est probablement posé des questions à propos de la politique des transferts de son club. Le Club Bruges s'est toujours intéressé à lui, même avant qu'il n'arrive au Standard. Georges Leekens adore ce type de joueur et la presse subodora un contact entre Van Damme, ce que son agent Nico Vaesen dément tout de suite. " Son nom a peut-être circulé dans l'un ou l'autre média mais nous sommes étrangers à ces supputations. Il n'y pas eu le moindre contact. Jelle est totalement impliqué dans sa mission de capitaine. Ce club lui va comme un gant. Il ne songe qu'à une seule chose : bien faire son travail, retrouver une place intéressante au classement général. Tout le monde a constaté qu'il se donne corps et âme. Il a rendu service mais son impact est bien plus important dans la ligne médiane. Là, il peut motiver tout le monde, mettre le feu au stade en chassant le porteur du ballon, en taclant, en mettant sa tête ou personne n'oserait mettre le pied. C'est en agissant ainsi qu'il a sorti le Standard de l'impasse. Ce genre de joueur est précieux car, avec un Van Damme, on peut aller à la guerre. Pour l'avenir à long terme, après 2013-14, on verra et ce n'est pas du tout la priorité pour le moment. Une chose est sûre : il est dans son élément au Standard . Jelle songe encore à l'équipe nationale. Si Marc Wilmots fait appel à lui, il répondra présent. Je sais que la concurrence y est sévère mais je suis persuadé qu'il a sa place dans l'effectif des Diables Rouges. Il peut être utile à tout le monde quand il faut renverser des montagnes. " PAR PIERRE BILIC - PHOTOS: IMAGEGLOBE"A 0-1 contre Anderlecht, Jelle a tout de suite réagi et retourné la situation en faveur du Standard." (Thomas Chatelle)