Il y avait déjà un petit temps que Jean-Paul Colonval, le directeur technique de l'Albert suivait à la trace Christian Landu-Tubi. Un club ne doit pas nécessairement dépenser des fortunes pour trouver chaussure à son pied. N'en fut-il d'ailleurs pas ainsi quand Colonval recruta Mohammed Dahmane aux Francs Borains ?
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Il y avait déjà un petit temps que Jean-Paul Colonval, le directeur technique de l'Albert suivait à la trace Christian Landu-Tubi. Un club ne doit pas nécessairement dépenser des fortunes pour trouver chaussure à son pied. N'en fut-il d'ailleurs pas ainsi quand Colonval recruta Mohammed Dahmane aux Francs Borains ? Landu-Tubi a débarqué au stade Tondreau à la fin de la période des transferts. Cette arrivée intrigua les plus fins observateurs du football de Tchantchès. Même s'il est né à Kinshasa, Landu-Tubi a été élevé à la maquée et au lapin à la liégeoise. Landu-Tubi avait huit ans quand ses parents se sont établis à Herstal. Le virus du foot est présent dans la famille depuis belle lurette. Son oncle a d'ailleurs défendu les filets de l'équipe nationale du Congo (alors Zaïre) durant la Coupe du Monde 74 en Allemagne. Un souvenir douloureux car les Léopards encaissèrent un solide 9-0 contre la Yougoslavie à Gelsenkirchen. Le football africain a fait d'immenses progrès depuis. " A Pierreuse, mon premier club, j'ai d'abord été gardien de but ", dit-il. " Je ne prétends pas qu'il y a eu une erreur de casting mais, un beau jour, on m'a testé dans le jeu. Cela me convenait mieux. J'avais 14 ans quand Daniel Boccar me remarqua dans des sélections provinciales. Tout en obtenant mon diplôme d'électricien, j'ai bien travaillé en équipes de jeunes au Standard. Boccar m'a beaucoup apporté. J'ai joué avec Gilles Colin, Laurent Gomez et Mémé Tchité. En fin de saison 2002-2003, Dominique D'Onofrio m'a repris dans le noyau A. C'était un grand moment car j'ai pu côtoyer des joueurs comme Ole-Martin Aarst, Michaël Goossens, Ali Lukunku, Eric Van Meir, Johan Walem, Ivica Dragutinovic, etc. Ce n'était pas rien et Dominique D'Onofrio m'a beaucoup motivé. J'ai effectué deux apparitions en D1. Le Standard décida alors de me prêter au FC Malinois qui venait de basculer en D3. L'intention était de me permettre d'acquérir du temps de jeu. J'étais déçu et ce ne fut pas la joie pour moi à Malines. Alex Czerniatynski et son successeur, Zivica Kanacki, croyaient en moi mais je me suis rapidement cassé le pied et je me suis découragé. Malines, c'était une autre mentalité, bien plus froide qu'à Liège, et cela ne me convenait pas. J'étais jeune. A 18 ans, je rêvais d'autre chose ". Deux mois après le début de la saison 2004-2005, Landu-Tubi prend le chemin de Visé en D2. Un bon choix pour lui. Il renaît car les méthodes de travail du coach, Jean-Pierre Philippens, lui conviennent. Il entretient aussi de bonnes relations avec le président GuyThiry : " Il m'a épaté car c'était un patron proche de ses joueurs ". Visé rame mais révèle des jeunes comme Guillaume Gillet et Rachid Farssi, désormais des valeurs sûres à Gand et Westerlo. Après une bonne saison et 14 buts, le jeune homme est approché par La Louvière et Courtrai. Manu Ferrera est le plus persuasif et il opte pour les Eperons d'Or. " Manu Ferrera et son successeur, Hein Vanhaezebrouck, ont prolongé le travail de Philippens. J'ai perfectionné ma technique, mon jeu de position, ma lecture du jeu, etc. J'avais signé un contrat de trois ans. Après deux saisons, il fut évident que je devais changer d'air. Les dirigeants rechignèrent. Je les comprenais. Il était question d'un montant de 150.000 euros pour un départ. Personne ne pouvait s'intéresser à moi dans de telles conditions. Je leur ai expliqué que mon départ allégerait leur trésorerie. Après d'âpres discussions, Courtrai m'a finalement libéré gratuitement ". Mons revint tout de suite à la charge. Il y a signé un contrat d'une saison avec une option pour une saison supplémentaire. " J'ai la chance de rebondir en D1 ", souligne-t-il. " Je suis arrivé à la fin du mois d'août. Mons cherchait à étoffer sa division offensive. A ce moment précis, j'ai découvert dans la presse des critiques provenant de Courtrai. Pour mon ancien club, je n'avais pas le niveau de l'élite. Bizarre dans la mesure où le président avait tout fait pour que j'y reste. C'était décevant mais cela ne me déconcentra pas. A Mons, l'accueil a été formidable. J'ai eu le bonheur de marquer dès mon premier match contre le Brussels. Mons a pas mal d'arguments offensifs avec Cédric Roussel, Mohammed Aliyu Datti, Ilija Stolica, Daniel Wansi, Bernard Zoko, moi. José Riga peut varier les coups. L'apport de Roussel est considérable. En 4-4-2, j'adore tourner autour de ce pivot, profiter de ses remises, plonger dans les espaces. Je dois profiter de son vécu. Et Mons pratique un beau football. C'est aussi un argument quand on change de club ". Landu-Tubi a donc vu le jour en D1. La vie de joueur de l'élite appartient à ce Liégeois qui s'est fixé à Berchem Sainte-Agathe, une commune de Bruxelles, à 40 minutes de voiture de l'Albert. Nina, sa copine, termine ses études de sage-femme dans la Cité ardente. Ses frères Murphy (17 ans, passé du Standard à Saint-Trond) et Jérémy (4 ans), tout comme sa s£ur Laetitia (11 ans) lui rendent parfois visite. Il a été retenu deux fois avec les Espoirs du Congo : " Cela m'a permis de revoir ma famille lointaine et Matete, le quartier de Kinshasa où j'ai passé la petite enfance. Ce furent des moments très forts mais ma vie, c'est d'abord la Belgique. Mes parents, mes frères et ma s£ur vivent ici et nous avons obtenu la nationalité belge ". Et quand on tend bien l'oreille, on perçoit même un petit accent cuisiné au sirop de Liège. par pierre bilic - photo : photonews