Depuis le premier titre du Standard (2008), l'Académie Robert Louis-Dreyfus sert de référence, pionnière en la matière avec le Futurosport de Mouscron. Ce joyau permet à l'équipe pro de disposer de toutes les commodités sur place (hôtel pour les mises au vert, terrains, salle de sport, cafeteria...) mais offre également aux jeunes un centre 5 étoiles. C'est sur cette Académie de jeunes que le Standard de Liège comptait pérenniser ses succès. Quatre ans plus tard, cette politique est plus que jamais de mise : les choses se sont même accélérées. La réputation grandissante de l'Académie a permis non seulement d'acquérir plus facilement les jeunes de la région mais aussi de mettre en place les structures nécessaires pour un club de haut niveau.
...

Depuis le premier titre du Standard (2008), l'Académie Robert Louis-Dreyfus sert de référence, pionnière en la matière avec le Futurosport de Mouscron. Ce joyau permet à l'équipe pro de disposer de toutes les commodités sur place (hôtel pour les mises au vert, terrains, salle de sport, cafeteria...) mais offre également aux jeunes un centre 5 étoiles. C'est sur cette Académie de jeunes que le Standard de Liège comptait pérenniser ses succès. Quatre ans plus tard, cette politique est plus que jamais de mise : les choses se sont même accélérées. La réputation grandissante de l'Académie a permis non seulement d'acquérir plus facilement les jeunes de la région mais aussi de mettre en place les structures nécessaires pour un club de haut niveau. " Cette année, je me suis rendu à Auxerre et à Clairefontaine, j'ai aussi eu des échos d'Italie et des Pays-Bas et franchement, le Standard n'a rien à envier à ces clubs en termes de formation ", explique Jean-François de Sart, entraîneur des -21 ans à l'Union belge mais également directeur du centre de formation du Standard. Alors que les joyaux anderlechtois sont souvent cités à l'étranger, le Standard, dans un contexte de concurrence beaucoup plus accrue qu'il y a quelques années, parvient largement à limiter la casse. Seul un élément est parti cet été : il s'agit de David Henen, que son manager a convaincu de signer à Anderlecht. Pas un ne s'est envolé pour l'étranger. Alors que le phénomène était courant il y a quelques années. " C'est vrai que notre équipe nationale est composée largement de joueurs partis très jeunes à l'étranger. Mais il y a six ou sept ans, les clubs belges n'étaient pas bien organisés. Depuis lors, de nombreux efforts ont été constitués et si je regarde le noyau des -21 ans, il n'y a plus que deux ou trois joueurs qui évoluent à l'étranger ( Dedryk Boyata à Manchester City, Dries Wuytens au PSV et Luis Pedro Cavanda au Torino). Au Standard, nous avons la volonté d'améliorer la formation chaque année et je pense que la qualité du travail fourni porte ses fruits. " De l'avis de de Sart, si les jeunes choisissent le Standard, c'est grâce à la qualité des structures et des infrastructures : " Il y a également la philosophie du club. Nous formons les jeunes dans le but de les intégrer à l'équipe première. Ce n'est pas seulement une promesse, c'est un fait. Le Standard est le club qui présente, dans son noyau A, le plus de jeunes joueurs. Et malgré les succès de 2008 et 2009, le Standard ne change pas sa politique. Le jeune a l'objectif d'atteindre l'équipe première quand il entre dans le centre de formation et chez nous, il sait que la possibilité existe. "Axel Witsel, icône pour les jeunes et exemple à suivre, sert évidemment de référence. Courtisé à 15-16 ans par des clubs étrangers, il a préféré continuer son écolage au Standard et a privilégié son épanouissement personnel. " Pour nous, c'est l'exemple même de la construction logique et intelligente. Aujourd'hui, il peut partir à l'étranger dans la peau d'un titulaire. " Le développement personnel est également au centre du projet liégeois. " Notre centre de formation n'est pas un centre de recrutement ", continue de Sart. " Nous voulons faire avancer nos jeunes, faire fructifier la base. Il y a très peu de mouvements dans le noyau, à peine quelques retouches mais notre philosophie n'est pas de renouveler chaque année les équipes avec six ou sept nouveaux joueurs. "Dans cette optique, le Standard recrute avant tout dans la région liégeoise, y ajoutant quelques néerlandophones et Bruxellois. " Je pars du principe que les meilleurs de la région doivent se trouver à l'Académie ", estime de Sart. Mais, en dehors de cet état d'esprit, le Standard cache un atout de choc : son directeur. " La qualité des joueurs n'est pas supérieure à Genk ou à Anderlecht mais la personnalité du directeur de l'Académie fait pencher souvent la balance en faveur du Standard ", explique un agent de joueurs. " De Sart est hors-catégorie. Beaucoup de gens choisissent le Standard grâce à lui. Au niveau approche, contact et relationnel, le Standard vend très bien son produit. Il arrive à susciter l'envie. De Sart, c'est un amalgame de professionnalisme, empathie et sympathie. Avec une politique stricte : si tu fous le bordel, tu dégages. Quelles que soient tes qualités ! "Récemment, Mons était prêt à lâcher deux jeunes à Anderlecht. Mal reçus à Neerpede, ils n'ont pas désiré partir à Anderlecht mais ont été séduits par le discours et l'accueil liégeois. L'arrivée du jeune Anil Koc d'Anderlecht montre également la différence entre les deux clubs. Ce jeune avait été approché par des intermédiaires pour le sonder mais pas par la direction mauve. Ne voyant rien arriver, son agent et lui-même ont conclu qu'Anderlecht n'était pas intéressé. Le Standard s'est montré beaucoup plus convaincant et a fait bonne impression à l'entourage du joueur qui a signé à l'Académie. Un des points importants dans le discours de de Sart demeure le lien entre le foot et les études. " La priorité numéro une à l'Académie reste les résultats scolaires. Plusieurs joueurs U21 suivent des cours dans le supérieur. Leur programme est adapté et cela fonctionne très bien. "Le Standard observe également l'entourage et les fréquentations des joueurs, en essayant de confier les intérêts des jeunes à des agents si pas amis de la direction, du moins connus et dont le travail est apprécié et reconnu. Une personne proche du centre de formation nous a clairement dit regretter " l'influence des agents véreux qui profitent de la naïveté des jeunes et de leurs parents ". " Pour éviter cela, on essaye d'avoir une relation de confiance avec les parents. On leur explique ce qu'on fait ", argumente de Sart. Dans 95 % des cas, cela fonctionne et suffit. Mais le départ de Henen vers Anderlecht montre que cette méthode n'est pas infaillible. Sans oublier la présence de plus en plus accrue des clubs étrangers. " C'est vrai qu'il y a de plus en plus de scouts étrangers et d'agents de joueurs qui gravitent autour de nos jeunes ", reconnaît de Sart. Les bons résultats du Standard sur la scène européenne et dans les tournois de jeunes (l'année dernière, les U15 ont gagné, dans la banlieue de Lyon, un tournoi auquel participait le PSG, Lyon, Marseille et 9 autres équipes de L1 tandis que cette saison, les U10 ont surclassé Liverpool), ont attiré la curiosité des clubs étrangers, à peine freinés par la nouvelle législation de l'UEFA censée réguler les transferts des jeunes et protéger les petits clubs. Ainsi, si un club anglais désire s'attirer un jeune, il doit débourser 90.000 euros par année de formation. " A ce prix-là, ils ne visent que les tout grands ", explique un agent. Ce prix tombe à 30.000 euros pour un club hollandais et à 5.000 euros pour un club belge. A moins de ne pas lui offrir de contrat. Pour se protéger, le Standard a décidé de mettre sous contrat les meilleurs éléments. Mais pas avant 16 ans, ce qui reste interdit par la loi. " Si cela ne tenait qu'à moi, personne n'aurait de contrat ", dit de Sart. " Pour moi, on ne mérite pas de gagner de l'argent à 16 ans quand on n'a encore rien prouvé mais nous sommes obligés de leur offrir un contrat si on ne veut pas que les meilleurs nous échappent. "Un départ à l'étranger pour les jeunes constitue un double défi. Réussir son adaptation à un nouveau pays, une nouvelle culture mais également s'imposer parmi 30 à 35 jeunes triés sur le volet. " Quand ils partent dans un grand club étranger, les jeunes deviennent des numéros. Ici, ils sont considérés ", explique le responsable technique des U15 aux U16 de l'Académie, Vincent Ciccarella. " Ils doivent tenir compte du dépaysement, de l'éclatement de la cellule familiale. La patience reste le mot-clé. Pourquoi vouloir aller trop vite alors qu'il y a plus d'échecs que de réussites ? En Angleterre, les échéances sont trop importantes et rapprochées pour permettre à un gamin de jouer 15-20 matches. Notre boulot est donc de le prévenir et de lui dire qu'il aura plus de chances de percer en Belgique. " De plus, si un départ est facile, un retour en Belgique devient de plus en plus compliqué, les clubs belges devant alors payer des frais de formation élevés. " L'exemple de Trésor Mpoku est éloquent. Il est parti à Tottenham, il y a deux ans, a été prêté à Leyton Orient en D3 et on parle aujourd'hui d'un retour en Belgique. Mais je ne vois pas qui pourrait s'offrir ses services ", lâche de Sart. A moins d'un accord (ou d'un prêt) entre Tottenham et un club belge. PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Quand les jeunes partent dans un grand club étranger, ils deviennent des numéros. Ici, ils sont considérés. " (Vincent Ciccarella)