Il est difficile de décrire l'ambiance qui règne dans le football polonais actuellement. Le championnat est secoué par un énorme scandale de corruption qui dépasse les pires craintes et pèse sur le moral des supporters. D'un autre côté, l'équipe nationale a signé un joli parcours en éliminatoires et a conquis la première place d'un groupe difficile, où elle croisait le fer avec le Portugal, la Serbie, la Finlande et la Belgique.
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Il est difficile de décrire l'ambiance qui règne dans le football polonais actuellement. Le championnat est secoué par un énorme scandale de corruption qui dépasse les pires craintes et pèse sur le moral des supporters. D'un autre côté, l'équipe nationale a signé un joli parcours en éliminatoires et a conquis la première place d'un groupe difficile, où elle croisait le fer avec le Portugal, la Serbie, la Finlande et la Belgique. Si l'équipe nationale est une icône, c'est grâce à son entraîneur, Leo Beenhakker. Le Néerlandais a formé une équipe remplie d'assurance. Pourtant, lors de son entrée en fonction en juillet 2006, il n'a trouvé qu'un encadrement chaotique et une sélection perturbée par l'échec de son Mondial. Il a rapidement amélioré la structure professionnelle. Dès sa première conférence de presse, Beenhakker s'est fait optimiste : " Je vois beaucoup de footballeurs talentueux qui peuvent faire fureur ". Les actes ont suivi les paroles. Il a sélectionné quelques nouveaux joueurs intéressants qui évoluaient dans le championnat domestique. Des inconnus tels que le défenseur Pawel Golanski, les médians Lukasz Gargula et Rafal Murawski ont reçu leur chance. Ils sont maintenant des piliers de la sélection. Le revirement s'est produit en octobre 2006 avec la victoire 2-1 contre le Portugal. L'équipe a essuyé quelques contrecoups par la suite mais ce match a prouvé qu'elle avait un potentiel. Les joueurs on retrouvé leur assurance. Cette confiance croissante a accéléré la progression sportive de l'équipe. Beenhakker s'est entouré d'une cour : il a offert les principaux postes d'encadrement à des compatriotes. Le staff d'entraîneurs est composé de deux Polonais et de trois Néerlandais. Dans le 4-2-3-1 de Beenhakker, les deux médians défensifs, Mariusz Lewandowski et Roger Guerreiro, ne sont pas seulement chargés de la récupération du ballon. Ils doivent relancer le jeu, de préférence par les ailes. A droite, Jakub Kuba Blaszczykowski, à gauche, Jacek Krzynowek possèdent un bon bagage technique, sont créatifs et costauds. Ils attaquent et varient leurs mouvements. En attaque, Euzebiusz Ebi Smolarek débute toujours sur le flanc gauche pour se porter au centre de l'attaque en cours de match. Maciej Zurawski recule et agit en avant en décrochage. La Pologne n'a pas de stars par rapport à d'autres pays. Beenhakker possède une sélection unie, bien organisée qui s'appuie sur une défense bien rodée, dépourvue de pitié. Le seul acteur vraiment brillant est le gardien, Artur Boruc. Il est fiable et apporte un surplus de confiance aux éléments qui jouent devant lui, même s'ils sont aussi expérimentés que les défenseurs centraux Jacek Bak et Michal Zewlakow, qui forment avec les médians Dudka et Lewandowski un compartiment défensif solide. Il est pratiquement impossible de s'enfoncer par l'axe dans les lignes polonaises. En attaque, tous les espoirs reposent sur le jeune Blaszczykowski. Le joueur du Borussia Dortmund est créatif, il a déjà fait ses preuves et peut créer la surprise. Il est généralement plus régulier en équipe nationale qu'avec son club. Roger Guerreiro, né Brésilien et naturalisé, est certainement un atout. Le médian offensif est brillant en championnat de Pologne mais il doit encore trouver ses automatismes en équipe nationale. Beenhakker ne s'intéresse pas aux résultats des matches amicaux mais quelques carences sont apparues. Plusieurs joueurs étaient manifestement en petite forme. L'absence de joueurs comme Boruc, Krzynowek ou Blaszczykowski n'est pas évidente à compenser. Le coach a raison de dire que la Pologne possède des talents mais sur la scène internationale, ces joueurs sont inexpérimentés, un problème accentué par le manque de jeu de maints acteurs plus chevronnés. Zurawski, Krzynowek et Mariusz Jop restent sur une saison difficile. Zurawski a d'ailleurs quitté le Celtic et a rejoint le petit club grec de Larissa,... pour jouer. Des problèmes inattendus ont surgi en défense, le compartiment le plus fort. Les défenseurs centraux Bak et Zewlakow sont plus lents. A droite, Golanski fait banquette au Steaua Bucarest. Sa doublure, Marcin Wasilewski, est souvent à un doigt de l'exclusion, tant il est dur. La naturalisation de Guerreiro a suscité de sérieuses discussions. Normalement, il faut résider en Pologne pendant cinq ans pour introduire une demande et encore : beaucoup attendent longtemps le sésame. Guerreiro vit en Pologne depuis janvier 2006. Ses formalités ont été réglées en quelques jours, en avril 2007. Ce traitement de faveur a déclenché des critiques. Même d'autres internationaux s'étaient prononcés contre cette faveur. Beenhakker doit renoncer à Radoslaw Sobolewski. Il évolue normalement dans l'entrejeu défensif aux côtés de Lewandowski mais après la victoire 2-0 contre la Belgique, qui a parachevé la qualification, le joueur a annoncé sa retraite internationale, à la surprise générale. Il n'avait sans doute pas oublié les critiques dont il avait été la cible pendant le Mondial et ne voulait plus subir pareil stress.