Cette semaine, Luciano D'Onofrio s'installe à Eupen. Et, sur les hauteurs du Kehrweg, sa vue sur la D2 ne peut qu'être imprenable. Après avoir effacé les dettes du leader de cette série, ce qui lui permettra de décrocher sa licence, le nouveau décideur de l'Alliance a désormais le loisir de lire l'incroyable saga d'une division un peu folle où des dirigeants prennent des décisions parfois loufoques sous l'emprise de la panique. Et il n'y a pas qu'à Charleroi que le roitelet du coin pète de temps en temps un câble.

La D2 est un peu le cimetière des éléphants. D'anciens clubs de l'élite s'y cachent pour mourir, d'autres espèrent y retrouver un souffle nouveau. Le méritant Tibor Balog ne coache plus les Zèbres et sa " belle-mère ", Alexandre Chteline, a pris la roue de Mario Notaro, le nouveau T1 des Carolos. Au Mambourg, toujours, le guide suprême a affirmé en décembre dernier qu'il n'avait plus confiance en Pierre-Yves Hendrickx, secrétaire général au long cours. Quand on connaît l'expertise du Carolo, cela en dit long sur les idées de sa direction.

Des investisseurs miracles apparaissent en D2 avant de se retrouver en prison. Stéphane Demol entraîne désormais le FC Brussels de Johan Vermeersch. Ce dernier ne sait plus où donner de la tête. Cela ne date pas d'hier et on a reparlé d'une fusion entre Molenbeek et Woluwé. Dante Brogno débarque à Tubize. L'Antwerp a refilé son vieux président, Eddy Wauters, au musée des dinosaures de Bernissart. Un peu partout, des clubs, comme Visé entre autres, sont sauvés par des flux d'argent thaïlandais et autres pays exotiques. Effrayant, mystérieux et inquiétant. A quand le nouveau scandale qui embrasera tout le football belge ? Il y a des trous dans toutes les trésoreries. Onze clubs ont eu des problèmes avec leur dossier licence en décembre : ils ont été interdits de transferts en janvier et doivent régler leurs problèmes financiers avant le 15 mars.

Tubize espère que Lille vende Hazard au prix fort

Tubize, par exemple, a fait l'impasse sur le mercato d'hiver pour redresser ses comptes. Les dirigeants de l'AFC espéraient même que Lille cède Eden Hazard au prix fort avant la fin janvier. Comme cette perle a été élevée à Tubize entre 2003 et 2005, cela lui aurait permis de palper des indemnités de formation s'élevant à près de 300.000 euros. Ce cadeau du ciel a été reporté au prochain été. A ce rythme-là, y aura-t-il encore une D2 dans 10 ans ? Le monde amateur ne commencera-t-il pas en dessous des clubs de D1 ?

" Je suis effrayé par ce qui se passe ", explique Philippe Nicaise qui fut longtemps manager de l'Union Saint-Gilloise en D2 et en D3. " C'est le règne du folklore, de la désorganisation, du n'importe quoi. Or, le football belge n'est pas viable à long terme sans une D2 saine qui donne la priorité aux jeunes. On est loin du compte : des agents paient tout le salaire, ou une grande partie, de joueurs étrangers impossibles à placer dans les grands championnats. Et ils se retrouvent ainsi à la place de nos jeunes. Les présidents ne sont pas toujours sérieux. Ils ne gèrent pas aussi rigoureusement leurs clubs que leurs affaires. Ils se permettent parfois n'importe quoi. Ce sont des supporters dans l'âme et cela peut provoquer de grosses tempêtes financières. Ce n'est pas pour rien que la plupart des clubs ont le couteau sur la gorge. Il n'est pas rare qu'un joueur obtienne gain de cause chez son président alors que le manager a été intransigeant. Cette absence de vision et des jeux dangereux m'ont éloigné de ce football-là. L'heure est d'autant plus grave que la D1 et la D2 ne s'entendent pas du tout. La D2 souffre d'un déficit d'image tout simplement catastrophique. Il faut tout refaire... "

Le désert de la D2 attire des mafias de tous poils : elles adorent le manque d'organisation. Nicaise et des dirigeants de D2 relèvent le gouffre financier qui sépare désormais la D1 (Ligue pro) et la D2 (Ligue nationale). Est-il imaginable que les présidents de la Pro League ( Ivan De Witte, patron faisant fonction avant qu'on désigne son successeur) et celui de la Ligue nationale ( Guido De Croock) ne se parlent plus depuis des mois ? Et personne ne semble capable de les inviter à fumer le calumet de la paix. La Ligue pro garde tous les sous du nouveau contrat des droits de télévision de la D1 (165,60 millions d'euros) : rien n'est cédé aux clubs de D2. Aux Pays-Bas, les clubs de D2 palpent 19 % de ce contrat et ont intelligemment investi cette manne pour que leur championnat soit moderne, attrayant, intéressant pour les médias. Une approche plus proactive de tous les soucis s'impose.

Il y a trois catégories de budgets

Manager de Boussu Dour Borinage, Alain Battard se démène comme un beau diable pour que la D2 redevienne un carrefour important du football belge : " C'est un monde en soi, unique même, où des clubs de village, ou presque, peuvent se mesurer à des gloires de la D1. Et ce n'est pas une mauvaise chose, au contraire. Un club comme le nôtre doit forcément faire preuve d'imagination dans sa gestion, ses projets, son approche avec les joueurs, etc. Si d'anciens joueurs de D1 ou des étrangers nous ont rejoints, ce n'est pas pour l'argent mais pour notre écoute, nos idées, une façon de voir le football. Pour nous, cet aspect des choses est intéressant. Il y a un dialogue incessant avec les joueurs et ce climat nous permet de tutoyer des clubs bien plus huppés que le nôtre. Nous cherchons, nous innovons. Il y a trois catégories de budgets : 5 millions d'euros, 1,5 million d'euros et ceux qui tournent avec bien moins d'un million. Les problèmes de la D2 sont nombreux : manque de vision globale, structures peu professionnelles, pas de respect de la part de la Ligue pro très protectionniste. Je prône un changement radical des habitudes en D2. Les clubs ne peuvent plus vivre sans véritable projet global. Nous nous sauverons ou nous coulerons tous ensemble. La D2 véhicule des valeurs mais si personne ne les souligne, on a un problème. "

Pour Battard, il est minuit moins cinq et il songe à la nomination d'un manager de la D2 " C'est indispensable ", avance-t-il avec fermeté. " Comment avancer si personne ne fait les poussières avant de porter un projet global ? Si la D2 ne se modernise pas ou n'ouvre pas l'£il, ce sera de plus en plus dur. Trop de clubs ne font qu'un aller-retour entre la D2 et la D1. Ce n'est pas normal. Les conditions d'accès à la D1 sont trop dures et ne tiennent pas assez compte de nos spécificités. Un manager propre à la D2 ne serait pas de trop pour résoudre nos problèmes. Cela demande des efforts car un tel job exige un investissement financier. En D2 les dirigeants n'ont pas le temps de se rendre à des réunions, de défendre des dossiers. Le football féminin a un manager pour mettre en place sa Beneligue : pourquoi pas la D2 ? Il pourrait trouver un sponsor commun pour toute la D2. En France, les clubs en partagent bien un en Coupe de la Ligue. Il y a une question de confiance et de volonté commune qui passe aussi par la mise en place d'un organe de concertation à trois : la Ligue pro, la Ligue nationale et l'Union belge. "

Les efforts de Belgacom TV

Battard n'ignore pas que le top de la fédération ne jure que par les puissants de l'élite. La Ligue pro impose toutes ses volontés. Sans cela, le président François De Keersmaecker aurait quand même trouvé le temps de réunir les pontes de deux séries. Porté au pouvoir par les petits clubs, il ne les aide plus beaucoup, dit-on en D2. Seule la visibilité peut permettre à la D2 de quitter son costume d'enfant pauvre. Charleroi l'a bien compris. La saison passée, Exqi-TV a progressivement renoncé à la couverture des matches de D2. Trop cher ? Trop peu de spectateurs ? Un peu des deux mais Exqi-TV n'y a pas assez cru et n'était pas très connu. Le return financier a été nul. La D2 a évidemment des contacts avec les télés régionales mais rêve d'une couverture plus nationale qui intéresserait les sponsors.

A Charleroi, il a été constaté que la presse quotidienne suit aussi attentivement le club qu'en D1 : l'espoir d'un retour en D1 est réel, sans oublier les frasques d'un président pas comme les autres qui fait sans cesse la une des journaux. Côté télé, c'est très différent. Mehdi Bayat a pris son bâton de pèlerin et séduit Belgacom TV. Les audiences ne sont pas connues et probablement confidentielles.

Pour le moment, Belgacom TV diffuse les matches à domicile de quatre clubs : Charleroi, Eupen, Antwerp et Waasland-Beveren. " Je suis persuadé que c'est un début ", signale Battard. " Pour les petits clubs, cela constitue un avant-goût d'une couverture télévisée plus large qui nous ouvrirait de nouveaux horizons. Un peu plus de moyens financiers nous permettraient de moderniser notre outil, de répondre plus facilement à tous les impératifs, certainement à ceux de la licence souvent trop tatillons pour des clubs de notre dimension. Mehdi Bayat a déblayé le terrain et un bilan sera dressé en fin de saison. Mais si Charleroi remonte en D1, ce dossier devra être repris en mains par quelqu'un d'autre : un manager de la D2, je ne cesse de le répéter. La D2 est désormais le c£ur de métier du football francophone. On ne peut pas rester les bras croisés. "

Charleroi-Eupen : ce duel du sud constitue une chance. Qui émergera ? Abbas Bayat espérait, dit-on, que l'Alliance soit emportée par ses tuiles financières et la désorganisation du club. Il est impossible de savoir combien de fonds Luciano D'Onofrio a engagé pour sortir Eupen du rouge. Le secret est bien gardé. La haute direction de Charleroi tremble car seul Eupen est capable de lui barrer le chemin de la D1. Elle mesure que D'Onofrio n'est pas un mécène et qu'il fera tout pour qu'Eupen remonte au plus vite. L'injection financière a déjà rendu le moral aux troupes. Elles sont fières d'être appuyées par un tel personnage : peut-on en dire autant au Mambourg ? Esseulé, Abbas Bayat a une peur bleue de l'Eupen de D'Onofrio et a déroulé ses antennes pour tenter d'analyser les efforts germanophones. Cette noix-là sera dure à croquer. D'Onofrio en a vu d'autres et sa seule venue en D2 a focalisé les médias sur cette série. Il n'a encore rien dit ou dévoilé et est déjà la star de cette division. Qui a dit qu'il ne se passait jamais rien en D2 ?

PAR PIERRE BILIC

Le désert de la D2 attire des mafias de tous poils : elles adorent le manque d'organisation.

" C'est le règne du folklore, de la désorganisation, du n'importe quoi "

Cette semaine, Luciano D'Onofrio s'installe à Eupen. Et, sur les hauteurs du Kehrweg, sa vue sur la D2 ne peut qu'être imprenable. Après avoir effacé les dettes du leader de cette série, ce qui lui permettra de décrocher sa licence, le nouveau décideur de l'Alliance a désormais le loisir de lire l'incroyable saga d'une division un peu folle où des dirigeants prennent des décisions parfois loufoques sous l'emprise de la panique. Et il n'y a pas qu'à Charleroi que le roitelet du coin pète de temps en temps un câble. La D2 est un peu le cimetière des éléphants. D'anciens clubs de l'élite s'y cachent pour mourir, d'autres espèrent y retrouver un souffle nouveau. Le méritant Tibor Balog ne coache plus les Zèbres et sa " belle-mère ", Alexandre Chteline, a pris la roue de Mario Notaro, le nouveau T1 des Carolos. Au Mambourg, toujours, le guide suprême a affirmé en décembre dernier qu'il n'avait plus confiance en Pierre-Yves Hendrickx, secrétaire général au long cours. Quand on connaît l'expertise du Carolo, cela en dit long sur les idées de sa direction. Des investisseurs miracles apparaissent en D2 avant de se retrouver en prison. Stéphane Demol entraîne désormais le FC Brussels de Johan Vermeersch. Ce dernier ne sait plus où donner de la tête. Cela ne date pas d'hier et on a reparlé d'une fusion entre Molenbeek et Woluwé. Dante Brogno débarque à Tubize. L'Antwerp a refilé son vieux président, Eddy Wauters, au musée des dinosaures de Bernissart. Un peu partout, des clubs, comme Visé entre autres, sont sauvés par des flux d'argent thaïlandais et autres pays exotiques. Effrayant, mystérieux et inquiétant. A quand le nouveau scandale qui embrasera tout le football belge ? Il y a des trous dans toutes les trésoreries. Onze clubs ont eu des problèmes avec leur dossier licence en décembre : ils ont été interdits de transferts en janvier et doivent régler leurs problèmes financiers avant le 15 mars. Tubize, par exemple, a fait l'impasse sur le mercato d'hiver pour redresser ses comptes. Les dirigeants de l'AFC espéraient même que Lille cède Eden Hazard au prix fort avant la fin janvier. Comme cette perle a été élevée à Tubize entre 2003 et 2005, cela lui aurait permis de palper des indemnités de formation s'élevant à près de 300.000 euros. Ce cadeau du ciel a été reporté au prochain été. A ce rythme-là, y aura-t-il encore une D2 dans 10 ans ? Le monde amateur ne commencera-t-il pas en dessous des clubs de D1 ? " Je suis effrayé par ce qui se passe ", explique Philippe Nicaise qui fut longtemps manager de l'Union Saint-Gilloise en D2 et en D3. " C'est le règne du folklore, de la désorganisation, du n'importe quoi. Or, le football belge n'est pas viable à long terme sans une D2 saine qui donne la priorité aux jeunes. On est loin du compte : des agents paient tout le salaire, ou une grande partie, de joueurs étrangers impossibles à placer dans les grands championnats. Et ils se retrouvent ainsi à la place de nos jeunes. Les présidents ne sont pas toujours sérieux. Ils ne gèrent pas aussi rigoureusement leurs clubs que leurs affaires. Ils se permettent parfois n'importe quoi. Ce sont des supporters dans l'âme et cela peut provoquer de grosses tempêtes financières. Ce n'est pas pour rien que la plupart des clubs ont le couteau sur la gorge. Il n'est pas rare qu'un joueur obtienne gain de cause chez son président alors que le manager a été intransigeant. Cette absence de vision et des jeux dangereux m'ont éloigné de ce football-là. L'heure est d'autant plus grave que la D1 et la D2 ne s'entendent pas du tout. La D2 souffre d'un déficit d'image tout simplement catastrophique. Il faut tout refaire... " Le désert de la D2 attire des mafias de tous poils : elles adorent le manque d'organisation. Nicaise et des dirigeants de D2 relèvent le gouffre financier qui sépare désormais la D1 (Ligue pro) et la D2 (Ligue nationale). Est-il imaginable que les présidents de la Pro League ( Ivan De Witte, patron faisant fonction avant qu'on désigne son successeur) et celui de la Ligue nationale ( Guido De Croock) ne se parlent plus depuis des mois ? Et personne ne semble capable de les inviter à fumer le calumet de la paix. La Ligue pro garde tous les sous du nouveau contrat des droits de télévision de la D1 (165,60 millions d'euros) : rien n'est cédé aux clubs de D2. Aux Pays-Bas, les clubs de D2 palpent 19 % de ce contrat et ont intelligemment investi cette manne pour que leur championnat soit moderne, attrayant, intéressant pour les médias. Une approche plus proactive de tous les soucis s'impose. Manager de Boussu Dour Borinage, Alain Battard se démène comme un beau diable pour que la D2 redevienne un carrefour important du football belge : " C'est un monde en soi, unique même, où des clubs de village, ou presque, peuvent se mesurer à des gloires de la D1. Et ce n'est pas une mauvaise chose, au contraire. Un club comme le nôtre doit forcément faire preuve d'imagination dans sa gestion, ses projets, son approche avec les joueurs, etc. Si d'anciens joueurs de D1 ou des étrangers nous ont rejoints, ce n'est pas pour l'argent mais pour notre écoute, nos idées, une façon de voir le football. Pour nous, cet aspect des choses est intéressant. Il y a un dialogue incessant avec les joueurs et ce climat nous permet de tutoyer des clubs bien plus huppés que le nôtre. Nous cherchons, nous innovons. Il y a trois catégories de budgets : 5 millions d'euros, 1,5 million d'euros et ceux qui tournent avec bien moins d'un million. Les problèmes de la D2 sont nombreux : manque de vision globale, structures peu professionnelles, pas de respect de la part de la Ligue pro très protectionniste. Je prône un changement radical des habitudes en D2. Les clubs ne peuvent plus vivre sans véritable projet global. Nous nous sauverons ou nous coulerons tous ensemble. La D2 véhicule des valeurs mais si personne ne les souligne, on a un problème. " Pour Battard, il est minuit moins cinq et il songe à la nomination d'un manager de la D2 " C'est indispensable ", avance-t-il avec fermeté. " Comment avancer si personne ne fait les poussières avant de porter un projet global ? Si la D2 ne se modernise pas ou n'ouvre pas l'£il, ce sera de plus en plus dur. Trop de clubs ne font qu'un aller-retour entre la D2 et la D1. Ce n'est pas normal. Les conditions d'accès à la D1 sont trop dures et ne tiennent pas assez compte de nos spécificités. Un manager propre à la D2 ne serait pas de trop pour résoudre nos problèmes. Cela demande des efforts car un tel job exige un investissement financier. En D2 les dirigeants n'ont pas le temps de se rendre à des réunions, de défendre des dossiers. Le football féminin a un manager pour mettre en place sa Beneligue : pourquoi pas la D2 ? Il pourrait trouver un sponsor commun pour toute la D2. En France, les clubs en partagent bien un en Coupe de la Ligue. Il y a une question de confiance et de volonté commune qui passe aussi par la mise en place d'un organe de concertation à trois : la Ligue pro, la Ligue nationale et l'Union belge. "Battard n'ignore pas que le top de la fédération ne jure que par les puissants de l'élite. La Ligue pro impose toutes ses volontés. Sans cela, le président François De Keersmaecker aurait quand même trouvé le temps de réunir les pontes de deux séries. Porté au pouvoir par les petits clubs, il ne les aide plus beaucoup, dit-on en D2. Seule la visibilité peut permettre à la D2 de quitter son costume d'enfant pauvre. Charleroi l'a bien compris. La saison passée, Exqi-TV a progressivement renoncé à la couverture des matches de D2. Trop cher ? Trop peu de spectateurs ? Un peu des deux mais Exqi-TV n'y a pas assez cru et n'était pas très connu. Le return financier a été nul. La D2 a évidemment des contacts avec les télés régionales mais rêve d'une couverture plus nationale qui intéresserait les sponsors. A Charleroi, il a été constaté que la presse quotidienne suit aussi attentivement le club qu'en D1 : l'espoir d'un retour en D1 est réel, sans oublier les frasques d'un président pas comme les autres qui fait sans cesse la une des journaux. Côté télé, c'est très différent. Mehdi Bayat a pris son bâton de pèlerin et séduit Belgacom TV. Les audiences ne sont pas connues et probablement confidentielles. Pour le moment, Belgacom TV diffuse les matches à domicile de quatre clubs : Charleroi, Eupen, Antwerp et Waasland-Beveren. " Je suis persuadé que c'est un début ", signale Battard. " Pour les petits clubs, cela constitue un avant-goût d'une couverture télévisée plus large qui nous ouvrirait de nouveaux horizons. Un peu plus de moyens financiers nous permettraient de moderniser notre outil, de répondre plus facilement à tous les impératifs, certainement à ceux de la licence souvent trop tatillons pour des clubs de notre dimension. Mehdi Bayat a déblayé le terrain et un bilan sera dressé en fin de saison. Mais si Charleroi remonte en D1, ce dossier devra être repris en mains par quelqu'un d'autre : un manager de la D2, je ne cesse de le répéter. La D2 est désormais le c£ur de métier du football francophone. On ne peut pas rester les bras croisés. " Charleroi-Eupen : ce duel du sud constitue une chance. Qui émergera ? Abbas Bayat espérait, dit-on, que l'Alliance soit emportée par ses tuiles financières et la désorganisation du club. Il est impossible de savoir combien de fonds Luciano D'Onofrio a engagé pour sortir Eupen du rouge. Le secret est bien gardé. La haute direction de Charleroi tremble car seul Eupen est capable de lui barrer le chemin de la D1. Elle mesure que D'Onofrio n'est pas un mécène et qu'il fera tout pour qu'Eupen remonte au plus vite. L'injection financière a déjà rendu le moral aux troupes. Elles sont fières d'être appuyées par un tel personnage : peut-on en dire autant au Mambourg ? Esseulé, Abbas Bayat a une peur bleue de l'Eupen de D'Onofrio et a déroulé ses antennes pour tenter d'analyser les efforts germanophones. Cette noix-là sera dure à croquer. D'Onofrio en a vu d'autres et sa seule venue en D2 a focalisé les médias sur cette série. Il n'a encore rien dit ou dévoilé et est déjà la star de cette division. Qui a dit qu'il ne se passait jamais rien en D2 ?PAR PIERRE BILICLe désert de la D2 attire des mafias de tous poils : elles adorent le manque d'organisation." C'est le règne du folklore, de la désorganisation, du n'importe quoi "