Il fut un temps où pour réussir, il fallait " monter à Paris ". Mais tout tend à évoluer. Dans le monde du football, ce sont désormais les hexagonaux qui viennent chercher fortune un peu plus au nord. Pourtant, il ne faut pas se tromper quant à la nature de l'exode français. Ils ne viennent pas à l'aube de leur carrière mais souvent quand un premier échec est déjà venu ternir leur carte de visite. Placés dans l'univers impitoyable du championnat français, ils investissent nos contrées. On pourrait appeler ce système Reculer pour mieux sauter.
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Il fut un temps où pour réussir, il fallait " monter à Paris ". Mais tout tend à évoluer. Dans le monde du football, ce sont désormais les hexagonaux qui viennent chercher fortune un peu plus au nord. Pourtant, il ne faut pas se tromper quant à la nature de l'exode français. Ils ne viennent pas à l'aube de leur carrière mais souvent quand un premier échec est déjà venu ternir leur carte de visite. Placés dans l'univers impitoyable du championnat français, ils investissent nos contrées. On pourrait appeler ce système Reculer pour mieux sauter. Kevin Hatchi, 24 ans, un des deux nouveaux renforts français des Hurlus, ne sera pas d'accord avec cette introduction. Pour lui, la Belgique constitue une sérieuse avancée dans sa carrière : " On a l'impression, de France, que votre championnat connaît un nouvel élan. En tout cas, pas mal de mes compatriotes veulent venir tenter leur chance chez vous. Moi, après, je ne voudrais pas retourner en France pour m'imposer en Ligue 1. Par après, mes envies iraient plutôt vers un autre pays. Mais avant toute chose, il convient de faire une bonne saison. Me poser dans cette équipe, en devenir un élément incontournable. Je vois d'abord le court et le moyen termes et puis on verra. Il me faut toujours un challenge sportif supérieur ". De l'ambition, il en a à revendre. A l'image de tous ces Français, nourris dès leur plus jeune âge à la compétition via les centres de formation : " J'ai débuté dans la région parisienne à 11 ans, à Pontault. Puis j'ai rejoint Clairefontaine où j'ai effectué mes deux premières années en compagnie de Jean-Félix Dorothée ". C'est grâce à cette pré-formation avant-gardiste que la France est devenue championne du monde. Les clubs de Ligue 1 le savent et n'hésitent pas à courtiser les éléments issus de Clairefontaine, prêts, à 16 ans, à tenter le grand saut dans le professionnalisme. Dans la promotion de Hatchi, il y avait Selim Benachour (M, PSG), Lionel Mathis (D, Auxerre), Habib Bamogo (M, Marseille). Lui, il opta pour Auxerre : " L'équipe de France des -16 ans m'avait ouvert des portes. Tous les clubs de L1 et certains de L2 me proposaient de les rejoindre. Pourquoi Auxerre ? Parce que c'est un club qui possède une véritable politique de formation et qui n'hésite pas à lancer des jeunes. De plus, ce n'est pas loin de la région parisienne ". Ses parents et ses trois s£urs pouvaient ainsi le voir facilement. " Chez nous, on est très famille ". Pourtant, sa période bourguignonne ne restera pas son meilleur souvenir. A 17 ans, il connut son premier coup d'arrêt. Blessé aux ligaments croisés d'un genou, il fut éloigné des terrains pour une bonne partie de la saison. Il revint juste pour la finale de Coupe Gambardella qu'Auxerre disputa face à Saint-Etienne. " Cela demeure mon meilleur souvenir. Il s'agit de la compétition phare pour les -17 ans. Davantage que le championnat. Avec Philippe Mexès, Djibril Cissé, Lionel Mathis, on a battu les Verts aux tirs au but ". Malgré ses trois saisons à Auxerre, sa carrière ne décolla pas. Ballotté du banc de l'équipe Première aux matches de CFA, il piétinait. Au point de se fâcher avec Guy Roux : " Il m'avait promis d'augmenter mon contrat, ce qu'il n'a pas respecté. C'est un homme très dur à la négociation mais aussi à la discussion. C'est quelqu'un qui est capable de quitter la table en pleine conversation sans dire un mot. Mais on ne peut nier sa connaissance du foot et de son milieu ". Au point de bloquer une carrière quand il le veut ? " A Auxerre, il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus et si tu ne réussis pas, c'est dur de rebondir ailleurs. Moi, j'ai vraiment galéré. De juin à septembre, je me suis retrouvé sans club. On me proposait des tests et puis, deux jours avant que je n'arrive, on me disait que l'on n'était plus intéressé. Je me suis posé des questions mais je ne l'accuserai pas car je n'ai pas de preuves ". Pourtant, Créteil prit le risque de le relancer : " En Ligue 2, sous la houlette de Laurent Croci, j'ai retrouvé de la confiance et du plaisir. Ce fut une année idéale de transition car je pouvais revenir dormir chez ma mère ". Les propositions recommencèrent à affluer et le choix se porta sur Grenoble où il demeura trois ans : " C'était un cercle ambitieux de Ligue 2. J'ai évolué sous les ordres d' Alain Michel, Dominique Cuperly (aujourd'hui entraîneur adjoint à... Auxerre), et Thierry Goudet. Mais il manquait quelque chose à cette formation. Peut-être de la maturité. Lors de ma première saison, nous disposions sans doute de la meilleure équipe de Ligue 2 avec notamment les anciens joueurs de Charleroi Sergio Rojas et Bertin Tokéné. Ce dernier est solide, il a une bonne technique et est très discret. J'ai eu des échos en arrivant ici concernant son mauvais caractère, mais à Grenoble, il ne l'a jamais montré. Sergio était notre attaquant d'ancrage. Il était souvent blessé mais quand il jouait, il se montrait souvent décisif. Mais on a connu quelques problèmes internes et beaucoup de joueurs arrivaient en fin de contrat, d'où l'exode. C'est la fin d'un cycle pour Grenoble. Mais certainement pas la fin de leurs ambitions car le club a été repris par des Japonais qui veulent absolument obtenir la promotion en L1 ". Mais alors pourquoi avoir quitté une équipe si ambitieuse ? " Il me fallait un nouveau challenge. J'ai reçu des propositions de clubs de L2 et de D2 anglaise mais c'est Mouscron qui s'est montré le plus pressant. Je me suis renseigné auprès de Matthieu Assou-Ekotto (c'est un grand ami, je lui téléphone encore régulièrement) avec qui j'avais joué à Grenoble, et de Dorothée, qui ne m'ont dit que du bien du club et de ses infrastructures. J'ai découvert ici un climat très accueillant et on dit que le club a revu ses ambitions à la baisse mais ce n'est pas négatif. Cela donne envie de montrer que l'on est capable de plus. Je la sens bien cette saison car je trouve l'équipe bien balancée. Mais on peut avoir la meilleure équipe sur papier, il n'y a que le terrain qui compte ". Et puis, il se rapproche de la famille : " Cela n'entre pas en compte comme premier critère de choix. Je regarde d'abord le sportif mais c'est vrai que si, en plus, le club ne se situe pas trop loin de Paris, cela m'aide dans ma décision ". Stéphane Vande Velde" Mouscron est MOINS AMBITIEUX ? Mais ce n'est PAS NÉGATIF "