La perspective du festin d'un match du championnat anglais est toujours de nature à exciter des papilles gourmandes. Lorsqu'en plus, la carte propose un voyage aux charmes inattendus, le décor est planté pour un menu quatre étoiles. Telle fut l'intensité de notre plaisir en remontant l'A646 en novembre dernier vers le nord au départ d'Halifax, dans le West Yorkshire. Une superbe région dont les magnifiques paysages, les alpages et leurs troupeaux de moutons offrent un petit parfum d'Irlande, avec comme point d'orgue la ravissante petite ville de Hebden Bridge. Au bout de cette route gastron...

La perspective du festin d'un match du championnat anglais est toujours de nature à exciter des papilles gourmandes. Lorsqu'en plus, la carte propose un voyage aux charmes inattendus, le décor est planté pour un menu quatre étoiles. Telle fut l'intensité de notre plaisir en remontant l'A646 en novembre dernier vers le nord au départ d'Halifax, dans le West Yorkshire. Une superbe région dont les magnifiques paysages, les alpages et leurs troupeaux de moutons offrent un petit parfum d'Irlande, avec comme point d'orgue la ravissante petite ville de Hebden Bridge. Au bout de cette route gastronomique pour les yeux, la vue est imprenable sur Burnley, qui s'étend à nos pieds. L'approche idéale pour s'orienter d'entrée et chercher du regard les quatre pylônes synonymes de dessert. Kick off : 12 h 30 ! Une heure de mise en jeu qui ne laisse aucun doute quant à l'intensité de la rivalité des clans de supporters en présence. Burnley-Leeds United en Championship League (la D2), c'est un derby potentiellement explosif, comme le démontrent tous les ponts enjambant l'autoroute, garnis de policiers aux aguets. On comprend vite pourquoi en croisant la tête de certains partisans locaux n'ayant rien à envier à celles de leurs hôtes du jour, dont la terrible réputation n'est pourtant plus à faire. Burnley gagnera 2-1 (sa dernière victoire avant une série de 19 matches sans succès et reste en D2 anglaise tandis que Leeds descend cette saison !). Les visiteurs occupent la totalité de la Cricket Field Stand (qui jouxte... un terrain de cricket), qui devient tout doucement l'une des plus anciennes du Royaume-Uni et l'une des dernières, avec sa voisine latérale ( Bob Lord Stand), où l'on trouve encore ces inconfortables mais si typiques sièges rétractables en bois. Ces deux constructions datent de l'époque où l'équipe locale sévissait, avec un certain succès, au plus haut niveau (champion en 1921 et 1960, vainqueur de la Cup en 1914 et finaliste en 1947 et 1962). L'enceinte donne l'impression d'être coupée en deux puisque les deux autres tribunes ( Jimmy McIlroy Stand et James Hargraeve Stand) ont été érigées au milieu des années 90. Nous sommes en plein terreau d'un type d'ambiance et de fans qui fascinent toujours sur le continent. Cette image branchée ne colle guère avec la mode, très répandue aux Iles, des mascottes, ces chauffeurs de foule pour public infantile. Celles du team visiteur sont deux, Bertie Bee and Bumble Bee, une guêpe et une abeille un peu pathétiques. Dans le hall de l'entrée officielle, une splendide peinture de l'ancien Wembley, plein à ras bord lors de l'affrontement des Clarets (grenats) contre Tottenham en 1962. La capacité actuelle de Turff Moor est de 22.546 places mais le record d'assistance y est de 54.775 personnes, un beau score réalisé en 1924 lors d'un autre derby contre Huddersfield. Le FC Burnley évolue à Turff Moor depuis 1883 et seul Preston North End peut s'enorgueillir d'un enracinement plus ancien. par rudi katusic