Habib Habibou (22 ans) et les Carolos ont 180 minutes pour sauver leur peau en D1. Ils jouent ce mercredi un match à la vie, à la mort contre Lokeren. Puis ils boucleront la phase classique à Gand. Pression infernale ? L'attaquant français dément : " Avec le talent qu'il y a dans ce noyau, tout va bien se terminer, sûr et certain. "
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Habib Habibou (22 ans) et les Carolos ont 180 minutes pour sauver leur peau en D1. Ils jouent ce mercredi un match à la vie, à la mort contre Lokeren. Puis ils boucleront la phase classique à Gand. Pression infernale ? L'attaquant français dément : " Avec le talent qu'il y a dans ce noyau, tout va bien se terminer, sûr et certain. "Se trompe-t-on sur la valeur de ce Sporting ? A table avec l'une de ses fortes têtes. Habib Habibou :TU AS TORT. Je ne vois pas les choses comme ça. Le rendement de Charleroi ne se résume pas à moi. Et de toute façon, je n'aurais pas pu jouer beaucoup plus. J'ai été assez souvent freiné, j'ai eu des petites blessures. Et une suspension de trois matches. C'est la vie. Je ne devais jamais frapper Wouter Vrancken. Je suis sûr que quand des gosses voient ces images à la télé, ça leur fait mal. J'étais nerveux, sous pression, j'avais pris pas mal de coups, des joueurs de Malines m'avaient dit des mots très durs. C'est sans doute comme ça qu'ils cherchent à déstabiliser leurs adversaires, mais je dois être plus malin et progresser dans mes réactions. Ma main est partie tout d'un coup, c'était volontaire, je ne peux pas le cacher. Je n'ai jamais eu l'occasion de m'excuser auprès de Vrancken, mais je le fais maintenant. Je ne devais pas réagir comme je l'ai fait. En sortant du terrain, je me suis dit directement : -Si l'équipe prend un but maintenant, on est dans la merde. Quelques secondes plus tard, elle encaissait. Je me suis vite excusé mais le mal était fait. Certains équipiers ont très mal pris mon geste. Le coach aussi. Et la direction m'a collé une amende. A moi d'apprendre d'une erreur pareille. TU AS RAISON. Je ne suis pas méchant mais je suis un joueur de caractère. C'était une journée très spéciale. Stéphane Demol avait démissionné le matin, il s'était passé plusieurs petites choses en cours de journée. Je devrais être au-dessus de tout cela, mûrir. C'est dans des moments pareils que je dois prouver que je suis devenu plus adulte. Mais ce geste-là ne s'adressait à personne en particulier. Sur le banc, il y avait Mario Notaro, un homme qui m'a aidé énormément quand j'étais plus jeune. Donc, je ne le visais certainement pas. Et je ne voulais blesser personne. C'était simplement ma colère qui sortait, mes nerfs qui parlaient. C'est dommage que certains aient mal interprété ma réaction, mais c'est clair que si j'avais été coach et si un de mes joueurs avait fait la même chose, j'aurais pris la même sanction que le club : amende et sur le banc pour le match suivant. Le club a même été gentil avec moi : je faisais déjà mon retour sur le terrain deux semaines plus tard. Un professionnel n'a pas le droit de réagir comme ça. Si tu veux passer des échelons, tu ne peux pas faire des trucs pareils. TU AS TORT. Pourquoi moi plutôt qu'un autre ? Il n'y a pas de raison précise, pas de critères stricts. TU AS TORT. Les journalistes attendent toujours la faille, des réactions à chaud pour tirer des conclusions. Dans les moments que nous vivons, c'est mieux de ne pas toujours se justifier. Le coach a raison de nous obliger à être discrets. Quand ça ne va pas, la meilleure chose à faire, c'est se taire et travailler. Vraiment, il n'y a pas de frustration dans le groupe. On n'a pas de raison d'être frustré quand on joue bien au football. Il n'y a pas d'embrouille dans le vestiaire de Charleroi. Les gens de l'extérieur ont l'impression que ça ne va pas mais ils se trompent : ça va très bien. Il n'y a aucune nervosité, pas de crise. Chaque joueur est simplement conscient qu'il faut vite prendre quelques points pour éviter les barrages. Après cela, il faudra prester dans les play-offs II. ABBAS BAYAT A RAISON. Nous avons dominé le Standard pendant tout le match mais nous avons perdu parce que la chance du champion a parlé. Nous avons montré des bonnes choses au Cercle, contre Zulte Waregem, etc. Charleroi est une des seules équipes qui produisent du bon football mais nous n'avons pas beaucoup de chance. Nous nous créons plein d'occasions. Mais nous faisons plein d'erreurs aussi. Nous avons un coach qui aime le beau jeu, le foot tout en pressing. Seuls les joueurs ont les cartes en mains pour combiner la beauté et l'efficacité. Le président, c'est le président. Le boss. TU AS RAISON. Charleroi n'est pas du tout Barcelone. Nous jouons comme Tommy Craig nous demande de jouer, pas comme le Barça ou Manchester United. VANDENBROUCK A TORT. Libre à lui de parler. Mais il n'a jamais dit ça quand il était à Charleroi. Il a attendu d'être prêté à Courtrai pour donner ses explications. C'est classique : quand un joueur part, il se lâche un peu. Il faut regarder nos matches : nous avons un jeu collectif. Mais il n'y a aucun problème chez nous avec les déclarations de Vandenbrouck. Quand il reviendra ici, il sera accueilli à bras ouverts et tant mieux s'il peut nous offrir l'expérience qu'il aura prise à Courtrai. DE WOLF A TORT. Le problème, c'est que tu peux dire tout ce que tu veux une fois que tu as été viré. Les joueurs étaient dégoûtés en lisant son interview. VANDE WALLE A TORT. Lui, c'est un phénomène. J'ai des doutes sur ce type. Il a des pensées bizarres... Il estime que si on met des godasses jaunes, roses, vertes ou grises, on n'est pas professionnel. Alors, Dieumerci Mbokani n'est pas pro. Et Cristiano Ronaldo non plus... TU AS TORT. Nous faisons les fautes mais nous ne sommes pas non plus aidés par les arbitres. Regarde celui du Cercle de Bruges. Je suis désolé, mais c'est comme s'il avait été écrit à l'avance que Charleroi devait perdre ce match. J'étais dégoûté ce soir-là. Parfois, nous sommes les seuls coupables. Comme le jour où j'ai été exclu à Malines. Mais dans d'autres matches, l'explication est ailleurs. Il y a des arbitres très pros en Belgique, comme Frank De Bleeckere. Mais il y a aussi des arbitres supporters, proches de certains clubs. Je reconnais que c'est un métier très difficile, mais bon... TU AS RAISON. C'est triste pour les passionnés de foot mais c'est humain. Seulement, quand on choisit cette activité-là, il faut la faire en étant pro jusqu'au bout. Moi, je vois que sur l'ensemble de la saison, nous avons eu beaucoup d'arbitres qui n'étaient pas corrects. LES SUPPORTERS ONT RAISON. Moi aussi, j'ai été supporter, surtout du PSG. Il faut les comprendre : quand les résultats ne suivent pas, ils préfèrent rester à la maison. Le match du week-end doit être pour eux une façon de décompresser après une semaine de travail. Si leur équipe perd tout le temps, ce n'est pas cool. Maintenant, nous avons besoin d'eux plus que jamais. LES SUPPORTERS ONT RAISON. Même si ce n'est qu'une minorité. Je les comprends tout à fait. Il faut accepter leurs réactions. TU AS TORT. Mathijssen est un coach que je respecte beaucoup. C'est lui qui m'a lancé. Au début, c'était très chaud entre nous deux mais avec le recul, j'ai compris qu'il était dur avec moi parce qu'il voulait me faire mûrir plus vite. Mais la question de son retour ne se pose pas. Tous les joueurs sont derrière Craig, nous nous amusons beaucoup à l'entraînement, il nous fait rire. Il essaye de nous parler en français, c'est amusant, magnifique quand il mélange les langues. Vraiment, l'ambiance est agréable. Je n'en sais rien. Seul Dieu le sait. Tout ce que je peux dire, c'est que Demol était un bon coach. Certains joueurs sont peut-être déçus de son départ, d'autres pas. Tout le monde ne peut pas être content dans un groupe. TU AS TORT. Il faut laisser du temps à Craig. Il nous connaissait, et s'il est revenu, c'est parce qu'il était persuadé que cette équipe avait le niveau. Nous allons nous maintenir, puis Craig achèvera de tout mettre en place. TU AS TORT. Les résultats ne sont pas bons mais le jeu est là. Et même si ce n'est pas ce que les gens de l'extérieur pensent, nous jouons sans pression. Dans le vestiaire, il n'y a pas l'ambiance qu'on trouve dans une équipe qui va jouer en D2. TU AS RAISON. Le rôle du staff technique du club qui terminera 15e sera déterminant. Il faudra bien entretenir les joueurs pendant cette période creuse pour leur permettre d'être au top quand les barrages commenceront. Mais la réforme dans son ensemble, je n'y comprends rien du tout. Je ne sais pas ce qu'ils ont voulu faire. Qu'Anderlecht termine le championnat classique avec des longueurs d'avance sur le deuxième mais ne soit finalement pas champion, ça me pose un vrai problème. A la place des Anderlechtois, je pète un câble. TU AS TORT. Tout le monde court beaucoup dans cette équipe. TU AS TORT. Il y a des capitaines pour faire ce boulot. Badou Kéré n'est pas mal comme guide. Et si le coach a maintenant donné le brassard à Maxime Brillault, c'est qu'il avait des bonnes raisons. TU AS TORT. Je ne suis pas un vrai réserviste parce que j'ai des circonstances atténuantes : j'ai été blessé et suspendu. TU AS RAISON. Quand tu sors de là, tu vises plus haut. Mais je vois aussi des gars qui étaient avec moi à Clairefontaine et qui sont dix fois plus bas que moi aujourd'hui. J'ai la chance d'être devenu professionnel et je suis encore jeune. On verra demain. Evidemment, je vois aussi que certains coéquipiers de Clairefontaine ont explosé : Hatem Ben Arfa est à Marseille, Blaise Matuidi à Saint-Etienne... Il y a aussi Jérémy Taravel et Chris Makiese à Zulte Waregem. (Il rigole). TU AS TORT. Je jouais au PSG, dans une équipe qui marquait énormément. La saison dernière, j'ai terminé meilleur buteur de Charleroi et j'en suis à cinq buts en championnat cette saison alors que je n'ai pas beaucoup joué. Je gravis les échelons petit à petit. Je suis persuadé que je vaux une quinzaine de goals par saison. TU AS RAISON. Adebayor est un joueur de classe mondiale. Moi, je ne suis encore qu'un joueur de la Jupiler League. (Il rigole). Le chemin est long. TU AS TORT. Depuis que je suis ici, je dis que je suis sûr de moi. Même quand des nouveaux attaquants arrivent. Il n'y a jamais personne qui m'a fait peur. Ces transferts, ça ne me fait ni chaud, ni froid. Et si j'étais le président d'un club dont les attaquants ne marquent pas beaucoup, j'en ferais aussi venir d'autres. Déjà rien que pour mettre la pression sur les gars qui sont là. (Il se marre).ABBAS BAYAT A RAISON. C'est le président, c'est le boss, il décide, hein ! Quand il dit " A ", c'est " A ", point barre. Tout à fait. Il a bien répondu à toutes les questions, mêmes celles sur lesquelles il aurait pu se faire piéger. ABBAS BAYAT A RAISON. C'est le boss. Le boss ! Non. Mais le championnat n'est pas fini. par pierre danvoye - photos: reporters"On n'a pas de raison d'être frustré quand on joue bien. Il n'y a pas d'embrouille dans notre vestiaire. "