L'association Make a wish est réputée pour exaucer les souhaits, même les plus fous, des enfants malades. Peut-être DiegoMaradona a-t-il fait appel à elle pour recevoir, la veille de son 48e anniversaire, le cadeau dont il rêvait depuis longtemps : le poste de sélectionneur de l'équipe d'Argentine. Le 29 octobre, la planète foot a été tout étonnée d'apprendre que le Pibe était officiellement le successeur d' AlfioBasile, assassiné par les critiques suite au parcours chaotique de l'Argentine en Coupe du Monde (16 points en dix matches). Pourtant, au lendemain de la démission de Basile, le 18 octobre, Maradona avait déjà posé sa candidature. Et, plus interpellant, le 22 octobre, à la sortie de la réunion décisive, NorayNakis, le responsable de la communication de la fédération argentine (AFA), avait été très clair : " J'aimerais que Maradona soit le prochain coach de l'équipe nationale. Il a toujours attendu son tour, il se porte bien et a un bon rapport avec la fédération. CarlosBianchi ? Lors de la réunion, son nom n'a jamais été prononcé pas plus que celui d'un autre candidat. "
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L'association Make a wish est réputée pour exaucer les souhaits, même les plus fous, des enfants malades. Peut-être DiegoMaradona a-t-il fait appel à elle pour recevoir, la veille de son 48e anniversaire, le cadeau dont il rêvait depuis longtemps : le poste de sélectionneur de l'équipe d'Argentine. Le 29 octobre, la planète foot a été tout étonnée d'apprendre que le Pibe était officiellement le successeur d' AlfioBasile, assassiné par les critiques suite au parcours chaotique de l'Argentine en Coupe du Monde (16 points en dix matches). Pourtant, au lendemain de la démission de Basile, le 18 octobre, Maradona avait déjà posé sa candidature. Et, plus interpellant, le 22 octobre, à la sortie de la réunion décisive, NorayNakis, le responsable de la communication de la fédération argentine (AFA), avait été très clair : " J'aimerais que Maradona soit le prochain coach de l'équipe nationale. Il a toujours attendu son tour, il se porte bien et a un bon rapport avec la fédération. CarlosBianchi ? Lors de la réunion, son nom n'a jamais été prononcé pas plus que celui d'un autre candidat. " La veille de la réunion au sommet, JulioGrondona, le président de la fédération, avait indirectement lâché le morceau à RadioColonia quand il avançait : " Nous analysons la possibilité de former un staff technique parce qu'un seul homme ne peut commander et endosser toute la responsabilité. " Et comme par enchantement, tout un pool a été désigné : à côté de Maradona, CarlosBilardo, qui était à la tête de l'équipe championne du monde en 1986, a été nommé directeur général et serait appelé à succéder au coach si celui-ci se plante, SergioBatista, PedroTroglio et JosèLuisBrown adjoints, FernandoSignorini préparateur physique (il suit le Pibe depuis 1983) et SergioGoycochea entraîneur des gardiens. Le choix de Maradona est sans doute excellent du point de vue charisme et enthousiasme quand on sait à quel point il est aimé par les joueurs, ses ex-équipiers et le peuple, mais son manque d'expérience (et de fiabilité) a de quoi laisser perplexe. C'est probablement ces lacunes qui ont fait dire que le président Grondona a été conditionné par ses fils Humbertito et Julito. Partisans inconditionnels de Maradona, les deux garçons ont convaincu leur père qu'il fallait tabler sur la grande popularité de Diego dans le monde avec comme conséquence sa capacité d'attirer les sponsors et d'amener de l'argent dans les caisses de la fédération. Ce ne sont pas les images diffusées le soir à la télévision qui leur donneront tort : de retour d'un voyage en Géorgie, Maradona était accueilli par une foule en délire. Et puis, impossible d'oublier ces scènes où l'on voyait, il y a quelques années à peine, des centaines de personnes en larmes rassemblées devant un hôpital de Buenos Aires, où le PibedeOro luttait contre la mort, suite à ses nombreux excès. Sans aucun doute, cet amour était la preuve qu'existait bien un lien profond, qui ne tenait pas compte de la vie déréglée du champion, de sa dépendance à la drogue (il a été contrôlé positif à la cocaïne le 17 mars 1991 et à l'éphédrine au Mondial 94 au Etats-Unis), à l'alcool et au sexe. Et s'il n'est pas étonnant que les Argentins soient contents de voir à la tête de leur équipe nationale, pour Maradona c'est un rêve qui se réalise. A peine après avoir mis un terme à sa carrière de joueur, le 30 octobre 1997, il voulait prendre la tête de la sélection. Mais onze années se sont écoulées, onze années marquées par les souffrances, les infarctus, l'obésité (il a pesé 115 kg pour 1,68m), les cures de désintoxication et les séjours de Bonhomme Michelin auprès de FidelCastro à La Havane. Il ne pouvait donc que ronger son frein et critiquer ouvertement les coaches qui se sont succédé. Il a massacré DanielPassarella, qui n'avait pas retenu FernandoRedondo et son ami ClaudioCaniggia. Quand le coach annonça qu'il les avait écartés parce qu'ils avaient les cheveux longs et que c'était mauvais pour la concentration, Maradona intervint directement et vertement : " S'il dit que les joueurs doivent se couper les cheveux parce qu'ils sont obligés de se recoiffer souvent, que va-t-il faire avec ceux qui se grattent les testicules ? Il va les leur couper ?" Officiellement, Maradona entrera en fonction le 4 novembre après que le comité exécutif de l'AFA, présidé par Grondona, confirme sa désignation. Mais jeudi dernier, El Pibe a déjà dévoilé les grandes lignes de son programme : " L'Argentine a besoin de quelqu'un qui la rende heureuse, pas qui la fasse souffrir. Certains prétendent que je n'ai pas d'expérience ? J'en rigole, j'ai joué vingt ans en équipe nationale et le football n'a pas changé depuis ; l'eau chaude on l'avait déjà inventée. Je suis très tranquille. Je sais que je peux compter sur un coach et un ami comme Carlos Bilardo, mais en foot il n'y a rien de nouveau. Certaines équipes attaquent avec sept joueurs et d'autres défendent avec onze hommes, c'est exactement comme quand je jouais. " Maradona a déclaré que le président fédéral avait été enthousiasmé par son projet en six points : 1) " J'ai tout donné pour la Seleccion " 2) " Soyons clairs, c'est moi qui ferai l'équipe et prendrai place sur le banc "3) " Mon premier travail est de parler avec tous les joueurs et de les convaincre qu'ils doivent retrouver l'orgueil de porter le maillot de l'équipe nationale argentine et que l'on ne peut échanger la gloire avec l'argent "4) " Les joueurs évoluant au pays ne doivent plus se sentir exclus "5)" Messi est un joueur phénoménal auquel il faut enlever de la responsabilité et donner une impression de liberté dans le jeu " 6) " SebastianVeron et Juan RamonRiquelme ont encore une place dans mon équipe ". Comment l'Argentine de Maradona jouera-t-elle ? A première vue, elle évoluera l'esprit moins encombré de consignes restrictives. Pour étayer sa position, Maradona a attaqué CarlosDunga, le sélectionneur du Brésil : " Je n'imiterai pas son jeu. Nous étions tellement différents, lui donnait des coups et moi je devais les éviter. " Rendez-vous est pris pour le 11 février prochain, ce soir-là l'Argentine rencontrera la France à Marseille. Le 19 novembre, un match contre l'Ecosse est prévu à Glasgow mais en principe c'est Sergio Batista, le coach de l'équipe olympique championne à Pékin, qui officiera sur le banc. Quant aux premières échéances importantes, elles sont fixées le 28 mars contre le Venezuela et le 1er avril en Bolivie, un déplacement dangereux à La Paz, à 3.500m d'altitude. par nicolas ribaudo