Les attachés de presse et autres directeurs de la communication d'aujourd'hui, bardés de diplômes, jonglant avec les ordinateurs et maniant plusieurs langues, n'arrivent pas à la cheville de la... mère et de la grand-mère de Luc Ernès (ex-Liège, RWDM, RTFC Liège, Charleroi, Visé). A deux, au coeur de Villers-l'Evêque, charmant village de Hesbaye, elles ont souvent brossé le portrait, raconté la jeunesse, évoqué la passion pour la colombophilie de leur fils et petit-fils, " Pigeon ". Pas de calculs ou de belles phra...

Les attachés de presse et autres directeurs de la communication d'aujourd'hui, bardés de diplômes, jonglant avec les ordinateurs et maniant plusieurs langues, n'arrivent pas à la cheville de la... mère et de la grand-mère de Luc Ernès (ex-Liège, RWDM, RTFC Liège, Charleroi, Visé). A deux, au coeur de Villers-l'Evêque, charmant village de Hesbaye, elles ont souvent brossé le portrait, raconté la jeunesse, évoqué la passion pour la colombophilie de leur fils et petit-fils, " Pigeon ". Pas de calculs ou de belles phrases préparées à l'avance chez elles mais bien le parler-vrai de la vie qu'on apprend dans les bons et les mauvais moments, en écossant les haricots ou en recevant les clients de la " poêlerie quincaillerie " familiale. Là, les interviews commençaient dans la salle de séjour où les Ernès égrenaient les histoires du passé. Luc parlait de la JS Villersoise, de son transfert en 1984 au FC Robert Waseige, pardon au FC Liégeois, où ce gaillard de 1,89 m devint vite le Horst Hrubesch de Rocourt. " Bobonne " remplissait les tasses de café. Un tour au pigeonnier s'imposait : Luc était fier de ses champions à plumes, bien cotés au Japon, et il en offrit un à Chalana, vedette de Benfica et colombophile, avant un match de Coupe d'Europe. Même les plus grandes boîtes de communication n'auraient pas songé à ce geste qui enthousiasma la presse portugaise. Tandis que Luc lâchait ses pigeons, sa grand-mère préparait la table dans la cuisine, brillante à faire pâlir d'envie Monsieur Propre, envahie par un parfum de pain frais. Pas question de quitter la belle Hesbaye sans manger un petit bout. " Bruxelles est si loin, vous ne pouvez quand même pas voyager l'estomac vide ", insistait la maman de Pigeon. L'hospitalité comme elle se définit en Wallonie, simple et généreuse à la fois, authentique, sans chichis. Un peu plus tard, pas loin de là, la maman de Marc Wilmots me fit cadeau d'une livre de beurre de sa ferme " comme on n'en trouve pas en ville ". Ambiances et tableaux (voir photo) d'une époque révolue. Chez lui, début 1985, tout en appréciant les galettes de Bobonne, Luc plongea dans les souvenirs de sa jeunesse. Y avait-il une plus belle salle de presse au monde que la maison des Ernès ? Non. Luc nous parla avec émotion de Cajou (ex-Standard, Liège) qui, quand il coachait la JS Villersoise, lança le " gamin de la quincaillerie qui n'avait pas encore 17 ans " en équipe première contre Ensival. " Je n'en pas dormi durant deux jours ", nous avoua Ernès, 48 ans désormais, tandis que sa Bobonne me tendait le plat de charcuteries dont je n'ai pas oublié le goût. PAR PIERRE BILIC