Le coach VLADIMIR PETKOVIC

né le 15 août 1963
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né le 15 août 1963 On peut être Suisse et avoir modérément le sens du consensus. Peu avant l'EURO 2016, Vladimir Petkovic avait déjà surpris en se privant des services de son capitaine Gökhan Inler. Au sortir d'un Mondial 2018 qui a laissé des traces en Suisse - élimination en huitième contre la Suède - Petkovic poursuit son opération rajeunissement. "Il m'a appelé aujourd'hui à midi. Je pensais que c'était par courtoisie, mais c'était plutôt pour me mettre à la porte. C'est une décision politique", souffle à l'époque Valon Behrami sur la RTS. Qu'il soit démago ou non, Petkovic sait où il va. Dans la foulée, le même sort sera réservé à Gelson Fernandes, Johan Djourou et Stephan Lichtsteiner. Comprendre que Petkovic n'a pas plus l'habitude d'offrir des cadeaux que de se faire des amis. À défaut, il se construit un charisme. Celui que cet ancien milieu de terrain élégant apercevait de loin quand il servait de doublure à Safet Susic dans le Sarajevo du début des années 80. C'était avant de mener une carrière qui l'emmènera surtout à la découverte des divisions inférieures helvétiques. Arrivé en Suisse à 24 ans, Vladimir Petkovic s'est depuis fait ambassadeur culturel officieux du canton du Tessin en décidant, par exemple, de s'exprimer prioritairement en italien devant la presse suisse. Une langue parlée par moins de 10% de la population qui ne l'a pas aidé à faire grimper sa cote de popularité, mais qui résume bien un hommre qui a passé la majeure partie de sa vie en Suisse italienne. Quand ce n'était pas de l'autre côté de la frontière lorsqu'il entraînait la Lazio (2012-2013). Le premier pic d'une carrière souvent passée à chercher du crédit. Et dont cet EURO 2021 doit constituer l'apothéose, sept ans après ses débuts à la tête de la Nati. "En Suisse, très clairement, on est aujourd'hui dans l'attente d'un grand résultat. Cela fait trois grands tournois (2014, 2016, 2018) qu'on sort des poules, mais qu'on se fait éliminer en huitième de finale. Petit à petit, l'impatience monte au pays. Tout le monde en Suisse veut vivre ce gros match qui servirait aussi de déclic à cette génération. Clairement, ce qui manque à cette équipe, c'est une grande victoire en tournoi dans un match à élimination directe. Ce n'est pas à vous que je dois l'apprendre: notre victoire la plus marquante ces dernières années, c'est ce 5-2 contre la Belgique à Lucerne, mais on veut maintenant vivre ça en compétition. D'autant que je pense qu'on garde un groupe intéressant. Bien que la règle des 26 ne profite évidemment pas à des nations comme la nôtre, qui bénéficient d'un plus petit réservoir que des pays comme la France, il y a malgré tout une bonne petite génération de joueurs nés en 1996, 1997, 1998 qui arrivent. Derrière, malheureusement, nos U21 ont prouvé en mars lors des derniers championnats d'Europe qu'ils étaient encore un peu courts. Reste que Vladimir Petkovic donne l'impression d'avoir réussi à mixer les générations pour créer une bonne dynamique collective". Une première sélection contre la Belgique avant l'EURO 2016, un premier but, toujours contre les Diables, lors du fiasco de Lucerne (5-2, le 18 novembre 2018). Voici les grandes lignes de la carrière de Nico Elvedi, qui fleurent bon la belgitude. Et ses 108 apparitions communes avec Thorgan Hazard avec la vareuse de 'Gladbach ont longtemps fait perdurer le bromance. Le reste appartient à l'histoire. Celle d'un jeune défenseur suisse de 24 ans devenu le fleuron de la nouvelle génération helvète. Formé comme milieu de terrain, propre à la relance, Elvedi n'a pas tardé à faire oublier Johan Djourou, mais doit maintenant devenir le porte-drapeau d'une équipe en manque de sang neuf. Dur sur l'homme, défenseur propre qui ne se jette pas, il possède la caractéristique notable de n'avoir jamais pris de carton rouge. Doté d'un joli sens du but, Elvedi incarne le futur de la Nati dans cette défense à trois, jeune, mais expérimentée. Lors de cette campagne 2020-2021, Vladimir Petkovic a fait de lui son pion central, car il est, avec Ricardo Rodriguez, le défenseur le plus utilisé par le T1 suisse. Joueur régulier, il ajoute à sa panoplie la possibilité de pouvoir jouer à tous les postes de la défense. Apprécié dans son club où il a prolongé jusque 2024, il ne semble pas pressé de s'envoler vers des cercles plus huppés malgré l'intérêt de différents clubs anglais. À moins que cet EURO... Ne cherchez pas bien loin d'où vient le surnom donné à l'équipe Suisse. "La Nati", n'est que l'abréviation de Nationalmannschaft.En 2004, Johan Vonlanthen est devenu le plus jeune buteur de l'histoire de l'EURO à 18 ans, quatre mois et vingt jours. Un premier but qui en appellera peu d'autres. En 2009, désormais converti à l'église adventiste, il demande au FC Zurich de ne plus jouer le samedi. Un choix fort qui le poussera à rejoindre la Colombie, où de nombreux matches sont programmés le mercredi et le dimanche. Troisième du deuxième classement FIFA publié en août 1993, la Suisse ne s'est pourtant plus qualifiée à l'époque pour une grande compétition depuis le Mondial 1966. Elle doit alors son accession au podium à sa seule victoire contre l'Italie d' Arrigo Sacchi en qualifications pour le Mondial 1994. 28 ans plus tard, l'actuel treizième au ranking FIFA n'a plus jamais atteint un si bon classement. Si quelques inconnues subsistent dans le onze de Vladimir Petkovic, le sélectionneur helvète s'appuie sur une certitude. Celle de faire de Xherdan Shaqiri, 17% de temps de de jeu cette saison avec Liverpool, le grand bonhomme de l'EURO, côté suisse. Derrière Shaqiri, c'est Granit Xhaka, relégué au rôle ingrat d'arrière gauche en deuxième partie de saison avec Arsenal, qui devra être, au côté de Remo Freuler, le métronome d'un onze où, plus que jamais, le choix des hommes qui animeront les couloirs sera prépondérant sur l'orientation donnée au 3-5-2. À droite, Kevin Mbabu part vraisemblablement avec une longueur d'avance sur le plus dribbleur Ruben Vargas. Là ou à gauche, le profil plus offensif d'un Steven Zuber devrait avoir la préférence sur celui d'un Ricardo Rodriguez, aussi capable de se faire une place dans le trois arrière.