Plus de 250 matches et un peu moins de 100 buts inscrits pour le Standard : Michaël Goossens a marqué Sclessin de son empreinte. Dix ans après avoir définitivement quitté le monde du foot professionnel, l'ancien chouchou des supporters rouches, passé également par le Genoa ou Schalke 04, reste toujours autant attaché au club de son coeur.
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Plus de 250 matches et un peu moins de 100 buts inscrits pour le Standard : Michaël Goossens a marqué Sclessin de son empreinte. Dix ans après avoir définitivement quitté le monde du foot professionnel, l'ancien chouchou des supporters rouches, passé également par le Genoa ou Schalke 04, reste toujours autant attaché au club de son coeur. " Je vois tous les matches ", explique-t-il, attablé dans un café proche de la gare des Guillemins. " Ces dernières saisons, j'allais souvent au stade mais depuis peu, un ami a repris un café dans les rues proches de Sclessin, donc je regarde généralement ça à la télé entre potes. On se retrouve 2 h avant le coup d'envoi et on passe un bon moment. " A 42 ans, l'ancien numéro 9 est toujours bien présent dans la mémoire des fidèles : " La première fois que je suis retourné au Standard en tant que spectateur, je crois que sur 100 mètres, j'ai dû m'arrêter 200 fois pour faire des photos avec des gens. C'était touchant. Je suis né à Ougrée et quand j'étais gosse, mon père qui est aujourd'hui décédé, m'emmenait au stade à pied depuis Tilleur. C'est un public d'ouvriers, de travailleurs, ça me plaît, je m'y sens bien. Et puis, c'est l'enfer de Sclessin, il y a une ferveur incomparable. " Joueur, l'ex-Diable Rouge a découvert les ambiances italiennes et allemandes lors de ses différentes saisons à l'étranger mais rien n'a jamais égalé la relation qu'il entretient avec les supporters liégeois : " A Gênes, c'était aussi très chaud mais on n'avait pas cette proximité avec les supporters. A Schalke un peu plus, mais les fans sont moins bouillants, ils ne mettent pas la même pression. C'est quelque chose qui a toujours compté pour moi, le dialogue avec les gens. Aujourd'hui, quand je vais au stade, je vais toujours en T3. J'ai besoin de cette chaleur, de vraiment ressentir le match. Je pourrais facilement avoir des places en tribune d'honneur mais être assis avec les cols-cravates qui critiquent et qui ne connaissent rien au football, ça ne m'intéresse pas. J'ai besoin de sentir cet esprit Standard qui pousse les joueurs à se donner à fond, à mouiller le maillot ". Et s'il y en a bien un qui illustrait cela pour Mika, c'est Jelle Van Damme : " Il avait l'esprit liégeois sans l'être. Ce n'est pas incompatible. Dans l'équipe actuelle, il y a aussi Adrien Trebel qui me plaît bien, il a la hargne. En bon supporter, Goossens aborde la finale de Coupe de Belgique à venir avec optimisme : " Je pense que ça va déjà se jouer en partie à Malines (entretien réalisé avant la dernière journée de championnat, ndlr). Selon moi, on va aller gagner là-bas et mentalement c'est important. Après, je m'attends à un match serré contre Bruges, très tactique, d'autant qu'en face il y a Michel Preud'homme. " Il faut dire que Mika s'y connaît en matière de Coupe de Belgique, lui qui a vécu deux finales de l'intérieur. La dernière en date, en 2000, ne lui a pas laissé un bon souvenir. Revenu au Standard cinq mois plus tôt, il se blesse à l'épaule à la 69e et doit quitter la pelouse où Genk finit par l'emporter 4-1. Sept ans plus tôt, l'histoire est tout autre : " Cette victoire en finale est mon meilleur souvenir avec le Standard même si je n'ai pas joué. Je m'étais blessé trois semaines plus tôt, j'étais en incapacité de jouer mais Arie Haan m'avait quand même mis sur le banc. C'était le point d'orgue d'une grande saison : on a terminé 2e en championnat, on est allé jusqu'en huitième de la Coupe UEFA et j'ai été élu meilleur jeune de la saison. On a mis trois heures pour rentrer à Liège : les cars de supporters nous suivaient et on s'arrêtait tout le temps pour faire la fête. Il faisait super chaud ce jour-là et Guy Hellers avait volé une paire de ciseaux au kiné pour découper les costumes qu'on portait. On était tous sans manches et en bermuda ! " Parti du Standard en 2003 à 30 ans, Goosens n'a plus jamais vraiment retrouvé le chemin des filets jusqu'au terme de sa carrière, trois ans plus tard. Après une pige en Autriche, il rejoint Marc Wilmots, alors coach de Saint-Trond, où il fait la connaissance d'un certain Roland Duchâtelet : " En 9 mois là-bas, je ne l'ai vu qu'une seule fois, quand j'ai signé mon contrat. Ce n'était pas un président pour moi mais juste un homme d'affaires. Je n'allais d'ailleurs pas au stade quand il était à la tête du Standard. " La récente coloration liégeoise de la direction est une bonne chose pour celui qui " signerait les yeux fermés " si on lui proposait un poste au club, même si c'est avant tout sur le terrain qu'il voudrait voir des locaux : " J'aimerais qu'il y ait un meneur liégeois sur le terrain. Il y a de bons jeunes à l'Académie et il faut laisser le temps à Yannick Ferrera qui fait du bon boulot. Dans le registre, Beni Badibanga me semble prometteur et puis il y a surtout Edmilson Junior. J'ai joué avec son père qui est un super mec. Il m'épate : il provoque, il fait le show, il chauffe le public. C'est un des futurs top du foot belge et même plus haut. Il va apporter beaucoup au Standard. " PAR JULES MONNIER - PHOTOS BELGAIMAGE" Etre assis avec les cols-cravates qui critiquent et qui ne connaissent rien au football, ça ne m'intéresse pas. " - MICHAËL GOOSSENS