"Le foot n'est qu'un reflet de la société ", dit le cliché. Dès lors, si la Belgique est paralysée par la neige, pourquoi pas le foot ? Il faut l'accepter sans pleurnicher. Mais deux constatations :
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"Le foot n'est qu'un reflet de la société ", dit le cliché. Dès lors, si la Belgique est paralysée par la neige, pourquoi pas le foot ? Il faut l'accepter sans pleurnicher. Mais deux constatations : 1/ l'obligation pour les clubs d'avoir un terrain chauffé ne résout rien. Les clubs se sont fait pigeonner par les installateurs et il y a du procès dans l'air. Ou alors les clubs n'ont pas compris le système. Comme à Saint-Trond, où le terrain était jouable à l'intérieur des lignes ? Au-delà, c'était la patinoire. Roland Duchâtelet, normalement un type intelligent, s'est énervé sur les arbitres. Ce à quoi Marc Brys, connu pour son humour, proposa au président canari d'enfiler son short et d'aller jouer ! Finalement, seul le Club Bruges a-t-il compris qu'il fallait - aussi - déblayer toute la neige et la glace ? Mais il a oublié d'enlever la neige des tribunes et leurs supporters ont failli faire suspendre le match pour cause de lancers de boules de neige vers les joueurs adverses, une première ! 2/ si l'Union belge décide de remettre un match, il faut s'y prendre plus tôt. On a l'impression qu'elle ne connaît pas le site de l'IRM (Institut Royal Météorologique). La visite de milieu de journée des arbitres ne semble jamais déterminante et ils attendent les événements le nez en l'air. Mais on n'envoie pas des milliers de supporters au stade si, à midi, on n'est pas sûr, à 1.000 % qu'on peut jouer le soir. Ce n'est pas pro, c'est amateur. Cela dit, dans des conditions de jeu parfois difficiles, il ne servait à rien de trop s'attarder sur la qualité du jeu (sauf pour Club-Anderlecht joué sur un terrain convenable). Le week-end passé a aussi servi d'examens de Noël des coaches. Petit rappel : un bon coach est celui qui n'empêche pas le rendement normal de son potentiel/joueurs. Si le coach améliore encore ce rendement, tant mieux. Pour juger de l'aptitude d'un coach, il ya le couperet des points gagnés et les progrès qu'on peut voir au sein d'une équipe. Albert Cartier et Hugo Broos ont changé la face de leur club dès qu'ils ont repris Eupen et Zulte Waregem. Même samedi, sur des semi-patinoires, leur équipe a fonctionné et s'est créé plus d'occasions de buts que l'adversaire. Jacky Mathijssen espère opérer un redressement identique au Germinal Beerschot mais c'est loin d'être gagné. Au rayon des coaches sous pression - et c'est un euphémisme -, il y a aussi Eric Van Meir et Czaba Laszlö. Au Club Bruges, le pauvre Hollandais Adrie Koster semble en bout de course. Face à un Anderlecht expérimental avec six titulaires normaux, son équipe a été balayée en deuxième mi-temps. Ariel Jacobs a réussi à composer un onze solide et surtout lucide et préoccupé de garder le ballon, de soigner ses passes et de construire le jeu... ce qui évite de devoir aller en permanence au duel. La fin de l'année civile a produit un revival de la confiance chez les Mauves. Leur qualification in extremis pour la Ligue Europa devrait constituer l'occasion de travailler spécifiquement pour être capable de mieux garder le ballon en soignant technique et passes. Dimanche soir, on avait vraiment envie d'encourager la direction brugeoise à se rendre en procession, à pied dans la neige, au domicile de Trond Sollied pour l'implorer de bien vouloir revenir... Depuis le départ du Norvégien, les Blauw en Zwart sont progressivement devenus inconsistants. Sous Koster, malgré un noyau de qualité, ils n'ont pas appris le jeu léché qu'il aimerait voir pratiquer et ils restent en rade. Au Standard, est-ce kif-kif bourricot ? Il compterait une pléiade de joueurs de qualité mais le ballon est toujours trop vite envoyé vers l'avant et chacun fait sa popote... Classique quand Steven Defour n'est pas là, mais que c'est triste pour un club pareil de jouer à l'arraché et de ne pas se créer plus d'occasions franches ! Sclessin communique toujours " site en construction " et implore de la patience, mais il faudra trancher. Ou bien le potentiel du Standard est fort surévalué, ou bien Dominique D'Onofrio et Sergio Conceiçao n'ont pas assez fait progresser leur équipe. Décrier l'arbitre ou constater que l'infirmerie est bourrée à craquer ne peuvent servir de prétextes pour repousser la question de confiance. PAR JOHN BAETESclessin communique toujours " site en construction ", mais il faudra trancher.