Communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés publié à Genève le 17 décembre 2007 : 207 personnes sont mortes noyées ou portées disparues la semaine dernière, alors qu'elles naviguaient en mer Méditerranée, dans le golfe d'Aden, dans les Caraïbes ou au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest. " Beaucoup sont des migrants cherchant une vie meilleure, mais certains sont aussi des réfugiés fuyant la persécution et les violences ", déclare Jennifer Pagonis, porte-parole du HCR.
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Communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés publié à Genève le 17 décembre 2007 : 207 personnes sont mortes noyées ou portées disparues la semaine dernière, alors qu'elles naviguaient en mer Méditerranée, dans le golfe d'Aden, dans les Caraïbes ou au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest. " Beaucoup sont des migrants cherchant une vie meilleure, mais certains sont aussi des réfugiés fuyant la persécution et les violences ", déclare Jennifer Pagonis, porte-parole du HCR. Mohamed Sarr connaît le problème de ces boat-people. Un grand nombre de ses amis ont quitté les quartiers de leur enfance à Dakar dans l'espoir de construire une vie meilleure. C'est souvent le début d'aventures terrifiantes, d'espoirs volés par des passeurs sans vergogne. Ces désespérés n'hésitent pas à affronter les colères de l'océan Atlantique dans des rafiots sans nom. " La saison passée, je suis arrivé en retard à la reprise des entraînements au Standard car une pirogue chargée de réfugiés s'était retournée en pleine mer ", raconte Sarr. " Ils rêvaient de débarquer sur les côtes des Iles Canaries. J'en connais beaucoup qui y sont arrivés. D'autres ont eu moins de chance Au lieu de réaliser leur rêve, plusieurs de mes amis sont morts noyés en 2006... C'est épouvantable et je suis resté au Sénégal pour leur rendre hommage. On ne m'a pas cru et mon club m'a même infligé une amende. Ce n'est pas très grave. Dans ces moments-là, l'argent ne compte pas. Moi, j'ai eu le football comme bouée de secours dans la vie, eux pas. Je suis un peu plus chanceux. Plutôt que de leur dédier ma réussite, j'espère qu'ils sont heureux là où ils sont... "Mohamed Sarr : Oui et je l'admire énormément. Il s'agit de Jules Bocandé qui est un papa pour moi, un homme de bons conseils. J'ai entendu parler de son parcours en France (Metz, PSG, Nice, Lens) mais c'est en arrivant en Belgique que j'ai pris connaissance de son passé belge. J'ignorais qu'il était arrivé en Europe via un petit club, l'US Tournai, avant de casser la baraque avec le FC Seraing. Les journalistes qui l'ont connu ici au début des années 80 m'en parlent avec respect. Je le lui dirai et cela lui fera plaisir. Il a un fils, Daniel, qui joue en Angleterre et que je connais bien car nous avons été retenus tous les deux plusieurs fois avec les Espoirs sénégalais. Jules est une référence et un monument chez nous. Son vécu constitue un acquis énorme pour tout le monde. Je le consulte régulièrement. Il fait partie du staff technique de l'équipe nationale du Sénégal. Avec lui, on sera plus fort tout au long de la prochaine Coupe d'Afrique des Nations dont la phase finale se déroulera en janvier et février prochains au Ghana. Je l'ignorais. Cette épreuve a probablement renforcé sa motivation et son désir de réussir sa carrière de footballeur. Rien n'est facile et même si j'ai parfois eu de la chance, j'ai aussi dû affronter des problèmes. La veine était au rendez-vous quand un agent de joueurs me remarqua dans un tournoi de quartiers à Dakar. Je n'avais jamais joué dans un club mais il m'a tout de suite emmené en Italie, à Trévise. C'est là que j'ai découvert le racisme. Quand les jeunes joueurs africains rentraient chez eux après avoir assisté à un match de l'équipe Première, ils étaient couverts d'insultes et de crachats par les supporters de Trévise. Ces ignorants n'imaginaient pas que nous faisions partie du même club qu'eux. Moi, j'ai très vite décidé de ne jamais jouer dans l'équipe Première d'un tel club. C'était risqué car je me privais d'une chance de réussite. J'étais blessé quand mon coach insista pour que j'affronte l'AC Milan avec les jeunes de la Primavera : - Fais un effort, on ne rencontre pas tous les jours un tel club. Je n'étais pas prêt à 100 % mais j'ai joué et tapé dans l'£il des Milanais. Ce fut le coup de foudre entre le coach de l'époque, Fatih Terim, et moi. J'étais, moi le gars des rues de Dakar, dans un des plus grands clubs du monde où j'ai écouté, regardé et progressé même si mon temps de jeu était très limité. Après, je suis parti en Turquie où j'ai rejoint Terim à Galatasaray avant de revenir en Italie et, enfin, de découvrir en Belgique en juillet 2005. La Coupe de Belgique ? Ce fut d'abord une saison spéciale. Johan Boskamp ne me connaissait pas mais il m'a immédiatement fait confiance dans le rôle d'arrière central. C'était important pour moi. L'équipe a tardé à se mettre en place. Les résultats n'ont pas suivi et le coach a payé la note, c'est ainsi. Mais, dans la tourmente, il y avait du nouveau. J'avais déjà vu Marouane Fellaini et Axel Witsel à l'£uvre en Réserves. En jouant avec eux, j'avais mesuré leurs potentialités. Pour moi, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute : c'était du très bon grain. Fellaini est arrivé le premier, Witsel a vite suivi. Steven Defour est arrivé de Genk avec ses 18 ans dans ses bagages. Michel Preud'homme a parfaitement géré cette implantation. C'était une saison de transition avec des anciens qui ont tendu le témoin aux jeunes. Oui, il y a eu ce couac en finale de la Coupe de Belgique. Le Standard a manqué d'humilité. En fin de championnat, on a pris la mesure de l'autre finaliste, le Club Bruges, à Sclessin. Et la fête a commencé : la finale ne constituait plus, a-t-on cru dans notre vestiaire, qu'une simple formalité. Nous avions vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Il y a une grande différence entre un match de championnat et une finale de Coupe. Le Club Bruges s'est mieux concentré sur l'événement : la conclusion fut navrante pour nous mais la leçon a été retenue, croyez-moi. Pour eux, c'est un miracle d'être aussi bien placé. Cela ne s'explique pas par la qualité de leur jeu. Pas du tout, le Club Bruges a de la chance et ne joue pas au football. Quand cette équipe est venue chez nous en début de saison, elle a fait dans son pantalon. Jacky Mathijssen a joué avec un attaquant décentré. Karel Geraerts, qui est un médian, était le seul à oser s'avancer. Quant au grand François Sterchele, il s'est vite isolé à droite car il craignait de se heurter à Oguchi Onyewu ou à moi. Malgré tout, cette tactique couarde a failli être payante. Bruges a égalisé mais n'a pas pu résister à notre rush final. Non, Bruges est là par hasard, en ayant tiré profit d'erreurs d'arbitrage et de veine lors de ses fins de matches. Ces évidences ne rassurent. Mathijssen peut raconter ce qu'il veut dans les journaux pour tenter de nous déstabiliser. Je ne lis pas ses racontars. Il ne parviendra à rien. Le Standard a eu des soucis à la finition et la raison se trouve chez nous, pas dans le blabla de Mathijssen. Qu'il s'occupe donc de ses problèmes, pas des nôtres. D'ailleurs, on en a moins que lui. Il suffit d'examiner le fonds de jeu de son équipe. C'est d'une qualité navrante par rapport à ce que nous proposons chez nous et en déplacement. Moi, le brevet d'invincibilité ne m'a jamais intéressé. Je n'aime pas ce genre de consolation. Je veux être en tête de la D1, le reste, je m'en fous. Il n'a rien atteint du tout. Pression ? Si Mathijssen pense cela, il se fourre le doigt dans l'£il. Mais c'est son affaire, pas la nôtre. Lui aussi parle trop dans les journaux. J'attends déjà ce match. Sterchele ne passera pas comme il fut réduit au silence à Sclessin. Je me chargerai personnellement de lui. La saison passée, on est revenu à 4-4 et si le match avait duré deux minutes de plus, on gagnait. C'est ça que Sterchele doit retenir. Il y a un problème en Belgique : on devient vite une vedette. Deux matches potables et la presse vous offre l'équipe nationale. Cela ne va pas comme cela, ce serait trop facile. Sterchele est un bon joueur de D1, pas une star. Cet attaquant est à peine plus productif en pointe que Fellaini qui est médian défensif : cherchez l'erreur. A sa place, je me tairais et j'essayerais de marquer plus régulièrement. Il ne suffit pas de réussir un but contre Anderlecht et de fanfaronner. C'est tellement prétentieux. Il aurait dû dire en fait que le Cercle joue mieux que le Club. Cela, c'est la vérité. Mais si une équipe mérite de nous précéder au classement général, c'est le Cercle, personne d'autre et certainement pas le Club qui joue à quelque chose mais pas au football. Bravo au Cercle qu'on avait quand même balayé chez nous. Si je devais désigner le meilleur joueur de D1, mon choix serait vite fait : Steven Defour. Il est exemplaire sur le terrain et dans la vie. Personne n'est aussi complet, humble et travailleur que lui. Je l'admire. J'aime bien aussi Fellaini, Jovanovic, Hassan, etc. Aucun ? Ben non... Si vous voulez dire que je suis le patron de la défense, c'est faux. Tout le monde a son job. Dans l'axe, je me sens à l'aise avec Oguchi. Il y a complémentarité entre nous. Certains ont tenté de lui mettre un attaquant rapide dans les pattes et une tour dans les miennes. Cela n'a pas marché. J'aime bien Oguchi comme homme aussi : il reste le même quoi qu'il se passe. Cette défense a très bien joué sans moi aussi. Elle est bien protégée par Fellaini qui nous facilite la tâche. Non, la roue va tourner. On attaque et on défend en bloc. Je suis plus énervé par les arbitres qui punissent plus les équipes qui font le spectacle que les démolisseurs. Son esprit de corps, son ambiance, son jeu et sa jeunesse qui a tourné une page importante de l'histoire du club. L'ère Conceiçao est terminée. Avant, vu sa personnalité, son talent et son vécu, tout passait par lui. C'était normal et il en aurait aussi été ainsi si Sergio s'était retrouvé à Anderlecht. Le Standard a diversifié et complété son jeu. Cette équipe a les moyens d'obtenir le titre. L'Allemagne et l'Angleterre. Mais, pour le moment, je suis bien ici. par pierre bilic - photos : reporters/ cuypers