Le football belge a levé son verre de vin chaud à la santé de Wasyl et pour contrer les assauts de l'hiver et oublier que la Coupe du Monde 2018 a été confiée à la Russie. Le Kehrweg d'Eupen ne s'est pas transformé en banquise pour des Buffalos, vainqueurs 0-3, réguliers et impressionnants, présents au top de la D1, concernés par la Coupe de Belgique (quarts de finaliste contre le White Star, aller au Stade Fallon le 22 décembre, retour au c£ur de la Flandre le 26 janvier 2011) et par un attendu Lille-Gand. En cas de nul chez les Ch'tis, la bande à Francky Dury sera assurée de prolonger son aventure en Europa League. Ce club est à prendre au sérieux à plus d'un titre.

L'aventure gantoise permet de retrouver les réalités du football belge, secoué par la nouvelle version de Bons baisers de Russie. Mauvais perdants, des cohortes de James Bond de pacotille chargent inutilement les vainqueurs de cette élection de tous les maux de la terre. Le dossier belgo-hollandais était excellent, le plus éthique, mais, en réalité, il ne servira à rien si notre petit pays, qui a tant besoin de nouvelles arènes, s'arrête tout net. Pas de Mondial 2018, pas de stades modernes ? Dira-t-on que c'est à cause de Vladimir Poutine ? Georges Leekens a tout compris en déclarant : " La Belgique doit prendre sa revanche en se qualifiant pour cet événement. "

Il y a longtemps que le football est devenu trop grand pour le costume que peut tailler l'un ou l'autre pays européen. Le Vieux Continent a organisé 10 des 19 phases finales de la Coupe du Monde : Italie 1934 et 1990, France 1938 et 1998, Suisse 1954, Suède 1958, Angleterre 1966, Allemagne 1974 et 2006, Espagne 1982. L'Europe occidentale n'a donc pas à se plaindre d'injustice à son égard mais n'a pas compris que le Mondial est passé à autre chose dès 1994.

Cette année-là, le football s'était lancé à l'assaut du marché américain. Plus tard, ce fut le tour du Japon et de la Corée du Sud (2002), de l'Afrique du Sud (2010) et il était logique dans ce contexte d'expansion, où se mélangent le sport, la politique et le business, que la Russie soit choisie un jour. Moscou a d'ailleurs adroitement souligné qu'aucun pays d'Europe de l'Est n'avait jamais organisé un tel événement. Pour être à la hauteur en 2018, ce pays investira quatre milliards d'euros dans la construction de stades, routes, moyens de transports, etc. Quatre ans plus tard, en 2022, le Qatar puisera 100 milliards de dollars dans sa cassette pour bâtir des enceintes qui seront ensuite démontées et offertes à des pays pauvres d'Afrique.

L'Europe s'est présentée en rangs dispersés par rapport aux plans de la Russie et du Qatar. Le choix en faveur de la Russie n'est pas une défaite de la Belgique, des Pays-Bas, de l'Espagne, du Portugal et de l'Angleterre qui à cinq ont récolté 13 voix pour 9 à la Russie au premier tour de scrutin. Il marque la division européenne qui a profité au géant russe. N'était-ce pas le moment de s'unir autour d'un seul pays de l'Union européenne ? Et ne faudrait-il pas penser à un autre type de candidature ? Ne serait-il pas intéressant d'organiser un Mondial sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne ? Idée un peu folle ? Pourquoi ?

Un match inaugural à Londres, la finale à Paris, une demi-finale à Munich, une autre à Madrid, des groupes à Bruxelles et à Amsterdam, dans le nord, le sud et l'est de l'Europe, etc. Pourquoi ne serait-ce pas possible ? Les investissements seraient forcément moins importants pour chaque pays qui, pris isolément, ne représente plus grand-chose à l'échelle de l'économie globalisée. Une telle initiative aurait de l'allure, du prestige et, de plus, renforcerait l'identité européenne. Ce serait magnifique. La FIFA serait-elle d'accord ? Non. Ses règlements ne le permettent pas. Mais ce serait alors à elle de comprendre que le monde change : elle ne cesse de le répéter...

PAR PIERRE BILIC

Pas de Mondial 2018, pas de stades modernes ? Dira-t-on que c'est à cause de Poutine ?

Le football belge a levé son verre de vin chaud à la santé de Wasyl et pour contrer les assauts de l'hiver et oublier que la Coupe du Monde 2018 a été confiée à la Russie. Le Kehrweg d'Eupen ne s'est pas transformé en banquise pour des Buffalos, vainqueurs 0-3, réguliers et impressionnants, présents au top de la D1, concernés par la Coupe de Belgique (quarts de finaliste contre le White Star, aller au Stade Fallon le 22 décembre, retour au c£ur de la Flandre le 26 janvier 2011) et par un attendu Lille-Gand. En cas de nul chez les Ch'tis, la bande à Francky Dury sera assurée de prolonger son aventure en Europa League. Ce club est à prendre au sérieux à plus d'un titre. L'aventure gantoise permet de retrouver les réalités du football belge, secoué par la nouvelle version de Bons baisers de Russie. Mauvais perdants, des cohortes de James Bond de pacotille chargent inutilement les vainqueurs de cette élection de tous les maux de la terre. Le dossier belgo-hollandais était excellent, le plus éthique, mais, en réalité, il ne servira à rien si notre petit pays, qui a tant besoin de nouvelles arènes, s'arrête tout net. Pas de Mondial 2018, pas de stades modernes ? Dira-t-on que c'est à cause de Vladimir Poutine ? Georges Leekens a tout compris en déclarant : " La Belgique doit prendre sa revanche en se qualifiant pour cet événement. " Il y a longtemps que le football est devenu trop grand pour le costume que peut tailler l'un ou l'autre pays européen. Le Vieux Continent a organisé 10 des 19 phases finales de la Coupe du Monde : Italie 1934 et 1990, France 1938 et 1998, Suisse 1954, Suède 1958, Angleterre 1966, Allemagne 1974 et 2006, Espagne 1982. L'Europe occidentale n'a donc pas à se plaindre d'injustice à son égard mais n'a pas compris que le Mondial est passé à autre chose dès 1994. Cette année-là, le football s'était lancé à l'assaut du marché américain. Plus tard, ce fut le tour du Japon et de la Corée du Sud (2002), de l'Afrique du Sud (2010) et il était logique dans ce contexte d'expansion, où se mélangent le sport, la politique et le business, que la Russie soit choisie un jour. Moscou a d'ailleurs adroitement souligné qu'aucun pays d'Europe de l'Est n'avait jamais organisé un tel événement. Pour être à la hauteur en 2018, ce pays investira quatre milliards d'euros dans la construction de stades, routes, moyens de transports, etc. Quatre ans plus tard, en 2022, le Qatar puisera 100 milliards de dollars dans sa cassette pour bâtir des enceintes qui seront ensuite démontées et offertes à des pays pauvres d'Afrique. L'Europe s'est présentée en rangs dispersés par rapport aux plans de la Russie et du Qatar. Le choix en faveur de la Russie n'est pas une défaite de la Belgique, des Pays-Bas, de l'Espagne, du Portugal et de l'Angleterre qui à cinq ont récolté 13 voix pour 9 à la Russie au premier tour de scrutin. Il marque la division européenne qui a profité au géant russe. N'était-ce pas le moment de s'unir autour d'un seul pays de l'Union européenne ? Et ne faudrait-il pas penser à un autre type de candidature ? Ne serait-il pas intéressant d'organiser un Mondial sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne ? Idée un peu folle ? Pourquoi ? Un match inaugural à Londres, la finale à Paris, une demi-finale à Munich, une autre à Madrid, des groupes à Bruxelles et à Amsterdam, dans le nord, le sud et l'est de l'Europe, etc. Pourquoi ne serait-ce pas possible ? Les investissements seraient forcément moins importants pour chaque pays qui, pris isolément, ne représente plus grand-chose à l'échelle de l'économie globalisée. Une telle initiative aurait de l'allure, du prestige et, de plus, renforcerait l'identité européenne. Ce serait magnifique. La FIFA serait-elle d'accord ? Non. Ses règlements ne le permettent pas. Mais ce serait alors à elle de comprendre que le monde change : elle ne cesse de le répéter... PAR PIERRE BILICPas de Mondial 2018, pas de stades modernes ? Dira-t-on que c'est à cause de Poutine ?