Destination prisée des décathloniens ou des adeptes du nautisme, Bordeaux est aussi une ville de rugby mais surtout de football. Car si les Girondins ont connu une saison tristounette et sans éclat (11e au classement final de L1), il fut un temps pas si éloigné où les Marine et Blanc dominaient le foot français. Au milieu des années 80, le charismatique et mégalo président Claude Bez rivalisait alors avec le golden boy, Bernard Tapie, alors à la tête de Marseille, sur le terrain de l'extr...

Destination prisée des décathloniens ou des adeptes du nautisme, Bordeaux est aussi une ville de rugby mais surtout de football. Car si les Girondins ont connu une saison tristounette et sans éclat (11e au classement final de L1), il fut un temps pas si éloigné où les Marine et Blanc dominaient le foot français. Au milieu des années 80, le charismatique et mégalo président Claude Bez rivalisait alors avec le golden boy, Bernard Tapie, alors à la tête de Marseille, sur le terrain de l'extravagance au volant d'une Cadillac rutilante, ou en dérapages verbaux et autres coups de sang. Les Girondins étaient devenus la place forte du foot français, enchaînant trois titres de champion (1984, 1985, 1987). Bordeaux allait même se belgiciser avec la venue de Raymond Goethals, accompagné de son fidèle Martin Lippens, avant de voir arriver la classe d' Enzo Scifo (qui allait éclater en Bourgogne du côté d'Auxerre) et la lourde frappe de Patrick Vervoort. Les Girondins allaient encore connaître la gloire par intermittence, notamment à travers l'homérique parcours en Coupe de l'UEFA lors de la saison 1995-1996. Après avoir sorti le grand Milan AC, après une remontée restée légendaire (2-0 ; 3-0) qui allait révéler aux yeux du grand public les jeunes Bixente Lizarazu, Christophe Dugarry et évidemment Zinédine Zidane, Bordeaux échouait en finale face au Bayern Munich. Depuis, les Girondins allaient encore connaître deux titres : en 1999 et 2006. Les dernières années sont plus difficiles et le déménagement cette saison du mythique Parc Lescure vers le stade Matmut Atlantique pour les besoins de l'Euro n'a pas fait que des heureux parmi les plus fidèles. Une enceinte de 42.115 places ultra-moderne imaginée par les renommés architectes suisses, Herzog et deMeuron, mais qui ne fait pas salle comble depuis le début de saison. L'affluence moyenne de 25.000 spectateurs, bien aidée par les venues de Marseille et du PSG, n'est pas à la hauteur des espérances et s'explique notamment par le manque d'ambition sportive du club bordelais. Nos Diables, eux, seront bercés durant tout le mois de juin par la quiétude du domaine du Hailan, QG historique des Girondins. Les fans belges, que les autorités locales attendent en très grand nombre, pourront se poser sur l'Esplanade des Quinconces où est dressée la Fan Zone. Les 51 matches de l'Euro y seront retransmis sur un grand écran de 116 m2 avec une possibilité d'accueil de 60.000 personnes. Là où devrait flotter un grand nombre de drapeaux noir-jaune-rouge.