Le Sparta Prague, vainqueur du tournoi de Maspalomas aux Canaries face à Anderlecht (2-1) à la mi-janvier, ne figure pas au gotha des formations européennes. Pourtant, le 24 février, l'équipe tchèque va accueillir l'AC Milan, le tenant du titre, en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Dans cette formation tchèque, on retrouve un joueur que les amateurs belges de football connaissent bien : Lucas Zelenka (24 ans) qui, formé à Anderlecht, a brillé sous le maillot de Westerlo, avec lequel il a remporté la Coupe en 2001, avant de rentrer au pays.
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Le Sparta Prague, vainqueur du tournoi de Maspalomas aux Canaries face à Anderlecht (2-1) à la mi-janvier, ne figure pas au gotha des formations européennes. Pourtant, le 24 février, l'équipe tchèque va accueillir l'AC Milan, le tenant du titre, en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Dans cette formation tchèque, on retrouve un joueur que les amateurs belges de football connaissent bien : Lucas Zelenka (24 ans) qui, formé à Anderlecht, a brillé sous le maillot de Westerlo, avec lequel il a remporté la Coupe en 2001, avant de rentrer au pays. Lucas Zelenka : " Je serais bien resté en Belgique mais quand nous avons discuté du renouvellement de mon contrat avec Anderlecht, je me suis rendu compte que cela ne pouvait pas marcher. Comme il y avait Alin Stoica, le club préférait que je prolonge d'un an mon séjour à Westerlo alors que je désirais progresser. Des clubs comme l'Olympiakos m'avaient contacté mais j'aurais préféré rester à Anderlecht. Je reviendrai peut-être un jour en Belgique comme joueur mais pas tout de suite. J'ai gardé un superbe souvenir de ce pays où j'ai vécu quatre ans dont deux en Campine. J'étais content à Westerlo où tout le monde m'aimait bien. J'y pense d'ailleurs toujours. J'y suis déjà retourné deux fois et j'ai encore des contacts avec plusieurs personnes parmi lesquelles le grand patron Herman Wijnants qui m'a dit que je pouvais y retourner quand je voulais ". Lucas Zelenka : Lors du tirage au sort de la Ligue des Champions, personne ne croyait en nous, même pas en Tchéquie. On nous demandait toujours ce que l'on allait faire dans cette compétition. On ne nous donnait aucune chance contre Besiktas, la Lazio et surtout Chelsea. La situation ne s'est pas améliorée après la première défaite à domicile contre l'équipe de Roman Abramovich (0-1) et le nul (2-2) à la Lazio. Et quand on a battu Besiktas (2-1), on a surtout entendu dire que nous devions ce succès au fait que les Turcs nous avaient pris de haut, préjugé renforcé lors de notre défaite deux semaines plus tard à Istanbul (1-0). Mais heureusement, les critiques se sont tues après notre partage blanc à Chelsea et notre courte victoire face à la Lazio (1-0). Cette fois-là, on n'a pas trop insisté sur le fait que le but de Marek Kind est tombé tout en fin de match, à la troisième minute du temps additionnel. En fait, notre équipe forme un véritable bloc qui table sur le contre. A Chelsea, nous avons évolué de manière défensive afin de décrocher un point. Nous sommes capables de garder le ballon très longtemps. C'est un atout important car les grands clubs n'aiment pas courir derrière le ballon. En Ligue des Champions, j'évolue aussi de manière plus défensive car nous affrontons des joueurs plus doués que nous. Nous sommes par conséquent obligés de nous montrer plus forts au niveau tactique et physique. D'ailleurs, l'entraîneur consacre une grande partie de sa préparation aux exercices tactiques. Le fait de posséder dans l'équipe un joueur comme Karel Poborski est un gros atout. Il est manifestement libéré de tous les problèmes qu'il a connus à Manchester, Benfica et à la Lazio. Le fait d'être revenu au pays, lui a fait le plus grand bien. Il a retrouvé le coup de patte qui en avait fait une des stars de l'EURO 96. Pour les Tchèques, il est le plus grand. D'ailleurs quand j'ai inscrit le but d'ouverture contre Besiktas, les gens ont simplement dit que j'avais réussi un lob à la Poborsky. Le public l'adule, surtout depuis que l'on a prétendu qu'il avait préféré la famille à l'argent. Je ne sais pas ce qu'il gagne mais on a régulièrement avancé qu'il aurait pu empocher 1,7 million d'euros en Italie ou en Angleterre. Il a pourtant opté pour le Sparta où son salaire serait deux ou trois fois inférieur. La première saison n'a pas été très facile. Le noyau était trop large et les nouveaux venus étaient très nombreux. Je ne jouais pas régulièrement. Et comme nous perdions des rencontres de manière inexplicable, je me retrouvais sur le banc la semaine suivante. L'ambiance n'était pas au beau fixe, même si nous étions deuxièmes derrière Liberec. Pour les supporters, nous devons absolument être champions. Tout autre résultat est un échec. Et les coups de sifflets tombent rapidement. Ce n'était pas facile à vivre, surtout que je ne jouais pas toujours. J'avais beau prétendre que j'étais ravi d'être revenu chez moi, près des miens, et d'avoir fait construire ma maison sur le terrain que j'avais acheté quelques années plus tôt, dans le fond de moi-même je n'étais pas très heureux. Pendant cette période, ma femme m'a plusieurs fois demandé s'il ne valait pas mieux que nous retournions à Westerlo. Je me suis posé la question moi aussi. Je me disais que c'était un village paisible, même si j'habite dans une zone très calme pas très loin de Prague qui compte près d'un million et demi de citoyens. Mais je me rappelais surtout que les supporters allaient au football pour s'amuser et encourager leur équipe. En Tchéquie, la mentalité est différente : les supporters ne pensent qu'à critiquer. Surtout au Sparta Prague où, dès que l'on ne joue pas bien et que l'on rate une passe, on se fait siffler. Au total, j'ai quand même disputé pas mal de rencontres car nous étions engagés sur d'autres fronts : la Coupe de Tchéquie et la Coupe de l'UEFA sans oublier l'équipe nationale des moins de 21 ans avec laquelle j'ai été sacré champion d'Europe des û21 ans. La deuxième saison a été plus facile : le nouvel entraîneur Jozef Jarabinsky, conscient que le club avait dépensé entre 750 et 875.000 euros pour s'offrir mes services et que je tenais vraiment à progresser, m'a fait confiance. Il m'a aligné régulièrement et j'ai gagné mon poste de titulaire. Cette année, après 16 des 30 journées, nous sommes deuxièmes en championnat à sept points de Banik Ostrava. Le démarrage a été un peu lent car il a fallu intégrer 13 nouveaux éléments. D'un point de vue purement personnel, je peux être satisfait de mes performances, même si je me suis cassé la clavicule en début de saison et que j'ai dû déclarer forfait pour huit matches de championnat et le tour préliminaire de Ligue des Champions contre le Vardar Skopje. Mais bon, là tous les pronostics nous donnaient grandissimes favoris et c'était logique. Depuis, j'ai retrouvé ma place au milieu du jeu. Si j'en crois ce que j'ai lu dans les journaux, le Sparta aurait déboursé 800.000 euros pour s'offrir ses services. Il a 22 ans et c'est sans contexte un attaquant promis à une grande carrière. Si Teplice est arrivé au troisième tour de la Coupe de l'UEFA, c'est en grande partie grâce à lui. Il a marqué des buts importants en déplacement à Kaizerslautern et à Feyenoord. Teplice aurait bien eu besoin de lui pour affronter le Celtic mais comme il était en fin de contrat, ses dirigeants ont préféré s'en séparer. Depuis mon départ, j'ai souvent pensé qu'Anderlecht avait été une bonne école. On y apprend à devenir responsable. A Westerlo, lorsqu'on gagnait un match, on pouvait se relâcher. Au Sporting, il faut directement penser au prochain rendez-vous, comme c'est le cas au Sparta. Je n'étais pas sur la même longueur d'onde que Franky Vercauteren mais il y a une chose, avec le recul, sur laquelle je suis d'accord avec lui : il faut se montrer agressif sur un terrain car la Ligue des Champions c'est une bataille. Parce que nous accusons le coup psychologiquement après un match européen. Le fait que nos adversaires en championnat adoptent la même attitude défensive que nous face à nos concurrents sur la scène européenne n'explique pas tout. Nous sommes capables de tenir un rythme plus rapide. Nous nous montrons sans doute trop sûrs de nous et nous pensons inconsciemment que ce sera facile. C'est dans la tête que ça se passe car c'est quand même perturbant de jouer le mercredi dans un stade superbe devant 30 ou 40.000 spectateurs et de se retrouver le week-end à Jablonec devant 3.500 personnes à tout casser. Oui, mais c'est surtout par téléphone car le hasard veut que quand il vient en Tchéquie, je me trouve à l'étranger. En revanche, nos femmes s'entendent et se voient beaucoup plus souvent. Nicolas Ribaudo" Depuis mon départ, j'ai souvent pensé qu'ANDERLECHT AVAIT éTé UNE BONNE éCOLE "